On avale l'équivalent d'une carte de crédit de plastique chaque semaine, dit l'AFP quand les Echos et la Croix font leur une sur cette matière invasive. L'Express dénonce l'inégalité culturelle entre Paris que l'Etat subventionne et la province qu'il oublie. Le Figaro célèbre l'amour des Européens pour Woody Allen.

On parle d'une carte de crédit...

Une carte de crédit que vous avalez chaque semaine, que vous avalez vraiment, pas en une seule fois, non mais son équivalent, nous avalons cinq grammes de plastique chaque semaine, sous formes de micro-particules que l'on trouve dans l'eau en bouteille mais aussi les fruits de mer, la bière et le sel, et vous trouverez cette information sur les sites de la Libre Belgique, du Temps, du journal de Montréal, ou directement sur le site de l'Agence france presse qui relaie un rapport de l'université de Newcastle en Australie, commandé par l'organisation écologiste WWF, qui voulait donner un poids à ce que nous nous faisons, et l'idée de la carte de crédit leste une urgence qui leste nos journaux... 

Sur le site de Corse-Matin je vois les images tournées par Greenpeace de cette soupe de plastique qui flotte au large de la Corse, et les Echos et la Croix mettent le plastique à leur une.  La Croix me dit qu'en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans et se demande si l'on ne pourrait pas tout simplement interdire cette matière invasive; réponse, on ne peut pas hélas à court terme en tous cas, nous n'avons jamais autant produit de plastique, 359 millions de tonnes l'an dernier, 9 milliards de tonnes depuis les débuts de l'humanité... 12 milliards en 2050... Et dans les Echos je voit la plus parlante des courbes, elle s'envole vers notre plastification... "Homo plasticus" dit le Temps en suisse. 

On me parle dans la Croix et les Echos de modération et d'éducation, de l'interdiction du plastique a usage unique, de recyclage aussi mais il a ses limites, 104 millions dr tonnes de déchets plastiques seront encore abandonnés en 2030 dans des décharges à ciel ouvert. On me parle (puisqu'il faut croire) d'un plastique biodégradable fabriqué d'un roseau asiatique, et les Echos me jurent que l'industrie et la grande consommation sont conscients de l'enjeu.  Une carte de crédit de 5 grammes reste sur l'estomac. 

Je suis ce matin attiré par les dérèglements. La Montagne me dit que l'Auvergne manque d'eau, les cultures ont soif en Limagne et l'été on traverse les tourbières en basket...Je lis dans la Provence qu'un petit chien est mort, empoisonné d'avoir couru au bord de l'étang de Berre dans les émanations des algues vertes. Je lis dans la Charente libre que la saison des mariages a repris à l'ile de Ré mais cet engouement romantique pour l'ile est une autre nuisance, à force de faire la fête dans ses doux paysages, nous les abimons, nous polluons.

On s'inquiète également du vin...

Car Monsieur Trump voudrait taxer notre vin cette agression fait les unes de Sud-Ouest et de la Provence, mais, me dit le Bien public, on n'a pas peur en Bourgogne. On doit avoir raison, adossés à l'histoire. Le Progrès avant-hier, le Monde ce matin, nous racontent comment nos raisins sont ceux de nos ancêtres, le pinot noir ou la syrah ont  peine été modifiés depuis la période romaine, et le savagnin blanc qu'on cultive dans le Jura n'a pas changé depuis 900 ans. C'est une étude scientifique encore qu'a publié  la revue Nature plant, sait-on a quel point les études sont de la poésie,  quand elles racontent nos ceps, nés de vieilles boutures, et notre identité?   

Voilà notre pays; il est aussi de scandales qui dorment. Lisez bien cette semaine l'Express, qui souligne avec rigueur un scandale français, celui des privilèges dont bénéficie Paris au dépend de la province. On parle de culture. L'Etat dépense chaque année 139 euros par habitant de l'Ile de France, contre 15 euros par habitant dans le reste du pays. Cela s'explique bien sur par le poids des monuments de la capitale mais pas seulement, l'Etat finance à 100% l'Opéra de Paris mais à 21 % celui de Bordeaux,  l'Etat finance 100% du Grand Louvre mais financé à 1% par le Louvre de Lens, l'Etat finance 100% du Grand palais mais 27 % du Palais des ducs de Bourgogne à Dijon... C'est une habitude d'un pays centralisé...

On parle de forêts pour finir... 

Les forêts russes immenses dans lesquelles 100.000 personnes disparaissent chaque année, enfants fugueurs ou babouchkas alzheimer, et dans ce pays où l'Etat n'inspire plus confiance, ce sont des volontaires de la société civile, raconte le Figaro, qui s'organisent en sociétés de recherche, chercheurs à pied, pilotes d'hélicoptères, braves et organisés et qui disent un pays mieux que son pouvoir... 

Ces volontaires avaient il y a deux ans inspiré un film bouleversant  sur un enfant fugueur, "Faute d'amour' de Zviaguintsev... Et c'est curieux pour le cinéphile de lire ce qu'il a déjà vu, ce mercredi quand les films nous prennent, et le cinéma nous révèle, dans ce qu'il montre et dans ce qui l'entoure. Woody Allen a les honneurs d'une page dans le Figaro pour simplement cette nouvelle, nous l'aimons encore en Europe quand en Amérique, il est un réprouvé et un banni, depuis que le MeeToo et l'affaire Weinstein ont donné un poids politiques aux accusations de sa fille adoptive Dylan, qui affirme que son père avait abusé d'elle enfant... La justice n'a jamais condamné Woody Allen mais l'époque le condamne  mais son dernier film sortira en France et il tournera cet été en Espagne.. C'est un fait politique autant que culturel...

Dans les Inrockuptibles parle un autre monstre sacré et que ce soit une première nous raconte nos barrières, Alain Delon n'avait jamais parlé au journal culte des gauches culturelles, il a bien fait d'attendre car il parle bien et de cinéma, de son rapporta aux artistes, lui qui ne savait pas écrire et remettait son destin entre les mains de grands réalisateurs qu'il produisait aussi et il avait produit ce film en 1972, qui ressort aujourd'hui: "Le professeur" de l'italien Valerio Zurlini où dans les brumes de Rimini  il jouait un enseignant perdu dans un manteau trop grand et amoureux d'une de ses étudiantes. Delon producteur, avait imposé à Zurlini un montage serré et aussi un titre plus facile que celui qu'il voulait, emprunté à  Goethe : La Première Nuit de quiétude. Télérama et Libération le racontent, voilà nos monstres sacrés... Mais il se souvient, Delon que le film était beau, et sa musique aussi... 

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.