"Qui bosse aujourd'hui ?"... "Qui bosse aujourd'hui ?"... C'est la Une de La Dépêche du Midi... Parce que d'accord, ce lundi de Pentecôte est à nouveau férié, note ce journal, mais toujours dans la confusion, et sur fond de polémique... Parce que la confusion, encore, ce ne serait pas bien grave, estime Marie-Louise Roubaud dans son éditorial... "Ce ne serait pas bien grave si le bilan de l'opération se passait à livre ouvert... livre comptable, s'entend... Depuis juillet 2004, rappelle l'éditorialiste, les employeurs versent à l'Etat une cotisation qui rapporte chaque année un peu plus de 2 milliards d'euros... une manne financière qui n'est affectée qu'en partie aux maisons de retraite... Et c'est de là que vient le malaise ambiant"... Dans L'Alsace, Patrick Fluckiger reprend l'affirmation du président des directeurs de maisons de retraite : vendredi, il disait que l'Etat n'a pas dépensé la totalité des sommes recueillies en 2006 et en 2007... Il en aurait utilisé une partie pour soulager le déficit de l'assurance-maladie... C'est que, écrit l'éditorialiste, "la construction des maisons de retraite progresse moins vite que le trou de la Sécu"... En même temps, n'exagérons rien, tempère Hervé Chabaud dans L'Union : la Cour des Comptes atteste que les sommes collectées sont bien affectées aux personnes auxquelles elles sont destinées... "L'Etat n'a donc pas réitéré l'escroquerie de la vignette... La vigilance sera pourtant nécessaire dans le temps : les mauvais travers ont toujours tendance à se répéter"... "S'il vous plaît, aidez-nous !"... La supplique des sinistrés birmans est à lire dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Les envoyés spéciaux du journal ont réussi à se rendre dans le district de Thanlyin, au coeur de la zone dévastée par le cyclone... C'est seulement à 20 kilomètres de Rangoun... Ceux qui ont tout perdu se sont rassemblés dans un monastère... Mais les moines s'excusent : "Nous n'avons pas assez de riz pour nourrir tout le monde"... Et quand un homme arrive avec un sac de riz sur l'épaule, il est accueilli en héros, constatent les journalistes... Une femme en colère leur explique : "Cette aide est vitale... Mais elle ne vient pas du gouvernement : ce sont de riches donateurs privés de la région qui nous soutiennent... On ne peut compter que sur eux"... Alors Le Parisien-Aujourd'hui en France précise, à la fin de cet article, que, pour des raisons de sécurité, les textes et les photos publiés ne sont pas signés... A la lecture du Figaro, on comprend pourquoi... "Vent de panique chez les généraux", rapporte Florence Compain, basée, elle, à Bangkok... "Tout à sa paranoïa, le général en chef Than Shwe a convoqué un conseil de guerre"... En cause : 30 Marines américains, débarqués en Thaïlande, à 12 heures de route de Rangoun... Ils sont là en mission préparatoire, dans l'espoir d'organiser un corridor humanitaire terrestre... Sauf que les généraux birmans les soupçonnent de vouloir envahir le pays... (on parle de 30 soldats américains) Mais surtout, la journaliste du Figaro explique que les autorités birmanes veulent surtout se réserver la distribution des vivres... et choisir leurs bénéficiaires... Le pillage de l'aide internationale, c'est le moyen de contenter l'armée... Des dizaines de soldats ont déserté leurs garnisons ces derniers jours, pour aller aider leurs familles sinistrées... En leur distribuant de la nourriture et du matériel, la junte espère limiter ces désertions... puisqu'elle laisse ses soldats revendre ses dons et améliorer du même coup leur solde... Alors quand même, "Médecins du Monde passent enfin le barrage birman"... C'est Rue89 qui le dit... "L'ONG a enfin reçu l'autorisation de distribuer elle-même son aide humanitaire aux sinistrés"... C'est donc un mieux... Mais cela reste une goutte d'eau... Il faut dire, dénonce Michel Lépinay dans Paris-Normandie, que "l'ONU est loin d'employer tous les moyens... L'ensemble de la communauté internationale joue le jeu de la légalité... Du coup, le pouvoir birman peut continuer sans vergogne à entraver l'action humanitaire... La Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi peut bien continuer à s'agiter dans sa prison... Personne ne prendra le risque, conclut l'éditorialiste, ni à l'ONU ni ailleurs, de fâcher les Chinois, principaux soutiens de la junte birmane"... C'est "les limites du droit d'ingérence", constate Yves Thréard, l'éditorialiste du Figaro... "Son exercice n'a d'impact que s'il s'arrime à une force militaire... Et encore... Le fiasco du débarquement en Somalie, en 1992, reste gravé dans les mémoires"... Autre conséquence du cyclone Nargis... la flambée des cours du riz... C'est à lire dans Le Figaro Economie... En une semaine, la hausse des prix a été de 10%... La Birmanie, c'est 4% de la production mondiale de riz... Elle devait exporter 600.000 tonnes cette année... Le manque est donc énorme, dans un marché qui subit déjà de graves tensions... Deux grands exportateurs de riz : le Vietnam et l'Inde, ont stoppé leurs ventes à l'étranger, pour réserver leur production au marché intérieur... Il n'y a plus que la Thaïlande qui dispose de stocks suffisants pour alimenter le marché international... Les marchés agricoles mondiaux, vus d'Europe... Dans le Financial Times, ce matin : "L'Allemagne réclame des critères plus élevés pour les importations alimentaires en Europe"... Le quotidien économique britannique rapporte que le ministre allemand de l'Agriculture veut forcer la Chine, l'Inde et les Etats-Unis à adopter de meilleurs critères environnementaux et sanitaires pour leur exportation en Europe... Ces propos font écho à l'appel de Paris en faveur de nouvelles barrières douanières... Le Financial Times rappelle que, le mois dernier, Michel Barnier, le ministre français de l'Agriculture, a appelé à moins de libéralisme dans le marché agricole mondial... Son homologue allemand lui répond donc, analyse le quotidien : "Nous avons besoin de plus de libéralisation du marché, mais avec des conditions équitables"... Et pendant ce temps-là... les champs de fraises sont abandonnés... The Independent se penche sur la crise des "strawberry fields"... Le quotidien britannique explique que des millions de fruits et légumes risquent d'être gâchés... En cause : le manque de main-d'oeuvre... Explication... Les années passées, les travailleurs saisonniers immigrés étaient nombreux à venir ramasser les fraises, les framboises et autres cassis... Mais cette année, des milliers de Polonais et d'Européens de l'Est sont retournés chez eux profiter du boom de leur économie... Et comme, parallèlement, les lois sur l'immigration des personnes extérieures à l'Union européenne ont été durcies, il n'y a personne ou presque pour prendre la relève... Les producteurs de fruits et légumes britanniques sont inquiets... L'un d'entre eux explique : "Normalement, j'ai au moins 6 mails par jour de gens me demandant un travail... Cette année, c'est à peine 6 par semaine"... Cet autre exploitant analyse : "Les ressortissants européens recherchent des métiers plus gratifiants... Ils vont travailler dans les usines, dans les hôpitaux... Ils sont embauchés aussi sur les projets olympiques"... Alors aujourd'hui, explique The Independent, les 50.000 tonnes de fruits qui doivent être ramassées d'ici la fin juin risquent bien de l'être par les oiseaux... Et sinon, dans la presse... "Ils mangent ce que les magasins jettent"... Le Parisien-Aujourd'hui en France est allé à la rencontre des RMIstes, des retraités ou des travailleurs pauvres qui se nourrissent en fouillant les poubelles des boulangeries et des supermarchés... Le phénomène inquiète les autorités... Du côté des commerçants, il y a ceux qui passent des accords avec les associations caritatives, et leur donnent leurs invendus en fin de journée... Et il y a ceux qui préfèrent dissuader la fouille des poubelles en arrosant leurs déchets d'eau de Javel... "Le facteur Besancenot"... C'est le jeu de mots en Une de Libération... qui revient sur la participation, hier, du porte-parole de la LCR à l'émission "Vivement Dimanche", sur France 2... une participation qui confirme son poids politique à la gauche de la gauche, selon Libé... une prestation qui entraîne également les commentaires de Jacques Guyon, dans La Charente Libre : "Besancenot ne fut ni vaincu ni convaincant... ni vaincu par l'ogre de la pipolisation... ni convaincant sur son rêve de révolution"... Frank de Bondt, dans Sud-Ouest, a eu, lui, le sentiment que "l'un des derniers bastions de la résistance aux forces libérales venait de céder, emporté par le courant du temps... un temps où les JO vont à Pékin et Besancenot chez Drucker"... "Attention, nous serons tous fichés !"... Le passeport biométrique fait la Une de France-Soir... qui dénonce une évolution qui se fait sans passer par le Parlement, et contre l'avis de la CNIL... Sur Bakchich, vous lirez, sur ce sujet, que "le passeport biométrique se met le doigt dans l'oeil"... "A quoi peut bien servir une empreinte digitale dans la puce du passeport si un enfant peut se bricoler une fausse empreinte et un faux doigt ?"... La recette, explique Bakchich, est disponible sur le Net... Et puis, pour finir... c'est à lire dans Libération... un grand reportage sur la Russie et ses diplômes à vendre... Parce que "l'enseignement n'échappe pas à la corruption qui mine tout le pays"... Du coup, brevets de fin d'études, certificats et autres diplômes sont proposés sur Internet ou dans les couloirs du métro... On peut aussi, en fin d'année, payer un prof pour qu'il améliore les notes... Alors quand même, une agence qui vend des diplômes de médecine recommande à ses clients de ne pas les utiliser pour briguer des postes à trop lourdes responsabilités...

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