Society raconte dans un récit pointilliste comment la pandémie nous a changé. Le Figaro s'interroge sur la vue qui a pris la place du toucher. Le Point nous dit la meilleure des nouvelles si l'on aime l'histoire et la France et on veut la transmettre: le 7e épisode de la BD "les Enfants de la Résistance" arrive!

On parle d'un arbitre...  

Qui comme souvent les arbitres est soupçonné de partialité, mais pourtant quelle histoire quelle mission que celles du Conseil d'Etat, arbitre suprême de nos différents avec l'Etat, et qui est devenu en un an la dernière digue de nos libertés publiques, quand par l'état d'urgence sanitaire, le pouvoir exécutif s'est octroyé "des pouvoirs quasi-absolus"... C'est écrit dans le Monde, le site et le magazine, qui voyage dans ce temple du Droit installé au Palais-royal, où se croisent des bizuths juristes venus de l'ENA ou de cabinets ministériels, et des vieux messieurs décorés qu'il convient d'appeler président, où l'on dispute aussi bien de la chasse aux tourterelles des bois, de la relégation en ligue 2 d'Amiens et de Toulouse ou de l'interdiction de sorties des pensionnaires des Ehpad... 

Mais l'enquête se fait caustique et politique, contre une institution contradictoire, à la fois juge suprême administratif mais aussi conseiller juridique du gouvernement, que Bonaparte premier consul créa en 1799, péché originel. Le futur empereur avait imaginé un juge spécial pour que l'administration ne soit pas embêtée par des magistrats indépendants... Et aujourd'hui encore, devant le Conseil d'Etat, comme l'Allemagne en football, c'est le pouvoir qui gagne. Depuis le premier confinement, sur 840 requêtes déposées devant le Conseil d'Etat, 511 ont été écartées sans débat, 329 ont été instruites, 8 ont été jugées contre le gouvernement... Les fidèles des églises ont gagné le droit de prier à plus de trente et les sdf ne sont plus verbalisés pour défaut de confinement, ce n'est pas rien mais ce n'est pas beaucoup... 

Et à lire le doute vient. Le Conseil d'Etat, depuis un an, a-t-il rater l'occasion de devenir notre garant?  

On marque dans les journaux un an d'épidémie. Society  sur 50 pages raconte la France sous maladie par petites touches de vies, les souvenirs en quelques lignes à chaque fois de quelques français dont la vie, notre vie prend forme comme dans un tableau pointilliste -il y a un an un maire disait au comandant de sa gendarmerie, dans notre malheur, on pourra se promener en montagne -non, on va devoir vous en empêcher... Ensuite, nous avons vécu. 

Nous faisons moins d'enfant nous dit le Figaro mais les changements ne sont pas seulement démographiques.  Le Figaro confronte aussi nos cinq sens à la pandémie et aujourd'hui le philosophe Olivier Rey questionne l'empire de la vue, le passage du charnel du toucher à la seule visiuon, nous n'arpentons le monde qu'à travers les écrans, et nous retombons dans la caverne imaginée par Platon, nous prenons les images, les réfractions, pour l'ultime réalité, les erreurs et les illusions nous environnent. Que savons-nous que nous ne touchons pas?   

L'Humanité et Libération mettent à la Une des êtres en quête de charnel, ces comédiens qui occupent des théâtres même si la ministre de la culture trouve cela inutile en dangereux; au Théâtre de la Colline, des apprentis comédiens disent leur carrière frappée avant même d'avoir commencé... Le directeur du théâtre, le dramaturge Wajdi Mouawad, les soutient, ils sont ici chez eux, chez eux mais ils ne jouent pas...   Le Monde rappelle qu'en décembre dernier, le Conseil d'Etat avait éconduit le metteur en scène Jean-Michel Ribes et le chanteur Francis Lalanne qui demandaient la réouverture de lieux de spectacle, avec verve mais sans illusion. Le directeur juridique du ministère de la santé en face d'eux était un ancien du conseil d'Etat... Ces gens-là non plus ne jouent pas, l'expression n'a pas le même sens, on l'a compris. 

On parle aussi d'enfants ce matin.   

Et on en parle mal, dans la peur et l'incompréhension, c'est une malédiction qui nous ramène des gosses victimes des gosses bourreaux. Il est terrible dans le Parisien, le portrait du jeune meurtrier de la jeune Alisha, cet adolescent pas costaud dans sa bulle d'ordinateur de jeux vidéos, dont la première relation amoureuse semblait une emprise, il n'allait plus en classe, que comprend-on? 

Elle est terrible autrement, cette histoire que raconte le Progrès, d'un collège de Givors où les profs sont en grève, l'une d'elle a été agressée à coup de poings par une élève de 5e à qui elle remettait son évaluation...    

Mais elles sont terribles symétriquement, ces histoires d'inceste que la Croix à son tour nous force à affronter, ce qu'on fait à des enfants, ce qui s'enfouit, et adulte des cauchemars nous réveillent, on rêve d'une tête d'un cheval de poignets serrés, et dans le rêve apparait le visage de votre père et revient la chambre d'enfant, ce qui s'y passait... Ouest-France raconte un lieu unique en France, la maison Jean Bru à Agen, où sont hébergées et réparées des enfants victimes d'incestes, Leïla, adorable bout de chou de 11 ans, elle a accroché des photos de chevaux aux murs de sa chambre un doudou est sur sa couette rose, elle porte la clé de sa chambre autour de son cou...  

L'Obs publie des extraits du livre de la journaliste, Marie Vaton, consacré aux enfants placés, quand la justice pour des gosses les retire aux familles, vous lirez une femme qui a eu cinq enfants, on lui en a retirés, on les lui a rendus, quand un de ses petits à l'école disait sa souffrance en dessinant du sang et des couteaux, au diapason d'une enfer a la maison, elle était battue par son mari, elle se réfugiait dans la nourriture, obèse, elle redoutait les assistantes sociales, elle ressentait et ressent toujours Roselyne le poison du doute et du soupçon, elle a maigri, son grand de 18 ans est père, grand-mère a 41 ans, que sera la suite, quelle vie?   

Et on parle enfin de héros...   

Des enfants encore mais de bandes dessinées, mais leurs pareils existèrent vraiment, jadis, dans ce pays.  Le Point nous dit la meilleure des nouvelles si l'on aime l'histoire et ce pays et qu'on veut le transmettre, sort le 7e épisode des "Enfants de la résistance", François, Eusèbe et Lisa qui à 13 ans dans leur village protègent juifs et résistants et retrouvent des pilotes alliés dont l'avion a été abattu, en même temps ils grandissent et ils s'aiment, c'est de leur âge... Et chaque enfant chaque adulte qui les lit en sortira meilleur...  Dans la beauté de notre vieux pays, on nous dit dans le Journal du centre, dans la République du centre, dans le Parisien, des chênes centenaires de nos forêts qui seront la nouvelle charpente de Notre-Dame.

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