Deux députées de bords opposés posent l'enjeu politique et social des pertes menstruelles, et Libération et des artistes montrent que les règles sont un combat. Une patineuse encore raconte sa jeunesse volée dans l'Equipe et la NR. Dans le Figaro, le doux Eric Neuhoff aime l'histoire d'amour de deux vieilles dames.

La messagerie telegram pour communiquer de façon cryptée
La messagerie telegram pour communiquer de façon cryptée © Getty / SOPA Images

On parle d'un espion ce matin...

Un espion dans la guerre que nous faisons au terrorisme et dont Mediapart dévoile une épopée inconnue. Voilà l'histoire d'Abominor, c'était son nom de code, un français infiltré par la DGSI au coeur des réseaux de l'Etat islamique, et qui gagna leur confiance au point de faire passer au coeur du califat des téléphones piégés et de faire échouer au moins deux attentats...

L'histoire est racontée par Mathieu Suc, un journaliste qui suit depuis des années cette guerre de l'ombre, et qui la raconte au fil de Mediapart et dans un livre, « Les espions de la terreur », qui ressort augmenté aujourd'hui, en poche.

Elle commence dans un poste de police où deux frères sont venus dire qu'ils sont inquiets de la disparition d'un proche,  dont ils soupçonnent  qu’il est parti au djihad. Un représentant de la DGSI assiste à leur déposition. Nos services n'arrivent plus à comprendre les mutations du djihad, les familles des terroristes peuvent devenir des sources. Les d eux frères sont invités à nouvel entretien, et le plus jeune tape dans l'oeil des agents: un ancien trafiquant de drogue, qui a été tenté par l'intégrisme et y a renoncé, trop de contraintes, qui parle sans timidité. « Pourrait-on te revoir? -Je ne suis pas une balance », dit-il mais il revient, il demande un smartphone dernier cri, pour se brancher sur la djihadisphère d'internet... Le voilà un indic au coeur de l'ennemi.  

Abominor va se montrer d'une efficacité rare, devenant un personnage pour les exilés du djihad, "c'est un frère qui nous rend service", un djihadiste l'appelle en plein combat pour lui demander de faire passer un message à sa famille... Ses informations que la DGSI collecte dans des arrière-salles de café avec sortie de secours  remontent au sommet de l'état... Il parviendra à déjouer au moins deux attentats, l'un contre une synagogue et un autre qui aurait été un massacre de masse, il s'en veut de ne pas avoir pu empêcher le bataclan alors qu'il avait discuté avec l'un des terroristes...Vous lirez aussi comment son activité sur le web alerta la CIA, comment du coup les français espionnèrent leur indic de peur qu'il ne soit devenu un agent double, et comment nos agents aussi vinrent rassurer son épouse pour déminer des querelles de couples qui allaient le faire repérer...

C'est donc dans Mediapart un moment de vie dans une guerre opaque. Abominor a été débranché des servies pour sa sécurité, il a reçu 30.000 euros pour solde de tout compte et vit et travaille, anonyme, dans cette France qu'il a protégé.

Il est l’exact contraire de Sabri Essid, ce djihadiste français qui restera comme le premier de nos compatriotes mis en cause pour « génocide » et « crime contre l’humanité » à l’encontre des Yezidis, et dont le Parisien raconte l’aventure sanglante.

Libération parle d'un rapport parlementaire...

Que cosignent deux députées de bord opposés, Laetitia Romeiro Dias de LREM, et Bénédicte Taurine de la France insoumise, un rapport de 100 pages sur les règles;  oui, les règles des femmes, les pertes menstruelles, qui sont un sujet politique et social. La précarité menstruelle touche les femmes pauvres, car le choc toxique menace des femmes plus sensibles à un staphylocoque doré qui les frappe et peut les ruer si elles gardent trop longtemps leurs protections (l'Obs sur son site a raconté cette hécatombe masquée... Les règles qui faisaient peur et maintenant font sourire sont aussi un enjeu culturel et un combat féministe dont des artistes se sont emparés?  Voyez dans Libé des petits soldats vêtus de rouges disposés entre des jambes nues de femmes, l'oeuvre s'appelle « le débarquement des anglais » ou ce Donald Trump bouffi peint avec le sang menstruel d'une artiste.

Je prends le pari, Claire Bretécher en aurait souri, morte mais sublime à la une de Libération et dont le monde et l'huma disent aussi la grandeur, qui dessina d'abord pour ne pas s'emmerder et dont les héroïnes, Cellulite la princesse à marier, les mères, l'adolescente Agrippine furent des conquérantes dans la BD qui avant elle était le club des hommes.

Je lis Bretécher, je vois des femmes. Dans Var-Matin et Midi Libre il y a soeur André qui hier à Toulon a fêté ses 116 ans, elle est la doyenne de l'Europe et est née à Alès où gamine elle eut une vie difficile, ses grand frères étaient à la guerre,

Dieu est son pilier dit d'elle le cardinal Rey, elle est aveugle et garde en elle les trésors d'une vie où elle s'occupa souvent d'enfants, hier elle a raconté à un monsieur  Didier Borione, qui a 90 ans  mais qui reste son petit, qu'un jour elle lui fit donner à un pauvre la sucette qu'elle lui avait offert.

Bretécher dessina aussi Sainte Thérèse d’Avila.

Dans la Nouvelle République et l'Equipe, Nancy Sohie se raconte, qui était une toute jeune patineuse belge qu'un entraineur français vint séduire quand elle avait quatorze ans, il l'emmena vivre avec lui dans une caravane, il buvait, elle avait 17 ans quand ses parents vinrent la chercher, elle se libère une nouvelle fois.

Et on parle de parents pour finir.

Parents heureux Roshdy Zem et Chiara Mastroianni, en famille sur une plage quand soudain des policiers viennent chercher leur fille que l'on accuse d'avoir tué sa meilleure amie... Ainsi les Echos racontent le début d'un film nommé "La fille au bracelet" qui conquiert aussi les suffrages du Figaro et touche aux mystères adolescents; Comme chaque mercredi par leurs choix de cinéma les journaux se racontent. La Croix tresse des louanges à une comédie, "le Prince oublié",  où Omar Sy se veut le conteur enchanteur de sa fille qui a grandi... L'Humanité et Libération rivalisent d'élégance pour "Queen and Slim", la cavale de deux noirs américains d'une beauté rare qui ont tué un flic raciste qui les menaçait, le film est politique et il ne l'est pas dit l'Huma... Libé consacre deux pages à un film mythique d'u réalisateur hongrois, "le Tango de Satan", il dure sept heures, et e journaliste Gregory Schneider qui d'habitude célèbre le sport magnifie les silences d'une oeuvre fleuve, et nous apaise même d'une fillette morte qui tient un chat dans ses bras.

Dans le Figaro, un homme que des sourcilleux jugent malséant, notre ami Eric Neuhoff du masque et de la plume, nous offre l'envie et la plus douce des critiques sur un film nommé Deux, qui raconte l'amour de deux femmes septuagénaires voisines de palier... "Elle sont deux, elles sont beaucoup plus que ça. Elles dansent, c'est un slow. Elles sont ensemble, le reste n'a plus d'importance." Nous ferons de Neuhoff une amoureuse d'honneur. 

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