La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence Hélène par un témoignage

Un texte adressé à Claude Askolovitch, chroniqueur à Slate qui avait exprimé sur les réseaux sociaux l’ « embarras » que lui inspirait l’affaire Baupin. Il y voyait disait il, plus de lynchage que de justice…un témoignage envoyé par une jeune femme croisée au cours de sa vie professionnelle, et que Slate publie donc

« J’avais 25 ans raconte t elle, et j’avais décroché le job de mes rêves dans un cabinet ministériel. Un 26 décembre, dans des bureaux déserts, mon directeur de cabinet me demande de venir récupérer des dossiers dans sa voiture. Il m’a ordonné de monter, emmené dans sa maison de campagne à 2 heures de Paris. » Malgré son insistance, il refuse de la ramener, elle finit par s’endormir sur le canapé du salon, il la porte sur son lit. Aussi simple que cela. « c’est bruyant un viol, il y a nécessairement des cris, du verre brisé et des larmes. Ca peut aussi être très tranquille un viol, le silence enfoncé dans la gorge, les yeux au plafond »

Des années plus tard, poursuit elle, je continue à me trouver aussi responsable que lui, responsable de ne pas avoir su dire non. Culpabilité commune à toutes les victimes, mais ce que cette jeune femme raconte, c’est aussi comment dans notre pays, notre culture nous apprend à minimiser ces actes. La première fois qu’elle a raconté cette histoire en France, une ancienne collègue lui a dit « c’est hyper romantique ce kidnapping ». Elle part travailler aux états-unis, et face à la même histoire, ses amis américains horrifiés lâchent « c’est une agression sexuelle »…là bas, j’aurais peut être porté plainte, en France, je n’avais aucune chance. On a déjà du mal avec les lignes rouges du harcèlement sexuel, alors les zones grises…Aujourd’hui, dit elle, il faut parler, parler, comprendre que la drague lourde à la française n’est pas toujours innocente. Sans tomber dans l’excès anglo saxon d’une liberté sexuelle sous surveillance, il nous incombe à nous femmes françaises, de changer Notre regard sur nos drôles de coutumes où ce sont toujours les mêmes qui jouissent sans entrave ». Ca peut être très tranquille un viol. A lire sur Slate.fr

Ce matin, retour évidemment sur le « psychodrame » de la motion de censure de gauche » qui s’est joué hier à l’assemblée nationale

Psychodrame qui s’est joué « en vrai », mais digne des meilleurs scenari de séries américaines, et bien justement, petite passe d’armes hier sur twitter entre la plus illustre série politique du moment, House of Cards et notre premier ministre. Raconté entre autre sur le site du Huffington post. Dans l’après-midi l’équipe de la série se fend d’un tweet ironique à l’endroit de Manuel Valls après qu’il a dégainé son 49.3 « la démocratie c’est tellement surfait » se moque la star de la série Franck Underwood, président habitué aux coups bas politiques. Une heure plus tard, le premier ministre trouve le temps de répondre « cher Franck, la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres », photo de Churchill à l’appui.

Bon, ça c’était le moment détente, quand il s’agit de dialoguer avec un personnage de fiction. Dans la vraie vie, c’est sans doute Laurent JOffrin dans Libération qui trouvé la formule la plus assassine pour résumer ce qui s’est joué hier : « En 1978 rappelle t il, quelque 900 membres de la secte de Jim Jones se suicidaient collectivement. La secte de Jim Jones d’aujourd’hui, c’est la gauche française ». Pour tous les éditorialistes, qu’ils le fustigent ou s’en réjouissent, il y a de fait désormais « deux gauches irréconciliables », copyright Manuel Valls, et le basculement s’est bien fait hier, avec cette volonté inédite sous la Vème d’être prêt à censurer son propre gouvernement.

Mais au-delà de la fragmentation de la gauche, « jamais dit le politologue Gérard Grunberg dans les Echos, le PS depuis 1971 n’a connu une telle crise », la presse souligne ce matin, le curieux paradoxe politique que nous vivons. « La gauche se saborde en s’invectivant écrit Alain Duhamel dans Libération, et pendant ce temps, la droite avance avec des réformes radicales. Tous les candidats à la primaire préconisent une rupture qui rendrait lilliputiens les efforts de modernisation des lois Macron ou El Khomri écrit il » Oui, c’est un paradoxe, résume t il, car les français sont hostiles aux maigres ambitions de cette loi el khomri, mais s’apprêtent à porter au pouvoir ceux qui veulent chausser des bottes de 7 lieues pour avancer vers une économie franchement libérale. » Libération détaille ce qu’elle appelle en une « le festival libéral de la droite », L’Obs titre pareillement sur « Ce que vous réserve la droite ». « Se pencher sur les candidats à la primaire, c’est découvrir la potion que nous infligera le probable chef de l’état » prévient renaud Dely, « Cette potion promet d’être amère »…promesse de révolution libérale encore jamais entreprise en France. 35H aux oubliettes, syndicats court circuités, licenciement facilité, 300 000 postes de fonctionnaires à trouver et 100 millions d’économie de plus… »Cette surenchère radicale reste d’ailleurs le dernier espoir de François Hollande » conclut le journaliste. En attendant, c’est bien la gauche qui est fragmentée façon puzzle

Dans la presse ce matin Hélène, du nouveau dans l’affaire de la gestion de l’ex région Poitou Charente

« La défense de Ségolène Royal mise à mal » titre Sud ouest ce matin. Sud Ouest qui a eu accès à l’audit définitif du cabinet Ernst and Young portant sur l’ex région présidée par Ségolène Royal. Une première synthèse avait mis au jour en février 132 millions d’euros d’impayés, provoquant l’ire de l’actuelle ministre qui avait parlé de règlement de comptes politiques et mis en avant des « problèmes techniques » de fusionnement de systèmes informatiques pour expliquer l’ardoise, un de ses opposant avait parlé de « Poitou papers ». Le nouveau document semble confirmer le recours à un système de cavalerie pour couvrir des dérives financières de la région à partir de 2013. Des notes qui doivent maintenant être confirmées ou infirmées par la chambre régionale des comptes qui procède en ce moment même, elle aussi à un audit

Et puis autre embrouillamini Royal si vous me permettez..La bévue de la Queen, la vraie, celle d’Angleterre. Mardi, lors d’une garden party dans les jardins de Buckingham, Elizabeth 2 s’entretient avec à la commandante de la police londonienne qui était chargée de la sécurité lors de la visite d’état du président chinois XI JINPING. « des membres de la délégation chinoise ont été très impolis avec l’ambassadrice britannique » lui confie t elle. Shocking, les propos sont enregistrés par la bbc et diffusés, y compris en chine via sa chaine internationale. Mini incident diplomatique, Pékin censure l’extrait.Comment après 70 d’expérience, la reine a-t-elle pu commettre une telle bévue ? La faute à son parapluie nous explique dans un long article, The Telegraph ce matin. Parapluie en plastique sous lequel la reine se croyait à l’abri des micros. Raté, le parapluie en forme de cloche a au contraire, amplifié le son et rendu très audibles ses propos. La reine victime d’un parapluie en plastique…

On termine par du cinéma

Ils ne sont jamais allés à Cannes. Mais ils ont joué à leur manière, des scènes de Pépé le Moko ou de la Passion du Christ, elle a posé en sirène pour jouer elle aussi à la star, pas sur la croisette mais allongée sur des sacs poubelles, des coquillages posés sur les seins. Marie et Alain, vies abimées, gueules cassées, ce couple de Wazemmes a embelli son quotidien en s’inventant d’autres vies sous l’objectif du photographe Flavio Tarquinio. Emouvant Port Folio publié dans l’OBS cette semaine. Y a Clooney, Julia Roberts attendus aujourd’hui à Cannes et puis il y a Marie et Alain…tout le monde a le droit de se faire son ciné

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