Dans Télérama, Brigitte Fontaine déclare : "J'écris pour contribuer à rétablir l'honneur des femmes." Elle évoque les expériences traumatisantes de sa jeunesse, et notamment ce jour où un médecin l'a violée après l'avoir aidée à avorter illégalement. Jusqu'alors, elle n'avait jamais confié publiquement cette histoire.

Brigitte Fontaine
Brigitte Fontaine © Getty / Eric CATARINA

Souvent, on s’interroge sur le sens de l’existence… A quoi sert-on ? A qui sert-on ? Quelle est notre place sur terre et pourquoi se lever le matin ? Parfois, on trouve, et parfois non… Et, parfois, on ne se pose pas ces questions-là, mais il arrive alors que d’autres nous les posent. Exemple dans le numéro spécial du UN.

« Artistes et responsables »

A l’occasion des Francofolies de la Rochelle, l’hebdomadaire a interrogé des auteurs, des chanteurs et des musiciens . Quel est donc leur rapporte au monde, leur rapport aux autres, et ont-ils l’impression d’être des artistes engagés ? 

Rencontre avec Cali, qui évoque son grand-père volontaire des Brigades internationales. Il ne voulait pas que se reproduise ce qu’il avait connu : le fascisme de Mussolini. Alors il est parti, avec une poignée de héros, se battre çà et là à travers la planète… "Je descends de là et d’un père très à gauche", confie-t-il. Et ce sont des valeurs de gauche que Cali défend lui-même : la solidarité, un certain humanisme... De son côté, Bertrand Belin revendique, dit-il, "le droit de créer dans un certain aveuglement"… Cela dit, il estime que faire des chansons, c’est une manière de faire du bien au monde. "Chanter, c’est lancer des balles" - ça, c’est une citation d'Alain Souchon, que Zazie reprend à son compte.

Les artistes lancent des balles pour que quelqu’un les attrape, mais si personne ne le fait, ce n’est pas grave... 

Pour étant, elle pense que la musique est un vecteur d’émotions capable, par moments, d’éveiller les consciences. 

Et Brigitte Fontaine, pourquoi chante-t-elle ? Pourquoi écrit-elle ? La réponse est dans les colonnes de TÉLÉRAMA. 

J'écris pour les femmes. Pour contribuer à rétablir l’honneur des femmes.

Et il est d’abord question de son honneur à elle quand, à Valérie Lehoux, elle raconte un épisode traumatisant de sa jeunesse. 

Brigitte Fontaine raconte ce jour où un médecin l'a violée 

Un traumatisme qu'elle n'avait jamais, jusqu'alors, confié dans la presse. 

A Paris, où je suis venue après le bac pour faire du théâtre, je suis tombée enceinte plusieurs fois. J’ai subi des avortements dans des conditions si lamentables que j’ai failli mourir de septicémie. Pour le dernier, le travail était impeccable… 

La chanteuse fait une pause. 

Mais le médecin m’a violée. Atroce. Pendant au moins deux mois, j’en ai perdu le sommeil. Dès que je m’endormais, une décharge électrique me traversait le corps et me réveillait. L’avortement avait été illégal, je ne pouvais pas porter plainte. Mais pourquoi n’ai-je pas envoyé des copains casser la gueule à ce docteur ? J’ai le regret de constater que les femmes sont connes. En tout cas, moi je le suis. Je l’ai déjà proclamé. 

Elle l'a proclamé dans une chanson qui s’appelle donc « Conne », un titre sorti en 1995 et qu’à l’époque, tout le monde avait pris comme une farce, se rappelle ma consœur de TÉLÉRAMA… Maintenant qu’on sait l’histoire, peut-être fallait-il l’entendre autrement.

L’honneur des femmes, il en est d’ailleurs question dans plusieurs journaux ce matin. Des femmes battues, parfois tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. On en parle de plus en plus. Il faut continuer d’en parler… Dans L’HUMANITE, c’est Marie qui témoigne. 

Marie décrit les brimades, les humiliations, les coups de son conjoint

Elle raconte aussi le silence, la honte de parler, et la difficulté à se défaire de l’emprise de son tortionnaire.

Sur LE BONDY BLOG, c’est l’histoire de Leïla, 20 ans, étudiante de Seine-Saint-Denis, tuée des mains d’un homme dont elle était enceinte. C’était le 3 juillet, et la veille, elle avait déposé une main courante contre les violences de son compagnon.

Dans LE PARISIEN, c’est la bataille de Cathy, en mémoire de sa sœur et de ses parents… Sa sœur s’appelait Isabelle. En 2014, elle a été assassinée par son ex, lequel a également abattu sa mère et son père. L’homme s’est suicidé peu après en détention, éteignant dans le même temps toute procédure judiciaire. Isabelle avait porté plainte à plusieurs reprises et aujourd’hui, Cathy, sa sœur, attaque l’Etat pour défaillance.

On parle donc ici de l’honneur des femmes. Mais celui de deux hommes fait également la Une. Deux histoires qui, ceci dit, n’ont strictement rien à voir, non, leur seul point commun, c’est ce matin d’occuper à part égale les dossiers de nos quotidiens : l’affaire Vincent Lambert et l’affaire François de Rugy

La première fait notamment la Une de L’HUMANITE.

Vincent Lambert : 10 ans, 9 mois, 12 jours d'un long calvaire

Récit, donc, du calvaire de l’ancien infirmier, décédé hier matin près de onze ans après l’accident qui l’avait rendu tétraplégique, dans un état végétatif. "Remettant l’apaisement à plus tard, la justice a décidé d’ouvrir une enquête", précise le journal, en évoquant "la deuxième mort de Vincent Lambert"… L’ALSACE parle de "la fin d’une longue tragédie", L’UNION de "la fin d’un long combat", mais "l’affaire n’est pas terminée", précise INDÉPENDANT. A sa Une, LA CROIX confirme : "La mort de Vincent Lambert n’a pas mis un terme à la division de sa famille et au débat public sur la fin de vie."

LE FIGARO explique : "Les partisans de son maintien en vie dénoncent aujourd’hui ‘un crime d’Etat’, ‘une faute ignoble qui ébranle les fondements de notre droit', tandis que ceux qui prônent une légalisation de l’euthanasie s’offusquent de ‘sa mort à petit feu’ et réclament déjà une évolution de la loi." "Après la mort de Vincent Lambert, l’émotion et les questions", résume le quotidien. 

Cette affaire interroge la conscience de chacun.

Une lecture à vous conseiller sur le sujet. C’est dans les pages de LA VIE. Olivia Elkaïm est allée rencontrer "d’autres Vincent Lambert", autrement dit des hommes, des femmes, souffrant, comme lui, de lésions cérébrales très graves. Ils seraient entre 1500 et 1700 en France. Parfois toujours chez eux, parfois dans l’une des 140 unités médicalisées destinées à les accueillir. Ici aussi, on s’interroge sur le sens de l’existence ; les familles, les soignants. Devant une jeune femme brune allongée, totalement immobile, les yeux ouverts sur le vide, la journaliste sent les larmes lui monter aux yeux. Elle questionne le médecin. 

Mais à quoi ça sert, tout ça ?

Réponse du tac-au-tac. 

A quoi ça sert, la vie ? 

Question qu'en ce moment, doit se poser aussi un policier de Rouen. C'est l'histoire qui fait la Une de PARIS NORMANDIE.

Le jeu du policier coquin a dérapé

C'est l'histoire d'un rencard qui tourne mal au commissariat. Bévue d'un policier quadragénaire. En surfant sur un site, il avait donné un rendez-vous à un partenaire. Rendez-vous au commissariat, pour une relation sexuelle dans son bureau. A l'heure dite, ce dimanche de mai, le brigadier descend dans le hall d'accueil. Un homme correspond à la description de celui avec qui il a rendez-vous et, une fois dans son bureau, il lui palpe l'entrejambes puis défait sa propre ceinture. Mais il y a eu méprise. L'homme n'était pas celui qu'il pensait. Il s'agissait en réalité d'un témoin, venu pour être auditionné dans une affaire. Le policier s'est confondu en excuses, mais l'homme a déposé plainte pour "agression sexuelle". Une enquête a été ouverte.

Terminons avec l'autre affaire qui, comme nous le disions, fait la Une d'une partie des journaux ; l’affaire François de Rugy. 

« Homardgate : Rugy mi-cuit »

Cette fois, c’est avant tout la conscience d’un ministre que l’on interroge. Photo pleine page dudit ministre à la Une de LIBÉRATION. Dîners fastueux, privilèges immobiliers : malgré l’accumulation des révélations embarrassantes de MEDIAPART, François de Rugy a été conforté hier soir par le Premier ministre. 

_"_Conforté, mais jusqu’à quand ?" se demande le journal.

"De Rugy reste… pour l’instant", répond LE DAUPHINE, tandis que LA PROVENCE estime qu’il est "cramé"… Il s’est en tout cas engagé à rembourser chaque centime qui serait contesté, d’où le titre de MIDI LIBRE : "François de Rugy, l’addition, s’il-vous-plaît !"

Dessin savoureux à la Une de L’OPINION. On le voit en pleine discussion avec le chef de l’Etat, lequel est en train de lire un article sur les fastueux dîners de son ministre, mais ce dernier se défend : "J’ai été irréprochable, pas de vaisselle jetable et pas de bouteille en plastique !" 

Irréprochable, les enquêtes le diront, sachant que, ce matin, LE PARISIEN dévoile d’autres dépenses qui « questionnent » : un troisième chauffeur, qui aurait été mis à la disposition du couple, pour conduire le fils de Séverine Servat de Rugy à l’école et mener son mari à Nantes, sa terre d’élection, ou encore ce sèche-cheveux qu'aurait acheté la compagne du ministre, journaliste à GALA ; un sèche-cheveux doré à la feuille d’or d’une valeur de 499 euros. Il aurait, nous dit-on, été laissé dans le logement du président de l’Assemblée Nationale lorsque le couple a quitté le Palais Bourbon… 

Parfois, on se demande le sens de l’existence. 

On peut aussi se demander quel sens ça a d’acheter 499 euros un sèche-cheveux doré à la feuille d’or.

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