La revue de presse, par Laetita Gayet.

Réparer la France.

C'est un combat pacifique écrit Guillaume Goubert dans LA CROIX. Mais comment réparer cette France morcelée ? Le journal donne des mots clés. Il faut aimer en luttant contre les inégalités dit François Soulage, le président du collectif Alerte qui regroupe 38 associations du Secours Populaire à Familles rurales. Il faut espérer, donner un écho aux initiatives citoyennes.

Il faut aussi appaiser. Car 5 jours après le second tour, l'élection présidentielle a laissé des traces dans les familles françaises. Divisées comme le reste du pays, écrit LA CROIX, elles ont été traversées par de vives tensions. Claire et Bénédicte partagent pas mal de choses. La quarantaine toutes les deux, enfants du même âge, et même beaux-parents. Moi, je suis de gauche dit Claire, l'enseignante pro-Hamon. Bénédicte, dermatologue est plutôt à droite.

Tout allait pour le mieux, jusqu'à ce repas de famille où Bénédicte annonce qu'elle votera Fillon au premier tour. Ça m'a sciée dit Claire. J'ai trouvé ça réac. Je me suis dit qu'au fond, on ne partageait rien. Serge et Isabelle juppéistes ont dû affronter leur fils Etienne, fan de Mélenchon. Il nous a caricaturé et nous a dit des choses très violentes. Résultat dans cette famille plutôt unie, on a évité de se croiser avant le scrutin. Et on parie sur un apaisement post-électoral.

La présentation hier, de la liste des candidats de La République En Marche! est-elle de nature à apaiser ?

L'histoire le dira ou pas. Mais leurs portraits s'étalent à la Une de l'ensemble de la presse quotidienne régionale ce matin.

Ainsi dans LA NOUVELLE REPUBLIQUE, on découvre pour l'Indre, Elodie Farman, ingénieur agricole et Sophie Guérin, adhérente du MoDem.

Il faut bien le reconnaître dit le journal. On ne les avait pas vues venir.

LA PROVENCE présente Corinne Versini, chef d'entreprise qui aura la dure tâche d'affronter dans la 4ème circonscription de Marseille et Patrick Mennucci et Jean-Luc Mélenchon.

Etc, etc...

OUEST-FRANCE et LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE optent pour le subtil mélange des connus - moins ou pas connus. Connus, Cédric Villani, le génie des maths. Gaspard Gantzer, le conseiller de François Hollande. Moins connue, Aude Amadou, ancienne joueuse de handball professionnelle. Hervé Berville, économiste de 27 ans. Reste le plus dur pour les novices écrit Henri Vernet du PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, convaincre les Français et se faire élire.

Les novices, THE GUARDIAN, et le WASHINGTON POST ne remarquent que ça dans la liste.

Pour le site POLITICO, Emmanuel Macron fait tout simplement, un pari avec eux.

Pas de pari sur le cas de Manuel Valls en revanche.

Emmanuel Macron a tranché. Il préserve l'ancien Premier ministre, mais il tue ses soutiens écrit Mathilde Siraud dans LE FIGARO. Il cherche à limiter son influence. Pas de candidat de LA REPUBLIQUE EN MARCHE en face de lui. Un proche amer y voit le baiser qui tue. Il ne lui donne pas les moyens d'exister. Macron sauve la figure de proue après l'avoir émasculé.

Reste que cette liste fut le résultat d'un accouchement difficile.

En politique, c'est bien connu écrit Hervé Favre dans LA VOIX DU NORD, les difficultés commencent avec les investitures. Première faille, François Bayrou qui attendait plusse de sièges grâce à son alliance avec Emmanuel Macron.

C'est une opération recyclage du Parti socialiste. La grande lessiveuse. Je ne laisserai pas faire ça a dit le maire de Pau à L'OBS.

Au QG d'EN MARCHE on balaye ça d'un revers de main dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE. C'est une tempête dans un verre d'eau.

Le but était de sélectionner les gens avec le meilleur profil. Un proche de Macron prévient : "C'est de la politique à l'ancienne. Nous, on n'adaptera pas nos critères.

François Bayrou a déjà suffisamment de circonscriptions gagnables, mais il en veut un peu plus note un autre dans LES ECHOS. Leçon du jour conclut Cécile Cornudet : "Refonder la politique ne signifie pas s'en épargner les tracas"

Mais la liste des candidats de LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE! n'est pas complète.

Il reste une semaine. Et le HUFFINGTON POST explique si le mouvement d'Emmanuel Macron n'a pas encore de candidat partout, c'est parce que le président a décidé de ménager certains ténors socialistes mais aussi des ténors de la droite qu'il espère rallier. Photo de Bruno Le Maire à l'appui.

La théorie du PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE est qu'il veut plus prosaiquement, faire imploser la droite. Cette manoeuvre ne doit rien au hasard, écrivent Valérie Hacot et Henri Vernet. Elle a été mûrement réfléchie et élaboré par Emmanuel Macron lui-même.

La preuve par Xavier Bertrand dans LE FIGARO.

J'ai répondu non au ralliement. Mon nom a continué à être évoqué par les équipes de Monsieur Macron pour entretenir le doute. Pendant ce temps, ça permet de discuter avec d'autres. Vous avez devant vous quelqu'un qui a servi d'écran de fumée.

Deux réflexions à tout cela ce matin.

La première vient de Tony Blair. L'ancien Premier ministre Britannique signe une tribune dans LE MONDE. Il ne faut jamais perdre la force que nous ont donnée ceux qui nous ont portés au pouvoir.

Le problème quand on promet le changement, c'est que les gens sont d'accord de façon générale. Mais ils ne le sont plus malheureusement quand on rentre dans le détail.

La méthodologie de la réforme est donc importante. Et il convient de ne pas confondre stratégie et tactique. L'objectif est gravé dans le marbre dit Tony Blair. La tactique peut être plus souple. Il faut tempérer la dureté des réformes afin de les rendre réalisables.

L'autre réflexion est menée par Philippe Besson, l'écrivain devenu intime des Macron. Dans LES ECHOS WEEK-END, il décrit le Emmanuel qu'il connait. Abusant de références aux Tontons flingueurs, film qu'il révère. Il subsiste chez lui selon Philippe Besson, un part de lui-même qui est toujours éberlué par le résultat. Quelle sera sa capacité à agir ? En attendant la réponse à ces questions qui fâchent dit l'écrivain, restons sur l'image du jeune homme parti à l'abordage. Quoi qu'on pense de lui, il démontre qu'il s'est passé quelque chose. Et il porte la promesse que rien ne soit plus comme avant.

Le pouvoir de l'image, il est aussi abordé dans un autre registre par Charlotte Gainsbourg dans le Magazine M.

Les Fantômes d'Ismaël, film d'Arnaud Desplechin dans lequel elle a joué, fera l'ouverture du Festival de Cannes. Elle n'aime pas son image vieillisante Charlotte. Elle qui a toujours paru jeune, a vu ses traits se creuser. "Si je n'ai plus ma jeunesse... qu'est-ce qui me reste?" Charlotte Gainsbourg raconte sa jeunesse. A l'école mes parents étaient fréquemment insultés. Ma mère était une pute et mon père un drogué. Dans les années 70-80, c'était un cauchemar. Aujourd'hui, mon père... est devenu intouchable. Ce père qu'elle aime plus que tout, la fait tourner dans Charlotte forever. C'était compliqué. Il était saoul en permanence. Je me transformais en flic sur le tournage. L'héritage du père et de la mère lourd à porter. Il reste le bonheur modeste de se retrouver dans un film américain avec l'assurance d'être là pour ses seules qualités. Pour les films français, le doute subiste toujours. L'impression de bénéficier d'un passe-droit. Comme si elle était la fille d'une famille royale. Charlotte Gainsbourg, une actrice qui ne se regarde pas.

Mais qui s'écoutera tout à l'heure chez Augustin Trappenard dans Boomerang.

Evidemment.

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