Patrick Cohen : A la Une ce matin : la vie en pièces... Bruno Duvic : Quand un premier bouton est apparu sur le visage d'Armand, pas même la taille d'une pièce de monnaie, Emmanuelle, sa maman, ne s'est pas inquiétée : c'était une varicelle. Armand avait 5 mois et la varicelle a très vite dégénéré car le bébé était atteint d'une maladie génétique extrêmement rare : l'organisme d'Armand était impuissant contre les microbes. Pendant quatre mois, il deviendra un bébé-bulle luttant contre la mort. C'était en 2000 : à l'hôpital Necker, le professeur Fischer a proposé aux parents de risquer la thérapie génique. Bingo ! A 9 mois, Armand est enfin sorti de sa bulle avec des globules plus blancs que blancs. Dix ans après, comment va-t-il ? Pour la première fois, Emmanuelle et François, les parents, ouvrent l'album de famille devant des journalistes. Et pour L'Express, Estelle Saget a pu le constater : Armand va plutôt bien. Il est en CM2. La varicelle a laissé des séquelles au niveau de la vue et de l'audition. Il a marché tard. On a gardé longtemps les petites roulettes à l'arrière de son vélo. A l'école, il travaille plus lentement que les autres, mais il arrive à ses fins. Et ses parents refusent de vivre dans la peur des microbes malgré les contraintes, comme cette transfusion sanguine toutes les trois semaines qui lui provoque de très violentes migraines. Si le cas d'Armand est intéressant, c'est parce que la victoire des bébés-bulles sur la maladie a été à la fois l'un des premiers succès et des premiers échecs de la thérapie génique. Vingt bébés ont été traités, quatre ont développé une leucémie, l'un d'entre eux est mort. La thérapie avait été interrompue, mais elle va reprendre cette année après que les chercheurs ont mis au point un procédé plus sûr. C'est à la fois un espoir et une inconnue. Le plus âgé des ex-bébés-bulles soignés par thérapie génique n'a que onze ans. Si les cellules d'Armand ont été corrigées de leur anomalie, son génome, son programme d'origine, n'a pas été modifié. Mais sa maman n'a pas oublié le jour où une infirmière lui a posé la petite poche de liquide qui contenait la moelle osseuse. Une goutte, deux gouttes, trois gouttes... jusqu'ici, tout va bien. Patrick Cohen : A la Une de la plupart des journaux ce matin : Haïti... Bruno Duvic : La vie en pièces, la vie en morceaux... Un an après, les gravats accumulés à Haïti, c'est l'équivalent de vingt World Trade Center. L'image est dans Libération qui, comme tous les quotidiens, constate que peu de choses ont changé. Haïti, c'est "L'île trahie" pour L'Humanité. Ce qui manque peut-être en premier lieu, c'est tout simplement un Etat. Le Monde recense les manques : pas de normes sismiques pour la construction, pas de cadastre quand la terre a tremblé, pas de financement de quartier à grande échelle, chacun bricole son logement. Pas d'administration non plus, très peu de gens prennent des décisions. Du coup, le moindre sujet remonte au plus haut niveau. Dans ce non Etat, chacun se renvoie la responsabilité de l'inaction : les ONG, les bailleurs étrangers, les dirigeants haïtiens. Faut-il rappeler le bilan de ce séisme qui a glacé le monde entier l'an dernier ? 250.000 morts, 300.000 blessés, 2 millions de déplacés. Comment mettre du sens derrière ses chiffres, comment les expliquer aux enfants ? Les journaux jeunesse du groupe Bayard-Presse vous aident. Dans Pomme d'Api, Astrapi, Okapi et Phosphore, vous trouverez des reportages sur Haïti. Un dernier mot, tiré de l'éditorial de La Croix : "C'est l'homme haïtien qu'il faut reconstruire". Patrick Cohen : Dans Libération, un appel de soutien aux chrétiens d'Orient signé par les musulmans de France... Bruno Duvic : Vous le trouverez également dans "Respect-Magazine". Après les attentats contre les chrétiens en Irak et en Egypte, les signataires, de droite ou de gauche, musulmans pratiquants ou pas, personnes connues ou pas, écrivent notamment : "Nous rappelons, haut et fort, que ces meurtriers ne sont pas l'islam, et qu'ils ne représentent en rien les musulmans. C'est l'islam qu'on assassine en commettant ces crimes en son nom". Dans le même esprit, vous pourrez lire le dossier de Pèlerin-Magazine titré "Non au choc des religions". Patrick Cohen : La vie en pièces et en bref dans les journaux... Bruno Duvic : La vie en pièces de monnaie... Le débat sur les bonus à la City agite à nouveau la Grande-Bretagne. C'est à lire, notamment dans Le Figaro. Le patron de Barclay's pourrait toucher 8 millions de livres. Le premier ministre, David Cameron, semble avoir renoncé à imposer des restrictions, mais il demande des contreparties aux banques sur le financement de l'économie. Le puzzle politique... Et les morceaux ne collent pas toujours entre eux. "Le PS face au pièce des Primaires" titre Le Figaro... Le calendrier est donc fixé depuis hier : octobre pour le vote, juillet pour le dépôt des candidatures. Cela provoque la grogne des amis de Strauss-Kahn, dixit Le Parisien. Pour les DSK-Boys, juillet, c'est un peu tôt pour que leur favori sorte du bois. Dans ces primaires, il y a un outsider qui a les honneurs de la couverture de Libération ce matin : c'est François Hollande, l'homme qui progresse dans les sondages. Et si c'était lui ? se demande Laurent Joffrin dans l'éditorial. On se moque des bisbilles au PS, mais dans la majorité, elles se multiplient au sein de l'UMP ou entre le patron de l'UMP, Jean-François Copé et le premier ministre, François Fillon. 35 Heures, statut des fonctionnaires, politique libérale ou sociale : autant de sujets de discorde. Dans Les Echos, Cécile Cornudet donne un titre à cette pièce de théâtre : "UMP : confusion chérie". La vie en miettes... A la Une du Parisien, l'histoire de cet homme surendetté qui a tué sa famille avant de se donner la mort. Il attendait la visite d'un huissier. Comme souvent, ce drame du surendettement s'est noué dans le silence. Près de 800.000 ménages sont plombés par des dettes, rappelle Le Parisien. L'information en bribes... bribes de rumeur... Presse-Océan raconte ce matin, le poison qui s'est emparé de la ville de Nantes après la disparition de deux jeunes, Rémi et Grégoire, début décembre. Poison de la rumeur... les histoires les plus glauques courent sur Internet, parfois dans la presse et dans les conversations nantaises. Les enquêteurs expliquent à quel point ces délires les entravent dans leur travail. "On est obligé de se pencher sur toutes les pistes et ça prend un temps fou !". Patrick Cohen : Et pour finir, la pièce manquante... Bruno Duvic : Et ta soeur ? Elle squatte la salle-de-bain, elle pique vos disques et à l'âge adulte, elle vous parle comme si elle était votre mère. C'est pénible une sœur ! Et pourtant, selon la dernière étude un peu foutraque en date dans la presse, avoir une sœur, c'est bon pour le moral. C'est à lire dans Le Parisien. Etude de l'université d'Ulster, 571 jeunes adultes interrogées. Résultat : les personnes ayant grandi avec au moins une sœur seraient plus aptes au bonheur que les autres. Elles encouragent la cohésion et la communication dans les familles. Or, l'expression des émotions est très importante pour la santé psychologique... Alors, et ta sœur ? Laisse-la tranquille, elle me remonte le moral ! PS : Haïti si le cœur et l'envie vous en disent Fin décembre, France Inter avait organisé avec l'association "Bibliothèques sans frontières" une semaine spéciale du "Jeu des mille Euros". Les candidats étaient des journalistes et producteurs de France Inter (dont votre serviteur qui s'était ridiculisé !). Les bénéfices étaient versés à l'association pour son action en Haïti. "Bibliotèques sans frontières" organise ce soir un concert au profit d'Haïti dans la salle parisienne du New Morning. Allez-y ! Pour le plaisir et la bonne cause. Toutes les informations sur : bibliosansfrontieres.org

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