... que nous inspire France Gall que l'on enterre aujourd'hui, France Gall notre petite soeur, dit l'écrivain Charles Dantzig dans le Point...

Mais France Gall surtout que Paris Match salue dans un cahier photo qui raconte plus que la chanteuse disparue... mais la France que nous étions, quand une petite fille posait avec ses frères en short bretelle sur le capot de la 4Cv familiale, et Match, c'est sa fonction, parle de nous, non pas le choc des photos mais leur caresse... La caresse d'une France bourgeoisie et artiste des années 60... Certaines photos étaient posées à l'époque, quand France devenait une star yéyé, mais aujourd'hui elles sont ce que nous étions... Les parents de France et ses frères ouvrent le courrier des fans, répondent au téléphone, il est noir et de bakélite, des meubles en bois marron, une robe imprimée, un épagneul breton, le cheveu court du père cigarette au bec... Tout est reconnaissable et tout a changé, même les corps sont subtilement différents, ce fut nous, France est sur un vélo rouge à Noirmoutier, Michel berger portait un blouson à col fourrure... Etions-nous plus heureux?

Un autre homme venu de toujours parle également dans Paris Match, dans un hors-série du journal qui lui est consacré, à lui, Alain Delon qui parle de sa beauté et bellement de la Vierge Marie et puis nous blesse et nous abandonne ce qu'est devenu le monde. "Je hais cette époque, je la vomis. Je quitterai ce monde sans regrets."

Nous voilà bien Nicolas abandonné au présent, il nous restera des photos... Ou un peu plus, de la parole...

Un journal est né ce matin qui veut nous ressembler, nous, il s'appelle Ebdo sans H, il dit, "lisez-nous, lisez vous". 

Y verra-t-on notre temps? On y trouve une enquête sur les habiletés de la SNCF, qui échappe aux conséquences de ses failles, même quand les morts l'environnent...  

On y trouve aussi des textes de lecteurs... Un jeune homme raconte sa partie d'échec contre un agfghan de 20 ans, dans un conteneur de la jungle de Calais... Fayaz était mince, les joues creusés et disait ceci : "A Kaboul j'étais une tour, je protégeais mes soeurs. Ici je suis un pion, je ne vaux pas grand-chose, on m'empêche d'avancer".

Ebdo. On s'en souviendra après nous. 

On parle énormément de Lactalis dans les journaux

Le scandale en poudre, titre l'est républicain... Et on comprend ce qui se joue quand les Echos et l’Humanité racontent la même histoire : une entreprise, des distributeurs et l'Etat qui contrôle ont failli. Ouest France fustige la culture du secret de Lactalis : « Efficace pour construire à marche forcée le numéro un mondial des produits laitiers. Désastreux dès lors qu’on parle de la santé des bébés.

Du secret nait la peur, elle se répand… Marianne titre sur « les empoisonneurs » avec une photo montée sans détail pour terrifier... Des têtes de morts estampillent un biberon, un hamburger, un pot de pâte à tartiner et une conserve de cassoulet... 

Cette peur nous environne...  Le magazine des Echos raconte comment les 10 millions de tonnes de plastique que nous jetons chaque année à la mer deviennent des nano particules, avalées par les poissons que nous avalerons, et plus encore... Même le sel marin, c'est une étude malaisienne, contient des microplastiques...

Voilà ce monde que nous abandonne Alain Delon... 

A lire les journaux... on respire l'angoisse et la méchanceté. Elle vient de l’Egypte où le regime persécute désormais les athées, c’est dans la Croix.

Elle vient de nos foyers…

Les DNA racontent ces jeunes lycéennes, aussi fragiles que France Gall jadis, devenues la proie des harceleurs sur snapshat... « Envoyez, faites tourner on va voir les putes »… disaient leurs tourmenteurs…

A la Une de la Provence, c'est "coups de couteaux au lycée"... 

Et en même temps. la Provence dit autre chose, un petit titre à la une mais un grand reportage dans le journal, "la folie las vegas", qui accompagne l'enthousiasme des provençaux partis au Consumer electronic show, le grand salon de l'avenir aux 70.000 entrepreneurs, une fourmilières de geeks et de génie qui ont tourné la têtes des start uppers français, séduits, drafgués, espionnés, vivant notre monde...

Avoir peur, donc, ou réparer le présent...

Dans Usbek et Rica, deux frères et une soeur, des start uppers japonais d'âge mur... 64, 57 et 63 ans... veulent sauver les vieillards qui perdent la mémoire, en inscrivant avec du vernis un code barre sur leur ongle. Scanné, le code révèlerait son nom et un numéro à appeler...  Nos start-uppers se réclament d'un livre français...  « Humanitude : comprendre la vieillesse, prendre soin des hommes vieux... »

Un écrivain de France Inter pour finir

Et cet homme est un héros modeste et cachottier...  hier, quand il est venu sourire dans notre matinale, Frédéric Beigbeder sortait d'une étrange épreuve: il était au Ritz quand des bandits ont sauvagement attaqué le grand hôtel de la place Vendôme pour dérober des bijoux. Il le raconte dans le Figaro. C’est du Beigbeder. 

J'étais avec le chef Colin Field, star parisienne des cocktails, au bar Hemingway, on dégustait un «Moscow mule», délicieux cocktail pimenté à base de vodka et de gingembre. Soudain, un serveur est arrivé en courant et en criant: «Partez tous, partez tous!"

Beigbeder se réfugie au sous sol, dans les toilettes, il entend des coups de feu, sur fonds de Frank Sinatra… 

Et après la guerre, il est remonté finir son Moscow mule... "Ma boisson n'avait plus le même goût, elle était très pimentée, elle me piquait le nez et les yeux." 

« Ce sont les gaz lacrymogènes de la police» lui a expliqué la Barmaid. 

Fred Beigbeder.

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