Il n'y en a que pour lui ce matin dans la presse... Jacques Chirac... Et sur tous les tons... C'est un peu à chacun sa chanson... "Je suis venu vous dire que je m'en vais"... C'est le dessin de Delestre, en Une de L'Est Républicain... "Voilà, c'est fini", pour le titre de l'éditorial des Dernières Nouvelles d'Alsace... Et Olivier Picard écrit : "Ce n'est quand même pas tous les jours qu'un chef d'Etat vous dit : "Je vous aime"... Et il l'a dit... Il l'a dit aux Français... Ca avait de l'allure... Ca avait de la gueule, comme on dit"... Alexis Brézet, dans Le Figaro, n'en revient pas non plus... "Ce que l'on ne pouvait pas prévoir, dans l'allocution de Jacques Chirac, c'était le ton émouvant et pudique... ce "Je vous aime" adressé à la France et aux Français... ses accents de poignante sincérité, auxquels cet homme ne nous avait pas habitués"... Alors plusieurs journaux saluent ce matin la prestation du chef de l'Etat... Le Parisien-Aujourd'hui en France... "Chirac réussit sa sortie"... "Chapeau !", s'exclame France Soir... Dans Sud-Ouest, Bruno Dive applaudit... "L'un des meilleurs discours de la longue carrière du Président"... "L'adieu aux urnes", pour La Dépêche du Midi... "L'heure du testament", selon La Charente Libre... Et dans Nice Matin, Marc Chevanche a le sentiment que "même ceux que Jacques Chirac a pu décevoir devraient être sensibles à cette déclaration d'amour"... En même temps... c'est Jean-Michel Helvig qui l'écrit dans La République des Pyrénées... "Jacques Chirac avait d'autant moins de raisons de rater sa sortie qu'il était déjà sorti de l'esprit de ses concitoyens"... Alors oui bien sûr... dans les commentaires, il y a aussi celui de Pierre Taribo, dans L'Est Républicain... "Le dernier luxe, pour le Président qui nous quitte, aura été de survendre son bilan... Après l'avoir écouté, les Français se demandent où se cachent les trésors qu'il nous a décrits... Ils pensent plutôt qu'il y a eu plus de batailles perdues que de victoires sur le terrain des réformes... Mais en pareille circonstance, qui ferait l'aveu de ses échecs ?... D'ailleurs, à quoi serviraient les discours d'adieu, s'ils n'enjolivaient pas les hommes et les situations ?"... Bon alors et maintenant ?... Puisque Chirac part... Qui pour lui succéder ?... C'est bien sûr tout l'enjeu de la campagne électorale que nous vivons en ce moment... Tous vos journaux notent bien sûr que s'il a décidé de ne pas briguer un nouveau mandat, Jacques Chirac a adressé plusieurs messages aux Français, et donc indiqué une feuille de route à son successeur... Pas de soutien effectif à l'un ou à l'autre des candidats... pas pour l'instant... "Nicolas Sarkozy va devoir attendre", souligne Le Figaro... "Même, s'il n'y a pas de doute, il lui apportera son soutien dans quelques jours"... Dans L'Humanité, Pierre Laurent souligne qu'"en appelant Nicolas Sarkozy à la rescousse au lendemain de la victoire du "non" au référendum, Jacques Chirac assumait déjà de fait le passage de flambeau"... Le problème... c'est l'analyse de Jean-Yves Boulic dans Ouest-France... "le problème c'est qu'en réalité, le Président n'aime aucun des trois prétendants susceptibles de lui succéder à l'Elysée"... Et en fait, c'est le choix des Français qui donnera un sens aux mandats du Président sortant... C'est Jean-Michel Thénard, dans Libération, qui explique... "Si les électeurs désignent Royal, Chirac devra admettre qu'il a surtout alimenté leur désir de changement... S'ils choisissent Bayrou, cela signifiera qu'en douze ans, le chef de l'Etat a à ce point abîmé la politique que les gens ne croient plus en rien : ni à la gauche, ni à la droite... S'ils élisent Sarkozy, Chirac pourra en déduire que les Français l'applaudissent"... Quel que soit le successeur, une chose est sûre, écrit François Ernenwein dans La Croix... "ce sera un saut de génération... La politique française va changer d'air... Ce saut de génération annonce aussi une autre approche... à la fois plus directe et plus modeste... mais, peut-on espérer, plus en prise avec notre temps... plus adossée à la société"... Alors dans quasiment tous vos journaux ce matin, vous pourrez revivre les années Chirac... "40 ans de vie politique"... retracés en photos dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Et pour tout dire, c'est cette longévité qui étonne les journaux étrangers... Le Frankfurter Allgemeine Zeitung revient, en Une, sur "les douze années de Présidence de Chirac"... En Espagne, El Mundo titre sur "Chirac : douze années d'ombre et de lumière"... Même idée dans La Libre Belgique... "Promesses non tenues, mais passé assumé"... Jacques Chirac quitte la scène sur un maigre bilan économique et social... Mais il a aidé la France à assumer les pages sombres de son histoire", pour nos voisins belges... En Angleterre, le Daily Telegraph a bien du mal à expliquer à ses lecteurs le départ de "ce vétéran de la politique... Imaginez, écrit le quotidien britannique... Il a obtenu son premier poste ministériel dans le gouvernement du Président Charles de Gaulle, en 1967... Il était Premier ministre du temps d'Harold Wilson" (certainement une référence incontournable pour les Anglais)... Bref, conclut le Daily Telegraph, "le départ de Jacques Chirac marque un moment historique pour la France et pour l'Europe"... Pour terminer, retour à la presse française... et plus particulièrement à Libération... Libé qui donne la parole à plusieurs personnalités, sur le thème... "Chirac, ils l'ont aimé un peu, pas trop, pas du tout"... Parmi ces personnalités, le président d'Emmaüs, Martin Hirsch... Lui, il retient... "un élément singulier dans son bilan... quelques millions de vies sauvées grâce à la sécurité routière... peu d'actions sont aussi notables"... Un journaliste japonais regrette... "Vu son âge, il est inévitable qu'il quitte l'Elysée... Mais pour nous Japonais, c'est une vraie perte... Ma crainte aujourd'hui, c'est que la France s'américanise"... Et pour finir, ce propos signé du couturier Christian Lacroix... "Une sensation de gâchis, de rendez-vous manqués... avec une irrépressible sympathie... irritée certes, mais bien réelle... pour ce "pistachier"... "Pistachier", c'est un mot arlésien, intraduisible, qui veut dire à la fois truqueur, malin et bon vivant... Un pistachier toujours estimé, continue Christian Lacroix, comme un vieux cousin un peu turbulent, sans qui les réunions de famille ne seraient pas ce qu'elles sont... Je crois qu'on va moins de marrer"... "Encore battu au Parc, Paris fonce dans le mur", titre le Parisien- Aujourd'hui en Franceaprès la 7ème défaite du PSG... "La situation est grave et préoccupante", résume Paul Le Guen... "marqué mais pas abattu", souligne le quotidien populaire... Décidèment, ce matin, le sport est en pleine tourmente, avec, à la Une de L'Equipe, "La grande désillusion"... Le quotidien sportif nous indique que le Quinze de France ne réussira pas le Grand Chelem... Midi Olympique titre sur le "Non de la Rose", après la défaite de la France (26 à 18) face à des Anglais qu'on disait sur le déclin... A lire aussi dans L'Equipe, la grande interview sur l'avenir du cyclisme d'Eddy Merckx, surnommé en France le "Cannibale" pour son appétit de victoires !

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