Victoire du parti de MAcron au premier tour des législatives, victoire de l'abstention aussi

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Premier tour des législatives, un coup d’œil d’abord sur les Unes de la presse

Même le New York Times en fait sa manchette : « Le parti d’Emmanuel Macron émerge en position de force »

Dans vos kiosques ce matin, Les Echos parlent de « l’Effet macron », c’est un « coup de maitre » pour le Parisien, une « OPA » pour Libération, « De la tête et des épaules » écrit le gratuit 20 minutes pour dire la domination du parti du président ,« Macron plie le match » pour l’Opinion, « Champion ! » s’exclame L’Equipe, mais ça c’est pour le vrai match d’hier, Nadal/Wawrinka à Roland Garros. Photo du président Macron hilare à la Une de la Provence qui parle de « Big Bang », « la république en marche, en force » pour la Voix du Nord, « le raz de marée Macron » pour Sud Ouest qui souligne que « la vague est encore plus haute que prévu », Mediapart pronostique une « Assemblée Macron horizon », l’Humanité « une chambre Bleu Macron », quand Slate parle déjà des « pleins pouvoirs donnés à Emmanuel Macron »

Honneur au vainqueur de ce premier tour donc, Emmanuel MAcron

« Quel premier tour ! » glisse le président à ses invités. Emmanuel MAcron a en effet organisé hier soir dans la salle des fêtes de l’Elysée, une soirée électorale avec 80 de ses proches. Buffet simple et convivial nous raconte Myriam Encaoua dans le Parisien. Sous les ors de la république, on s’enquiert du sort des camarades socialistes « Hamon éliminé ? je suis content lâche un proche du président, qui rappelle avec gourmandise les propos de martine aubry « vous vous souvenez de son Macron, ras le Bol ? aujourd’hui je me marre »

« Qui l’eût cru ? Qui l’eût dit ? » s’esbaudit Paul-Henri du Limbert à la Une du Figaro qui parle de « tonitruant dynamitage » de cette formation politique qui n’existait pas il y a 2 ans. « Emmanuel Macron est le baron Haussmann de la politique « s’aventure DOminique Jung dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, « il transforme le paysage à vive allure et de fond en comble, à charge pour lui de bâtir non seulement du neuf, mais aussi du beau, du costaud et pour bien faire de l’antisismique »

Si la réussite spectaculaire de ce jeune mouvement est unanimement saluée, quelques bémols : dans Libération, Laurent Joffrin souligne que « novice en politique, Macron est en passe de remporter le grand chelem le plus spectaculaire de la 5ème république, mais les vieilles structures se sont effondrées telle une charpente vermoulue. Coup de balai ? non, coup de plumeau…ce sont les autres qui tombaient en poussière. C’est un triomphe sans enthousiasme, une victoire écrasante et molle » écrit le directeur de Libé.

Car ce que vos journaux retiennent aussi, c’est l’abstention record de ce premier tour

« C’est l’abstention qui sort vainqueur du premier tour » affirme Patrick Appel Muller dans l’Humanité, une abstention que l’éditorialiste explique par « le fonctionnement pervers du quinquennat où l’élection des députés découle de celle du président, l’écrasement annoncé dit il du rôle de l’assemblée, l’hyperprésidentialisme affiché par Macron et sans doute une certaine lassitude après des scrutins à répétition ». Et si de fait, l’hégémonie des candidats de la république en marche est visible d’un seul coup d’œil à regarder la carte électorale publiée par le Figaro, cette abstention en appelle beaucoup à relativiser la victoire écrasante annoncée pour dimanche prochain. Michel Urvoy dans ouest France met en garde : « pour gouverner, il vaut mieux pouvoir compter sur une adhésion nette à son projet et avoir l’opposition au parlement que dans la rue, pour l’instant, on n’a ni l’un ni l’autre ». Dans le Figaro, Guillaume tabard suggère que cette victoire écrasante pourrait bien être « en trompe l’œil » dit il. « La progression de l’abstention montre à tout le moins que les français ne font pas du président le magicien que la Macron mania décrit ». Sur le site de l’Obs autre élément de nature à tempérer l’effet Macron mania, Baptiste Legrand relève qu’outre l’abstention, le score obtenu par les candidats de la république en marche et du modem, est historiquement bas. Jamais un président de la République n'avait obtenu un pourcentage aussi faible lors des élections législatives qui suivaient son accession à l'Elysée. En 1981, 54.4% des français avaient voté pour un parti soutenant François Mitterrand, en 2007, l’UMP à elle seule obtenait près de 40% des voix après l’élection de Nicolas Sarkozy, tout comme la majorité présidentielle de Hollande en 2012. Le succès de la République en marche tient donc plus écrit il à l’effondrement des partis qui pourraient représenter une opposition

Quelques focus et symboles maintenant de ce premier tour

Le secrétaire d’état au numérique Mounir Mahjoubi « dégageant » le patron du Ps jean Christophe Cambadélis dans sa circonscription parisienne, Le Parisien en fait un des symboles de la république en marche, comme l’ex candidat à la présidentielle Benoit Hamon « qui passe à la trappe » à Trappes en est un de la bérézina des socialistes. Libération souligne la concordance de date pour le Ps, « 11 juin 1971 ouverture du congrès d’Epinay, 11 juin 2017 restera dans l’histoire socialiste la pire défaite législative ». Mais c’est en feuilletant les journaux régionaux qu’apparait de la façon la plus voyante, le dégagisme en cours. Sud-Ouest titre sur « tous les sortants laminés en Gironde » par exemple, La Provence souligne que les Bouches du Rhône perdent tous leurs députés socialistes, dont Patrick Menucci d’ores et déjà éliminé par Jean Luc mélenchon « sur un petit nuage » nous raconte d’ailleurs la matinale du monde ce matin, et la candidate en marche corinne versini. « L’envie orgiaque de renouvellement écrit le quotidien ont également permis aux poussins de l’année en politique les candidats MAcron, de bouter le Front national de cet ancrage qui avait permis à Marine le Pen d’arriver en tête au premier tour de la présidentielle dans 5 des 6 départements de la région; le raz de marée mâche aussi nombre de barons les Républicains du Var et des Alpes Maritimes ». Une droite, deuxième force politique du pays, mais qui n’en est pas moins submergée par la vague, c’est d’ailleurs la photo d’une vague qu’a twitté dès hier soir le candidat Lr Gilles Boyer : dans toute l’île de France, En Marche balaie en effet tout sur son passage détaille Le Parisien, la droite dans ses bastions des yvelines et des hauts de seine, la gauche en seine saint denis. Même cause, mêmes effets note la Voix du Nord : aucun socialiste au second tour dans le pas de calais et le nord, le ps disparait du paysage parlementaire dans la région ».

On termine Hélène ..

En souriant avec la soirée électorale vue sur twitter, racontée sur le site de 20 minutes, les twittos se sont surtout moqués: de la palette rouge sur laquelle faisait campagne Jean christophe cambadélis désormais au rencard, de Manuel Valls présent au second tour, et déjà prêt à proposer ses services à Theresa May pour son futur gouvernement selon un malicieux, ou encore des futurs débats « houleux » à l’assemblée, avec photo d’une réunion du soviet suprême en ex urss et ce dialogue imaginé: « je suis d’accord » dit un député en marche, moi aussi, s’exclame un député ps, moi aussi renchérit un député Lr. Une majorité béni oui oui, revers d’une victoire écrasante…Willem ce matin dans Libération dessine Macron se sacrant lui-même roi, autour de lui, que des gens prosternés dont on ne voit donc…que les postérieurs!

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