Les Parisiens innocents punis de pollution, le Parisien. Un village puni par des éoliennes, le Dauphiné. Un renard puni par des poules, Ouest-France. La France du minitel voulait interdire internet, le Monde. Une avocate des droits de l'homme et de la femme, Nasrin Sotoudeh condamnée en Iran à la prison et au fouet.

On parle d'un homme puni ce matin...

Un homme que la Voix du Nord sort de sa solitude, dont le football est la vie mais qui en est privé par sa faute... Et en ce jour où comme la Provence l'Equipe offre sa une à Zidane tout-puissant et nous raconte le chatoyant programme du retour  à Madrid, il veut Mbappe, on entend un banni dans la voix du Nord, il l'a cherché Federico Maenza, meneurs de ces 300 supporters lillois, qui le 10 mars 2018 envahissaient la pelouse du stade Pierre Mauroy  et s'en prenaient à des  joueurs, "si on descend, on vous descend", le LOSC allait mal, ils voulaient faire réagir,  mais vu à la télé, Maenza fut arrêté un petit matin  avec sa femme, qui elle aussi avait envahi le terrain, devant leurs enfants,  jugé et condamné, interdit de stade et désormais les jours de matches, il pointe au commissariat en famille, on ne peut pas toujours faire garder les enfants, et il plaide l'amour du Losc, qui l'anime depuis ses neuf ans, cela fait trente ans dit-il... la vie est curieuse; le Losc va très bien aujourd'hui, mais sans le banni qui entraine encore des enfants dans son village, que leur dit-il des punitions... Et il y a dans l'absence de culpabilité de cet homme cette idée qu'il est injuste de punir le peuple quand il se fâche... 

Ce matin, la voix du Nord entend donc un coupable, mais aussi le peuple, et raconte village après village les déclinaisons du grand débat qui se sont tenus dans le Nord et le Pas-de-Calais… Dans l'Yonne républicaine, c'est un débat d'hommes punis que l'on me raconte, puisque le grand débat s’est arrêté à la maison d'arrêt de l'Yonne, la société est à tout le monde.

La punition parcourt nos journaux ce matin. Il en est de tant de sortes.

On peut être innocent et punis néanmoins, et ne même pas le savoir; une journaliste du Parisien, a parcouru la capitale capteur de particules fines à la main, et s'est découverte cernée de pollution, dans sa chambre, dans sa cuisine, dans le métro, et jusque sur les quais piétonnisés qui bordent la scène, sur lesquels tombe la pollution des rues au dessus. 

On peut être innocent et puni, pour sauver la planète mais est-ce de leur faute, aux habitants de ce village de Saint-Georges les Bains, désormais un enfer par le bruit que font des éoliennes, au-dessus de leurs tête... « Quand je pose ma tête sur l'oreiller, je l'entends encore », disent ces ardéchois au Dauphiné... 

On peut être puni aussi et l'avoir mérité. Ouest France me rapporte ceci; la semaine dernière, un jeune renard est entré dans un poulailler en Bretagne, où 6000 pondeuses ont appris à se défendre face aux assauts répétés des buses, un autre prédateur. Le renard a été retrouvé mort au matin, tué à coups de becs par les poules qui l'avaient acculé dans un coin du poulailler. Il l'a cherché parfois, dans le genre animal les prédateurs sont punis.  

Le peuple algérien a pris la une des journaux...

Libération, le Parisien, le Figaro, Libération champagne, Sud-Ouest, Ouest-France, la Nouvelle république, le Républicain lorrain... L'Algérie, c'est la France ce matin... C'est le Dauphiné encore qui a le mot le plus juste, « emporté par la foule », titre le journal a propos d’Abdelaziz Bouteflika, et c'est le Parisien qui est plus modeste, "et maintenant", point d'interrogation.  

On a le sentiment, d'un peuple qui lève sa punition. D'autres subissent encore et de tant de manières. 

Le Monde raconte ces indiens du Pérou qui arrachent de l'or dans des conditions dantesque à 5300 m d'altitude, comment survivent ils? 

Libération raconte Caracas et le Venezuela privés d'électricité par la faute d'une panne et l'incurie d’un état, "on retourne à l'age de pierre ».

La Croix fait sa une sur le peuple iranien qui subit les sanctions américaines... La photo de une est belle, mais c'est une autre iranienne qui doit nous poursuivre aujourd'hui. Elle n'est que sur les sites des journaux par une dépêche de l’AFP... Elle s'appelle Nasrin Sotoudeh, avocate des jeunes délinquant, puis des opposants politiques et des femmes qui se dévoilent, elle avait déjà été emprisonnée entre 2010 et 2013, elle a été incarcérée à nouveau en juin dernier et on l'a appris hier, elle a été condamnée à de la prison, 7 ans officiellement, mais bien plus dit son époux sur Facebook qui parle de 34 ans de prison et de 148 coups de fouets...  Vous irez lire, notamment sur le site du Point, des portraits de cette femme, qui a le visage de notre liberté, et que le Président Macron a invité à faire partie du Conseil consultatif pour l'égalité femmes-hommes du G7, que la France préside. Que valent nos symboles quand les dictatures punissent.

Et on parle aussi de Boeing...

Boeing que les marchés punissent, après le crash de Ethiopian airlines, qui perdu 10 milliards a la bourse de New York de capitalisation, la compagnie avait misé son avenir sur ce Boeing 737 max qui est aujourd'hui mis en doute: c'es la une des Echos. Boeing qui soutient encore son avion, c'est la Une du Financial Times. Boeing fait aussi la Une de la Dépêche, journal de Toulouse, donc de l'aéronautique, donc aussi d'Airbus... Et l'on comprend que les doutes qui assaillent Boeing n'agressent plus notre compagnie...

Les journaux sont des cultures. Le Figaro analyse la loi pacte que l'assemblée va réexaminer demain, et s'alarme du retard pris par cette loi qui devait libéraliser et relancer l'économie... mais l'humanité fait sa Une sur un seul élément de ce projet, la privatisation prévue des Aéroports de Paris, un « scandale d’Etat ».

Les journaux ont de la mémoire aussi, et c'est terrible parfois.

Nous fêtons aujourd'hui les trente ans du Web, qui naquit au CERN, l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire, pour répondre à un besoin de transmission de l'information... Et le Monde se souvient qu'en France, terre du minitel, le web fut accueilli dans le doute et le l'hostilité, le web n'était  "pas conçu pour offrir des services commerciaux",  ne pourrait pas "offrir des services de qualité en temps réel de voix ou d’images",  et qui ne comportait pas de système de sécurité... Et au nom de nos, on pensa  interdire internet en France... En aout 1997, Lionel Jospin, premier ministre, annonça la fin du Minitel. Depuis, nous sommes au monde, sauvés ou punis ?

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