Si on se faisait plaisir... Deux pages entières sur la radio dans un grand hebdo national, ce n'est pas tous les jours... Alors aujourd'hui, c'est fête, grâce au "Nouvel Obs" qui, sous le titre "La radio, média haute fidélité", rend hommage à tous ceux qui parlent dans le poste. D'abord, à partir de ce constat que Véronique Groussard établit sous forme de question : A votre avis, il y a combien de radios en France ? 30... 60... Vous n'y êtes pas... Il y en a 1.500... Phénomène unique au monde. Pourtant, remarque très justement notre consoeur, la radio fait l'objet de peu de chroniques dans la presse écrite... Et il est vrai que celle de Jean-Claude Guillebaud, dans le "Télé Obs", fait exception... Il est vrai aussi que la radio n'engendre guère de scandale et n'alimente pas la presse people... Tant mieux... En revanche, c'est une source d'information jugée plus crédible que la presse écrite et que la télé, rapelle Véronique Groussard... Les auditeurs parlent en général de leur radio préférée avec ferveur et empathie... Je cite toujours ma consoeur pour que les choses soient claires... Nous ne sommes pas dans l'autocélébration. En tout cas, comme le dit notre confrère de RTL, Christophe Hondelatte, la radio rythme la vie, à la minute près... Si Bernard Guetta parle et que vous ne vous êtes pas brossé les dents, c'est que vous êtes en retard. Bien vu. Et puis ceux qui ont taté les deux médias, poursuit "Télé Obs", sont unanimes : l'une des supériorités de la radio sur la télé tient précisément à l'absence d'images, qui laisse toute la place au fond... D'ailleurs la radio demeure un instrument de liberté dans le ton et dans le propos.... Reste maintenant à savoir si l'iPod, Internet ou les infos par SMS auront la peau de la radio... Sur ce point, capital, "Télé Obs" est optimiste... Dieu merci, écrit Véronique Groussard, on n'a pas encore trouvé la technologie qui remplacera l'inflexion des voix chères que cette vieille compagne... La radio... Fait résonner chaque jour. Alors, comme le disait Hondelatte, "je fais ci ou je fais ça au moment où celle-ci ou celui-là parle dans le poste... La radio est une pendule intelligente". Le "7-9" vient de passer une semaine au Proche-Orient... Moi, je voudrais vous livrer quelques titres et quelques lignes de ce qu'a publié la presse de la région après les graves problèmes de santé d'Ariel Sharon. Que ce soit dans les journaux israéliens ou dans les journaux palestiniens, l'idée la plus développée tient en une question : "Et maintenant ?"... Et puis, bien sûr, il y a beaucoup d'Ariel Sharon. Le journal "Haaretz" voit un homme hanté toute sa vie par les Arabes... Il ne les détestait pas, explique ce journal, mais tout simplement, lorsque les Arabes parlaient de paix, il ne les croyait pas. Pour comprendre Sharon, l'écrivain israélien Igal Sarna, lui, est allé interviewer sa mère dans les années 80, pour le journal "Yediot Aharonot"... D'où il ressort une anecdote qui pourrait expliquer symboliquement la carrière de Sharon... Sa mère lui avait offert un violon et un poignard. Vu par les Palestiniens maintenant... Ca ne surprendra personne, le Premier ministre israélien n'a jamais eu bonne presse dans le monde arabe... Pourtant, à l'heure de sa fin politique, plusieurs articles brossent un portrait nuancé de ce militaire accusé de crimes de guerre... Comme le résume le titre du journal "Al Ayyam" de Ramallah : "Soyons équitables avec l'ennemi". Retour en France, pour une radioscopie de nos concitoyens, publiée par l'hebdomadaire "Challenges"... Un grand sondage CSA, et un dossier de 30 pages, d'où il ressort que les Français, s'ils se plaignent souvent, sont finalement heureux... La preuve... 84% le déclarent... La même proportion se dit heureuse dans son travail... Même le système capitaliste, tel qu'il est, recueille l'assentiment d'une majorité de Français... Pas de problème de conscience non plus : les électeurs assument... 57% voteraient "non" s'il y avait un nouveau référendum sur la Constitution européenne... Enfin, 82% des personnes qui vivent seules disent qu'elles sont très bien comme ça. Faut-il y voir le fameux hédonisme des Français ?... Oui, et une certaine schizophrénie, explique "Challenges"... En résumé : la France pleure, mais les Français rient... Ils sont individuellement heureux, mais collectivement malheureux. La preuve, avec un autre sondage : l'enquête que le même Institut CSA publie dans "L'Humanité" nous apprend que les deux-tiers des Français sont mécontents de la politique du gouvernement. "Alors, auraient-ils perdu le sens de l'humour, les Français, ou manqueraient-ils de tendresse ?", commente Jean-Paul Piérot... Le fait est là : le baromètre social de notre journal sonne comme un camouflet pour le locataire de Matignon qui, l'autre soir, rêvait tout haut d'une presse délivrant chaque matin la bonne nouvelle du jour. L'état de la France... Côté banlieues, on n'est pas loin du piteux état... C'est "Le Parisien" qui tire le bilan de l'année 2005... Annus horribilis... "45.000 voitures incendiées, plus de 100.000 faits violents recensés"... Le premier tableau de bord de l'indicateur national des violences urbaines confirme que l'année passée a été une année noire, et que l'état d'urgence n'a pas eu d'effets concrets, commente Sébastien Roche, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la délinquance. Et d'ailleurs, que c'est-il passé depuis l'embrasement des banlieues, il y a tout juste un mois ?, s'interroge Jean-Marcel Bouguereau, dans "La République des Pyrénées"... Rien. Vieux réflexe centralisateur, six préfets ont été nommés pour l'égalité des chances... Peut-on penser sérieusement, poursuit notre confrère, que la nomination de six préfets et la création d'une nouvelle agence nationale vont aider à la résorbtion de la fracture sociale ? En attendant, le ministre de l'Intérieur présente ses voeux, sur le mode "ce que je me souhaite"... Parce que, comme le remarque Marc Chevance dans "Nice Matin" : pour beaucoup, tous ces voeux 2006 sont l'occasion à saisir pour confirmer leur rêve présidentiel de 2007... Ou alors pour faire le point sur une situation personnelle, comme le fera peut-être Nicolas Sarkozy, qui présente les siens aujourd'hui... Ses voeux... Mais comme toujours, lorsqu'il s'agit du ministre de l'Intérieur, l'événement, qu'il soit politique ou personnel, est commenté, décortiqué, interprété, avant même qu'il ne se soit produit, écrit Pierre Taribo dans "L'Est Républicain", qui évoque le retour de Cécilia auprès de Nicolas... Reste à savoir si la France veut ce tourbillon médiatique ou être rassurée sur son avenir... Réponse avec ce sondage CSA pour "Le Parisien"... Vous avez vu : ça marche, les affaires, pour CSA... Selon cette enquête donc, 87% des personnes interrogées déclarent que les retrouvailles du couple Sarkozy ne changent strictement rien à l'opinion qu'ils ont du ministre de l'Intérieur... Et vu que 5% ne se prononcent pas... Ca fait 92% de la population qui n'a rien à dire sur cette affaire... En gros, tout le monde s'en fiche. Il faut dire que dans le genre, il y a beaucoup plus spectaculaire... Ca se passe en Belgique, côté flamand, pour une affaire dont les dimensions politiques et privées se confondent... Il s'agit de la liaison entre Rik Daems, député libéral, et Sophie Pécriaux, députée socialiste. Mais ce n'est pas tout : l'un est Flamand, l'autre est Wallonne. Alors la presse belge se déchaîne... Surtout la presse flamande, qui consacre ses Unes à l'affaire, avec photos géantes, analyses et éditos... Parce que dans le nord du pays, en Belgique, on considère l'idylle un peu contre-nature... Rendez-vous compte : un Flamand de droite avec une Wallonne de gauche, c'est quand même le top. Oui, ajoute François Heinderyckx, professeur de communication politique... Interrogé par "La Libre Belgique"... Cette histoire a tout pour plaire au public : c'est une histoire d'amour, positive, illégitime, cachée (c'est encore mieux)... Mais ils l'ont bien cherché : il est difficile de dire un jour : "Venez voir comme c'est bien dans ma vie privée !"... De s'en servir comme argument électoral... Et le lendemain de dire : "Laissez-moi tranquille : ma vie privée ne regarde que moi"... Or, à plusieurs reprises, Rik Daems a fait entrer les médias chez lui... Difficile maintenant de prendre de grands airs offusqués, conclut le professeur de communication politique. Oui... Le futur a de l'avenir, et il s'appelle Internet... Ce que "Libération" appelle "une Net amélioration pour 2016... Le journal donne la parole à dix experts, qui expliquent comment le réseau mondial va bouleverser nos vies dans les dix ans à venir. Avec l'irruption des nanomédias, par exemple... Ca devient très tendance, le mot "nano"... Nous allons ainsi vivre la montée en puissance de "l'Internet des gens", capable, face aux infos officielles, de produire et de diffuser leurs propres textes, images, sons et vidéos, avec les mêmes outils que les professionnels... Ce qui, soit dit au passage, est une vraie réflexion pour les professionnels des médias... Les objets du quotidien, également, seront connectés, en tout lieu et en permanence, en 2016... On nous explique aussi qu'il y aura une sorte de "Pearl Harbour numérique"... Une attaque massive contre le réseau... Une menace face à laquelle les progrès sont trop lents. L'administration, elle non plus, n'échappera pas aux services en ligne... Mais le revers de la médaille, estime "Libération", c'est que plus l'usager va gagner en souplesse et en autonomie, plus il sera potentiellement fliqué, parce que chaque passage sur le réseau laisse des traces. On va terminer avec une information que nous délivre le journal allemand "Spiegel", cité par "Le Courrier International"... Au magasin Ikea de Hambourg, de plus en plus de parents utilisent l'aire de jeux... Vous savez, avec les boules de toutes les couleurs... Ils l'utilisent comme halte-garderie... Ils viennent y déposer leurs enfants, et ils partent chez le coiffeur ou jouer au tennis... Ce qui rend fous de rage les responsables du magasin... D'abord, parce que les parents n'achètent rien, et que quelquefois ils laissent leurs enfants très longtemps... A Dortmund, témoigne une vendeuse, des parents sont venus rechercher leur enfant à 21 heures... Une heure après la fermeture... Ils l'avaient oublié chez Ikea. Dans certaines familles, c'est bien connu : ils y a des membres qui ne sont que des meubles... Bonne journée... A demain...

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