Imaginez... le 14 juillet prochain... place de la Concorde... la tribune officielle qui regarde passer le défilé militaire... et autour du Président Nicolas Sarkozy... ce que Libération appelle "le carré des dictateurs"... Libération explique que "le dictateur syrien Bachar el-Assad est invité officiel au défilé du 14 juillet"... Et il n'est pas tout seul... A côté de lui, on trouvera le tunisien Ben Ali... sans doute aussi l'égyptien Hosni Moubarak... Des chefs d'Etat qui se voient récompensés pour leur participation au projet d'Union pour la Méditerranée, chère au Président français... Libération qui rappelle qu'il y a encore quelques mois, Bachar el-Assad "était traité en paria au sein de la communauté internationale, monde arabe inclus, pour l'implication présumée de son régime dans l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri"... Et du coup, Jean-Pierre Perrin, qui signe cet article, s'étonne de cette invitation... parce que "hormis la participation de Damas à la proclamation du projet de l'Union pour la Méditerranée, Paris n'a rien obtenu"... La Syrie est, par exemple, toujours qualifiée par l'ONG "Reporters sans Frontières" de "capitale de la répression"... Et en même temps, si la proclamation de l'Union pour la Méditerranée est prévue le 13 juillet à Paris... "un vent de fronde souffle depuis l'Algérie"... Là, c'est Denis Sieffert, dans Politis, qui rapporte que "les pays arabes, réunis vendredi à Alger pour préparer cette échéance, ont demandé à la France des éclaircissements sur la participation israélienne"... Le projet actuel contraint les pays arabes à un partenariat sans contrepartie de l'Etat hébreu... Alors certes, écrit l'éditorialiste de Politis, "cette normalisation des relations entre Israël et le monde arabe est souhaitée par la Ligue Arabe depuis 2002... mais elle est souhaitée en échange d'un retrait israélien des territoires palestiniens occupés depuis 1967"... Bon, du coup, on ne sait plus vraiment qui viendra, le 13 juillet, lancer à Paris cette fameuse Union pour la Méditerranée... Une chose est sûre, en revanche : le colonel Kadhafi ne sera pas là... "Europe-Méditerranée : Kadhafi dit non à Paris"... C'est en Une du Monde... qui explique que, pour le "Guide" libyen, le projet Sarkozy est une humiliation... Le Monde qui constate que cette fin de non-recevoir est adressée sept mois après une visite officielle, en grandes pompes, à Paris... Une autre union... l'Union Européenne... "Sur le fil du rasoir"... L'Irish Independent titre ainsi, ce matin... On parle bien sûr du référendum en Irlande... Oui ou non... C'est le Traité de Lisbonne qui est donc sur le fil du rasoir... Et le quotidien irlandais regarde le reste de l'Europe, qui assiste impuissant à ce vote... "une Europe sur le banc de touche", en attendant le résultat de ce scrutin... Et premier à attendre... la France... Eh oui, "un rejet éventuel des électeurs irlandais réduirait à néant les ambitions de la présidence française sur l'Europe de la défense, l'immigration et l'environnement", écrit Dominique Garraud, dans La Charente Libre... "Pour Nicolas Sarkozy, ce serait l'évanouissement de ses espoirs de voir sa présidence européenne compenser ses échecs domestiques"... "Sarkozy se trouve en quelque sorte à la merci des Irlandais", constate également Jean-Pierre Bedeï, dans La Dépêche du Midi... Mais le plus surprenant, pour l'éditorialiste, c'est "que l'Europe semble découvrir, à quelques jours seulement de l'échéance, l'importance de l'enjeu... Jusqu'à présent, elle ne s'est guère mobilisée pour convaincre les Irlandais du bien-fondé du Traité"... "L'ennui, analyse Jacques Camus dans La République du Centre... l'ennui, c'est qu'il y a peu de personnalités assez crédibles pour vendre l'Europe aux électeurs quand c'est nécessaire... Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, a confessé que les dirigeants européens 'parlent un jargon incompréhensible à leurs citoyens'... aveu un peu tardif", soupire Jacques Camus... Le constat est le même pour Fabrice Rousselot, dans Libération... "L'Europe, malgré les précédentes alertes, n'a pas su se rapprocher suffisamment de ses citoyens... Pour aller au bout de son projet politique, Bruxelles se doit, encore et toujours, de poursuivre son effort pour plus de transparence, moins d'élitisme et moins de bureaucratie"... Ainsi, c'est donc "la peur du non", titre en Une Libération... Et c'est toute l'Europe qui a peur des Irlandais... "Un peu plus de 3 millions d'électeurs ont entre leurs mains l'avenir de 500 millions d'Européens", résume El Pais... Ici et là, vous lirez les derniers sondages... Et toujours en Espagne, El Mundo retient les 25% d'indécis... Du coup, tout est possible... Heureux Irlandais !... "Ils ont de la chance", s'enthousiasme l'éditorialiste du Times, à Londres... "C'est le seul peuple d'Europe à voter sur le futur de l'Union Européenne... Privés de notre propre vote, nous espérons que les Irlandais parleront pour nous tous"... L'éditorialiste du Times n'est pas véritablement pro-Traité de Lisbonne... "Ce texte ne fait rien contre les gaspillages européens... Et il creuse le fossé entre le peuple et les élites... Pour lui, un non irlandais serait donc le signal que les dirigeants de l'Union doivent revenir à la table de travail"... Les éditorialistes français espèrent, eux, dans l'ensemble plutôt un oui... N'empêche... "Il ne fait aucun doute, dans l'esprit de Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi, que si des référendums étaient organisés dans tous les pays, le Traité de Lisbonne ne serait jamais ratifié... Alors oui, conclut-il, aujourd'hui la voix de l'Europe est irlandaise... Et il faut l'écouter"... Et pourtant... Qu'est-ce qu'ils doivent à l'Europe, ces Irlandais !, rappellent vos journaux... En Allemagne, Die Welt retrace le chemin parcouru par l'Irlande, "cette ancienne maison des pauvres de l'Europe"... C'est vrai, confirme Pascal Riché, sur Rue89... "Quand l'Irlande est entrée dans l'Union Européenne, en 1973, son PIB par habitant était d'un tiers inférieur à la moyenne européenne... Aujourd'hui, il se situe en seconde position, juste derrière celui du Luxembourg"... Sauf que, sauf que... "Le miracle irlandais s'estompe"... Joseph Limagne, dans Ouest-France, explique que "de mauvais indices économiques, des recettes fiscales en baisse, un ralentissement de la consommation et une chute sévère de l'immobilier... Comme partout dans l'Union, l'Europe, bouc-émissaire facile, est jugée responsable de la hausse des prix alimentaires et de ceux du pétrole"... Et en même temps... "Personne ne demande aux Irlandais la reconnaissance du ventre", écrit Jules Clauwaert dans Nord-Eclair... "mais juste un renvoi d'ascenseur : celui de la solidarité européenne"... Pour ça, on peut toujours attendre, semble dire Rémi Godeau, dans L'Est Républicain... puisque pour lui, l'idéal européen a tout simplement disparu... Et sinon dans la presse et sur Internet, ce matin, que pouvons-nous lire ?... "Jusqu'où ira le dérapage des prix?"... L'interrogation est en Une de La Montagne... Pour Le Républicain Lorrain, on a atteint "la cote d'alerte"... puisque "l'inflation ne laisse plus de répit au consommateur", constate le journal après l'annonce de plus de 3% d'inflation sur un an en mai... L'inflation qui fait la Une des Echos ce matin... Le journal en décrypte "les effets en chaîne sur l'économie française"... Ce sont "le pétrole et les produits alimentaires qui nourrissent l'inflation", précise La Tribune... qui constate que, du coup, "le monde se mobilise contre le pétrole cher"... Sur le même sujet, sur MédiaPart... longue analyse de Laurent Mauduit, qui explique que, si si, "le choc pétrolier est en train de provoquer une baisse du pouvoir d'achat en France"... même si, pour l'instant, l'inflation n'a rien de dramatique... En 74, elle atteignait 13,7%... 13,4 en 1981... Les prisons sont toujours en Une également, ce matin... La Croix constate qu'"un détenu par cellule"... c'est "une promesse non tenue"... puisque l’application du principe, inscrit dans la loi, d’un détenu par cellule serait repoussée à 2013... Et Le Midi Libre, sur le même thème, essaye d'imaginer "comment libérer des places dans les prisons bondées"... A signaler également... la Une de L'Humanité : "Grève à la SNCF, les vrais chiffres de la direction"... Le journal publie la carte de France de la mobilisation chez les agents de conduite mardi dernier... L'Huma explique que la direction indiquait 6,5% de grévistes... Pour le journal, c'est en fait 31% des agents de conduite qui étaient en grève... 9% dans la région la plus faiblement mobilisée... 60% dans celle qui l'était le plus fortement, à savoir le Languedoc-Roussillon... Et pour finir... retour à l'Europe... Dans Challenges, vous lirez que "Kouchner rêve d'obtenir la politique étrangère de l'Union"... C'est que, explique l'hebdomadaire, les négociations pour répartir les postes qui résulteront de l'application du Traité de Lisbonne sont bien entamées... Et mettre un peu plus de Français dans les instances européennes est aussi un objectif de la présidence française de l'Union... Sur Bakchich... vous lirez qu'il y a pléthore de candidats... Michèle Alliot-Marie, qui se verrait bien finir sa carrière à la Commission... Michel Barnier, qui aimerait bien aussi y retourner... sans compter Rachida Dati... Le JDD évoquait dimanche dernier cette idée de l'Elysée... une idée pour se débarrasser de l'ex-chouchou de Nicolas Sarkozy... Mais pour un membre français de l'administration communautaire, interrogé par Bakchich, "être commissaire européen, ça veut dire avoir l'habitude des compromis mous... Autant dire que Dati n'a pas le profil, et qu'elle provoquerait de belles crises"...

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