Ici aussi, des parents enseignent aux jeunes gens dont la peau n'est pas blanche à prendre garde aux policiers, France Info. En 67, la victoire des époux Loving contre la Virginie, la Croix. Un beau reportage du Monde a attiré l'attention sur la sucrerie de Toury qui va fermer, mais un an trop tard, l'Echo républicain.

On parle d'amour...

Et l'Humanité nous invite aux yeux d'Elsa mais mieux encore à son feu, le feu d'Elsa, titre superbe d'un hors-série de textes inédits et de photos sorties de l'ombre, dont le quotidien communiste nous donne un avant-goût, Elsa Triolet qui par Louis Aragon son homme incarna l'amour, le fou d'Elsa, les yeux d'Elsa, elle en riait et parfois en souffrait, "je suis la muse et la malédiction du poète, je suis belle et je suis repoussante, on me bourre de pensées et de sentiments comme une poupée de son, sans que j'y sois pour quelque chose", écrivait-elle, et la voilà donc par ses mots simplement: une écrivaine et résistante qui obtint le premier prix Goncourt de la France libérée, elle venait de la Russie révolutionnaire, elle avait aimé le poète Maïakowski, Maxime Gorki l'avait encouragée à écrire, elle maniait une langue lucide dans laquelle elle apostrophait Aragon dont l'amour proclamé était une dépossession...  "Ma peine te dérange, il ne faut pas que j'ai mal juste quand tu as tant à faire, même ma mort, c'est à toi que cela arriverait"... Et résonne la voix de tant de femmes... Elsa et Aragon reposent ensemble au moulin de Saint-Arnoult ce sont les mots d'Elsa qui ornent le tombeau, "Quand côte à côte nous serons enfin des gisants, l’alliance de nos livres nous unira pour le meilleur et pour le pire."

Dans la Croix je vois un couple sérieux comme l'amour qui est un combat, ils portaient un si joli nom, Loving, littéralement "en train d'aimer", Richard et Mildred Loving, lui était blanc et elle d'ascendance noire et indienne,  ils s'étaient mariés en 1958 à Washington et pour cela avaient été emprisonnés chez eux en Virginie qui interdisait encore les mariages mixtes, mais le 12 juin 1967, la Cour suprême leur donnait raison et ce fut la victoire suprême contre la ségrégation, et dans quelques villes on célèbre chaque 12 juin le Loving day. 

Je pensais encore tôt ce matin à Elsa et Aragon et je suis allé sur internet chercher des images de la tombe des époux Loving;  j'ai trouvé la photo de deux modestes pierres dans l'herbe en Virginie, mais aussi un article publié il y a trois ans sur le site de la télé publique américaine. Un petit-enfant des Loving refusait que l'on dise que sa grand-mère avait du sang noir, elle était simplement indienne, jurait-il, étrange pays où l'identité fracture même les combattants

Mais l'Amérique sait aussi se réinventer.

J'apprends par l'Opinion que contre Donald Trump des généraux veulent rebaptiser des casernes qui portent le nom d'officiers de la confédération esclavagiste, quelle étrangeté quand aucune caserne, par exemple ne s'appelle Grant, le général nordiste vainqueur de la guerre, qui fut ensuite président, et quelle incongruité quand un 5e des fantassins sont des noirs... Les généraux le savent, l'un d'eux qui commandait Fort Hood -un sudiste texan- avait baptisée le terrain de softball de la base Jackie Robinson, du nom du premier joueur noir de la ligue professionnelle de Base-ball! .

En France on parle de familles inquiètes...

Et dans cette enquête que met en ligne le site France Info, nous ressemblons à l'Amérique, car chez nous aussi, des  parents des aînés apprennent aux jeunes jeunes gens à ne pas faire de vague quand passe la police... Alexis qui est noir, qui a 21 ans,  à Reims , sent son corps se raidir "J'enlève ma capuche, les mains de mes poches, je fais attention à ma démarche, à ne pas faire remarquer ma couleur de peau."

Ce sont des peurs qui se transmettent, le père d'Alexis était arrivé sans visa en france, il en a gardé un tremblement durable, dans sa famille on porte toujours des papiers sur soi, même pour aller faire les vendanges, si jamais la police vous prenait pour un réfugié.. 

Une femme blanche parle aussi sur le site France info. Elle s'appelle Jessica Koumé, son mari Amadou est mort en 2015 dans un commissariat parisien, elle affronte la colère qu'elle lit dans les yeux de son fils, elle lui dit de faire des études de droit.

Dans marianne, le rappeur Akhenaton  dit que la société française a une profonde inaptitude au bonheur.

Le Un cette semaine pose une belle question, comment revivre ensemble,  cela n'évoque pas seulement la sortie d'un virus. Le metteur en scène de théâtre thomas Jolly parie que l'on refera société avec des récits imaginaires...

Pourquoi pas? le magazine des Echos raconte le grand Charles Dickens, qui dans ses livres inventa l'Angleterre avant la révolution industrielle, qui nous dira?

Et on parle d'une usine pour finir...

Que l'on a dite trop tard, la sucrerie de Toury dont l'Echo républicain et la République du Centre racontent depuis hier l'amère ironie. 

Elle doit fermer en octobre, tout est signé, mais pendant le confinement, ses ouvriers étaient pourtant des héros de la production, on y fabrique du gel hydro-alcoolique... Un salarié, Kévin Rabouin,  a écrit une lettre publique au Président de la République, qu'une grande journaliste du Monde, Florence Aubenas, a vu, elle a fait sur Toury un beau reportage qui attire les media.. "Il fallait venir il ya  un an", disent-il. C'est atrocement vrai.

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