Un milliardaire suisse vêtu fluo vient fabriquer des masques en Bretagne, Ouest-France, France bleu, le Télégramme.

On parle de grains de riz…

Des grains de riz en tas pas bien haut pas bien larges, que vous voyez dans le Monde, dans une série de photos très belles et sombres, toutes composées de la même manière, d’un côté donc un tas de riz, quelques patates, des oignons et en face des êtres humains à la peau sombre et aux traits fins, qui portent des masques et pour les femmes des tissus colorés recouvrant les cheveux, un homme en chemise souffle la fumée de sa cigarette autour de sa compagne, des enfants s’accrochent à leurs mères: ce sont des habitants du bidonville de Korail à Dacca, capitale du Bengladesh, qui travaillaient avant la pandémie du Covid 19 et qui ne travaillent plus, et que l’on voit à côté de leurs réserves de nourritures pour les jours à venir… 

Et par ces photos du grand documentariste  Mohamed Rakibul Hasan vous comprenez ce ce qu’est le dénuement alimentaire,  et ensuite vous pouvez lire sur le site du Monde l’article factuel que ces photos accompagnent, sur la crise alimentaire mondiale qui s’aggrave: nous étions avant le virus une planète où 820 millions de personnes souffraient de la faim, on rajoutera à la foule des mal-nourris 14 millions de personnes, ou 38, ou même 80, tout dépendra de l’ampleur de la récession… 

Les récoltes de pomme de terre pourrissent dans des hangars en Guinée, des étudiants vivent des soupes populaires en France, on fait la queue à Genève pour un repas de charité et des enfants grandissent anémiés et leurs enfants le seront… C’est donc dans le Monde, quand sort aujourd’hui un rapport sur la malnutrition mondiale..

Vous lirez aussi sur les sites du Point et de la Vie des reportages sur cette faim qui enserre nos, villes, que contiennent des bénévoles qui sont un ultime recours…  Dans la Vie parle Odile, qui a trois enfants: avant la maladie dit-elle, il y avait toujours moyen de s'en sortir, en glanant à la fin des marchés ou en faisant des petits boulots, maintenant ce n’est plus possible… Elle pourrait aussi bien vivre au Bengladesh mais elle est de Nanterre. 

On parle aussi d’un milliardaire…

Qui hier à Ploufragan, Côtes d’Armor, distribuait du chocolat suisse aux élus qui l’entouraient, et les photos disent une puissance. Au milieu d’hommes en simple costume, Abdallah Chatila, qui est donc suisse né au Liban, était vêtu d’un blouson d'étudiant américain orné de motifs fluos, porté sur un sweat à capuche de couleur bleue, sauf une manche rose, égayé de fleurs et tournesols, mais qu’importe l’esthétique puisque le milliardaire était venu relever une usine fermée, pour créer une fabrique de masques, c'est le produit du temps, et l’on comprend la fébrilité grave de l’accueil hier, que montrent Ouest France, le Télégramme et le site de France bleu

Il y a quelques mois, Abdallah Chatila s’était fait connaitre en achetant aux enchères des objets ayant appartenu à Adolf Hitler, dont un chapeau haut de forme… Puis il les avait offert à des institutions israeliennes qui gardent la mémoire de la Shoah, il ne voulait pas que les objets du monstre tombent aux mains de néo-nazis. Le Point avait alors rencontré Chatila, déjà vêtu d'un sweat-shirt, il veut maintenant, sortir l'Europe de sa dépendance à la Chine en matière de masques... Je lis aussi que le milliardaire est un ami du toujours député ex LREM des Français de suisse Joachim Son-Forget, personnage de provocations délétères sur les réseaux sociaux.. C’est Son Forget qui a conseillé à Chatila d’investir en Bretagne… Quels étranges détours prennent les espérances des hommes.

Pendant ce temps, l’Opinion me dit que le virus aura accéléré adaptations et progrès dans des entreprises. L’Indépendant me montre un patron nommé Daniel Atlan, qui à Narbonne a réorganisé la sécurité et les marchés de sa PME en machines et produits de blanchisserie, les détergents et virucides marchent. On travaille donc, mais dans le même Indépendant, je lis la folie de ces amateurs de cigarettes qui se sont agglutinés hier au Perthus, village français et espagnol où le tabac est bon marché… 

Je lis dans le Figaro, après Nice-Matin et le Parisien, que la situation est tendue à Nice entre des dealers et des  familles originaires de Tchétchénie, qui les ont chassé de leur territoire. Des jeunes Tchétchènes ont été blessés par des tirs en avril, la voiture d'une locataire qui soutenait les familles tchétchènes été incendiée. Ce sont les Tchétchènes qui ont sollicité les jour aux, me dit le Figaro, pour jurer qu’il ne s’agit pas d’une guerre communautaire ou d’une bataille de gangs... 

Et on parle enfin de poussins!

Des poussins de douces couleurs jaunes grises, les poussins du Gravelot  à collier interrompu, c'est un oiseau nicheur que la nature a doté du don de camouflage, puisque ses oeufs et ses poussins se confondent avec le sable et les galets de Bretagne où il niche, mais ce don est aussi un malheur quand les lourdes chaussures des hommes martèlent le littoral et sans les voir écrasent les oeufs, dispersent les petits. C'est chaque année une hécatombe mais cette année est plus redoutable parce le confinement a donné aux oiseaux l'illusion de la paix, pas seulement le Gravelot mais aussi le Vanneau huppé, l'Alouette, qui ont profité des dunes, mais nous revoilà. A lire ce petit article de Ouest-France, on se sent comme rarement de trop dans la nature, on fera attention, promis...

Allons, de l'indulgence... Dans Libération vous lirez un braqueur émérite et sexagénaire, qui est sorti de prison le temps de la crise du coronavirus, en permission sanitaire donc, il travaille comme livreur et regarde Paris en attendant de retrouver la santé... Mais dans sa vie de taulard Khaled Miloudi est aussi devenu écrivain et poète, et il ne parle pas seulement de lui dans ses vers. "J’ai de la prison incrustée dans tout le corps. Dans le cervelet, des milliards de secondes, comme des tumeurs à enlever."

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