Vous savez : le Bac, mieux vaut l'avoir. Ou l'art de proclamer, en Une, une évidence, car tel est le titre du "Parisien", ce matin. Ce qui, pour autant, est assez pertinent, car le journal constate qu'après 200 ans d'existence, beaucoup accusent ce diplôme d'être devenu trop peu sélectif, mais qu'en même temps il reste indispensable pour accéder aux études supérieures. Un constat qu'établit également "La Croix", qui estime que le Bac, toujours indispensable en effet, a besoin d'un sérieux toilettage pour remplir son rôle de passeport vers l'enseignement supérieur... Ce quotidien examine donc les quatre épreuves que doit passer le Bac pour se réformer... Aujourd'hui, les 640.000 candidats qui vont plancher auront autre chose à penser qu'à l'utilité de cet examen qu'ils sont en train de passer... Ils vont le passer, tout simplement... On leur souhaite le courage nécessaire. Mais pour les autres, ceux d'après, voilà à quoi, selon "La Croix", le Bac devra ressembler... Condamné à s'améliorer s'il ne veut pas un jour être recalé pour de bon... D'abord, il faut redonner plus de justice à l'ensemble du dispositif, car il se trouve que de nombreuses filières d'études supérieures recrutent sur dossier, avant le Bac, qui n'apparaît dès lors que comme une simple formalité. Le deuxième défi, c'est de revaloriser les bacs technologiques et professionnels... Faire en sorte qu'ils puissent déboucher immédiatement sur un emploi... Ce qui, au départ, était leur vocation... Il faut aussi rénover le mode d'évaluation des lycéens, parce que le Bac n'est qu'une simple égalité de façade... Enfin, mais c'est le cas de le dire puisqu'il s'agit d'une finalité : le dernier défi, c'est de redonner de la valeur au diplôme... Comment se satisfaire, en effet, de cette situation dans laquelle certains candidats décrochent le diplôme alors qu'ils ont eu un niveau très faible pendant l'année, dans une matière fondamentale comme le français par exemple ? "La Croix" met également le doigt sur l'aspect culturel du Bac, marqueur d'une mentalité nationale... Il suffit, pour cela, d'établir quelques comparaisons avec nos voisins européens... Autant en France, les parents sont soucieux des résultats et du niveau de leurs enfants, autant en Finlande, par exemple, ils sont attentifs à leur épanouissement et à leur bien-être. Ainsi, dans ce pays, le redoublement n'existe plus... Non pas que les élèves aient le niveau pour passer systématiquement en classe supérieure... Mais tout simplement parce que le redoublement a été aboli... Quant aux notes, elles ne sont jamais inférieures à 5 sur 10. Alors qu'en France, tant de fautes entraînent tant de points en moins, en Finlande, la perspective est inverse : tant de réussites valent tant de points en plus. Quant au Bac, il compte peu de matières obligatoires... Dans la plupart des épreuves, l'élève choisit entre plusieurs exercices soumis. Une autre planète. "Libération", de son côté, s'amuse... Mais faut-il s'en amuser ?... Avec le casse-tête des correcteurs, à "l'aipreuve" de la langue... Aipreuve : A-I-P-R-E-U-V-E. C'est en effet une enquête sur la médiocrité accrue de l'expression française des candidats... Les profs s'avouent parfois saisis d'effroi, désarmés devant les fautes de français commises par les élèves. Sachant que moins on maîtrise la langue, moins on a accès au sens, ça pose problème. Surtout avec l'orthographe. "Si vous saviez comme c'est épuisant de lire une copie truffée de fautes", explique Philippe, prof d'histoire-géo à Besançon... "Parfois les élèves ne distinguent pas le verbe dans une phrase". Et disons-le tout net : face à certaines copies, les correcteurs sont partagés entre le rire et les larmes... Quand ils lisent par exemple : "Les Egyptiens écrivaient sur des papiers russes". Ou : "La Suisse est une fée des rations"... En trois mots donc... Ou encore : "On voit qu'un pays est riche ou pauvre à son BNP". Les profs appellent ça de la "bouillie mentale". Bon, après le Bac, éventuellement, du travail. Et là, c'est une autre épreuve qui arrive : celle du CV, qui est aussi un examen finalement, ou plutôt un concours... Et puisque nous manions les évidences, ce matin, avec la presse, en voici une autre, jetée en pâture par le fondateur d'un cabinet spécialisé dans les ressources humaines et le recrutement, qui nous dit : "Bien sûr que les gens qui cherchent un emploi mentent sur leur CV... Disons que les candidats s'arrangent souvent avec la vérité"... Ce qui est, selon le dossier que "Le Figaro Entreprise" consacre au sujet, une méthode de bonne guerre. Après tout... Tout le monde le fait, alors. Oui, mais attention... Il y a "enjoliver" et "mentir"... Ce n'est pas tout à fait la même chose. Et toujours selon "Le Figaro Entreprise"... D'après une étude menée auprès de 500 sociétés et 1.100 candidats, il ressort que 75% exagèrent leurs responsabilités passées... 56% modifient la durée des emplois successifs qu'ils ont occupés, pour éviter des trous dans le CV... Et 36% mentiraient carrément sur leurs diplômes. Et il y a quelques ficelles : par exemple, on peut écrire "formation" au lieu de "diplôme"... Ce qui permet de mettre en avant des études qu'on a commencées, mais jamais terminées. Plus gonflé encore : il y a la tromperie qui consiste à mentionner des écoles qui n'existent pas, mais qui font de l'effet, comme "diplômé de l'ESTHI"... E-S-T-H-I. On peut mentir aussi sur son âge, sa rémunération passée... Enfin tout, quoi... Et si on le fait souvent en France, c'est que les CV ne sont pas souvent vérifiés, contrairement aux pays anglo-saxons. L'autre problème, en France, c'est qu'on attache trop d'importance aux diplômes, alors que nos voisins européens s'attachent plus aux expériences et aux compétences. En résumé : il y a le CV arrangé et le CV truqué... Le premier, pour l'instant, ne porte pas à conséquence... L'autre, en revanche, est une arme qui peut se retourner contre son auteur... Prudence... Il existe d'ailleurs une profession... Oui... Traqueur de faux diplômes... C'est une tendance nouvelle en France, mais qui, apparemment, prend de l'ampleur, explique "Le Figaro Entreprise". Alors, concrètement, peut-on être condamné si l'on ment sur son CV ?... "Non, répond une avocate, parce que cette fraude n'est pas considérée comme 'faux et usage de faux'... En revanche, le contrat de travail peut être entaché de nullité si l'employeur s'aperçoit, après coup, que vous avez menti sur le curriculum. On va passer à un CV bien rempli... Nom : Bayrou... Prénom : François... Profession : politique... Emploi occupé : chef... Chef de parti... Expérience professionnelle : importante... Objectif professionnel : Elysée... Qualité professionnelle : combatif. Oui, très combatif, même, estime "Libération" par exemple, qui titre : "Bayrou : un poing, c'est tout"... Point : P-O-I-N-G... Plus fort que la "rupture" de Nicolas Sarkozy, voici donc la "révolution" de François Bayrou, écrit Nathalie Raulin... Son discours de samedi, c'est une feuille de route aux accents guerriers, qu'au fil d'un discours-fleuve il a distillée aux militants venus célébrer l'affranchissement de l'UDF. Eh bien, en attendant la révolution, note notre consoeur, les volontaires ne se bousculent pas... Le maire de Paris était bien le seul hier, dans les médias, à vouloir faire part de sa considération envers le président de l'UDF. "Reste qu'il est étonnant que l'on s'étonne de voir François Bayrou braver l'UMP, le gouvernement, et le Président de la République", proteste Christine Clerc dans "Le Télégramme". "Au contraire, dit-elle, les Français apprécient ce panache. Le problème, c'est son comportement vis-à-vis de Gilles de Robien"... Et puisque vous avez dénoncé "l'apartheid entre la gauche et la droite", François Bayrou... Christine Clerc écrit : "L'apartheid ne commence-t-il pas quand on interdit à l'un des siens de penser autrement ?"... Gérard Noël, en revanche, semble disposé à vous voir comme celui qui va resusciter le centre... Dans "La Liberté de l'Est", notre confrère vous lance une sorte de défi... "Si vous réussissez, alors oui, la droite et la gauche ne constitueront plus les critères incontournables des élections nationales... Il vous reste pour cela moins d'un an... Moins d'un an pour rejoindre les échappés", écrit notre confrère. Oui, c'est même le titre principal des journaux ce matin, après ces trois premiers jours de Coupe du Monde... Et d'abord cette information, donnée à la fois par "L'Equipe" et "Le Parisien" : Ribéry, le chouchou du public, sera titulaire demain, aux côtés de Zidane et Wiltord, pour le premier match des Français devant la Suisse... Domenech a tranché. Tiens, Domenech, justement... Il donne une grande interview, ce matin, dans "Libération", avec d'abord la réponse à cette question : "D'où le foot tient-il son pouvoir ?"... "Je ne sais pas, répond le sélectionneur... C'est anormal... Pousser un ballon entre deux poteaux, franchement !" C'est Domenech qui parle, mais qui ajoute : "Regardez un enfant d'un an... Dès son plus jeune âge, lorsqu'il voit un ballon, son premier réflexe c'est de taper dedans avec le pied... Logiquement, il devrait le prendre à pleines mains... Eh bien non". Il a raison, Domenech... Tous les enfants font ça... Le foot serait-il, chez l'humain, comme une seconde nature ? Bonne journée. A demain.

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