BONJOUR ! On vous aura prévenus. Cela fait des jours et des jours que les médias en parlent... ... Ce matin encore (ce n'est pas bien difficile), il suffit de passer près d'un kiosque à journaux pour se dire : "... Bon sang, mais c'est bien sûr !"... ... Quelques "Unes", au hasard... - "LA SEMAINE DE TOUTES LES GREVES" (C'est dans "La Dépêche du Midi") - Pour "L'Est Républicain" : UNE SACREE SEMAINE S'ANNONCE... - Pour "Les Dernières Nouvelles d'Alsace", c'est LA SEMAINE DE VERITE. A grand renfort de calendriers, plusieurs de vos quotidiens dressent la liste de ce qui vous attend dans les tout prochains jours. - Sous le chapitre "Régimes spéciaux", à la date des 13 et 14 novembre (c'est demain et après-demain), vous noterez que des préavis de grève ont été déposé à la SNCF, à la RATP, à EDF-GDF, à l'Opéra de Paris. - Dans la catégorie "pouvoir d'achat, emploi, universités", au mardi 20, vous verrez que les fonctionnaires cesseront le travail... Les enseignants seront de la partie, soutenus par les étudiants et par les lycéens. Mobilisation, aussi, chez les postiers, ce 20 novembre. - Reste la réforme de la carte judiciaire qui conduira magistrats et avocats dans la rue le 29 de ce mois. En première page, sous le titre LE BRAS DE FER, "Le Parisien/Aujourd'hui en France" nous propose une photo... On voit Nicolas SARKOZY en grande discussion avec un cheminot (cliché pris le 26 octobre)... Le président de la République affiche une posture de boxeur prêt à balancer un "bourre-pif" à son interlocuteur... interlocuteur plutôt stoïque face à la menace du coup ; le cheminot a l'air "déterminé". En page intérieure du "Parisien", le dessinateur Faujour croque un chef de l'Etat à la mine farouche. Devant lui : trois dossiers (SNCF, RATP, EDF)... et ce commentaire présidentiel : "Fini le jogging... Place au bras de fer". "Régimes spéciaux de retraite : l'épreuve de force se confirme", titre "Les Echos". Le quotidien économique souligne que "le ton est monté d'un cran entre la CGT et le gouvernement. Bernard Thibault accuse l'exécutif de vouloir le conflit pour l'exemple. François Fillon mise sur le soutien de l'opinion, alors que se profile dans les transports un mercredi noir". Pendant que "La Croix" annonce que les transports urbains devraient être "peu perturbés" sauf à Paris, d'autres journaux se penchent sur la "galère" (le mot revient souvent) qui attend les usagers des chemins de fer. "La Croix", toujours, décline le contenu du courriel que la présidente de la SNCF a adressé jeudi à ses 160.000 salariés, pour les inviter au dialogue : augmentation salariale, création d'un régime complémentaire de retraite, amélioration des conditions de travail sur les postes difficiles, ouverture de comptes épargne temps... Avant la grève des cheminots, Anne-Marie Idrac a abattu ses cartes ; elle l'a fait le geste ferme, avec l'assurance que peut afficher une patronne créditée cette année de profits historiques... C'est dans "La Tribune" : l'entreprise publique devrait présenter cette année un résultat net récurrent compris entre 600 et 700 millions d'euros. Plusieurs de vos éditorialistes, ce matin, ont choisi de sonner le tocsin. Selon Philippe Larue, dans "La Provence" : "Il souffle un vent de colère sur la France. Et une grève à la SNCF peut cacher un train de protestations accrochées comme autant de wagons". "Un incendie couve sous le brasier du 14 novembre", renchérit Jean-Emmanuel Ducoin, dans "L'Humanité". "L'Est Républicain", "Le Journal de la Haute-Marne" :... Chacun s'accorde à dire que l'épreuve sociale sera cruciale autant pour le gouvernement que pour les organisations syndicales, et que, avide de réformes, Nicolas Sarkozy ne peut se contenter de faire le gros dos. "Reculer sur les retraites aujourd'hui, ce serait caler dramatiquement sur une réforme absolument vitale, et se préparer à fléchir sur tout ou presque demain", prévient Paul Burel, dans "Ouest-France". Pour "La République des Pyrénées", Jean-Michel Helvig estime qu'il aurait "peut-être été possible de faire autrement en ne faisant pas de cette question des régimes spéciaux, dont on ne peut nier la réalité financière, une affaire de bataille idéologique. Mais c'est trop tard". "Nous le savons, nous devrons demain travailler plus longtemps pour ne pas gagner plus quand la retraite sera enfin venue", constate Francis Brochet, dans "Le Progrès". Reprenant le principe de "justice" et "d'équité" brandi par François Fillon, l'éditorialiste lyonnais y met un bémol : "L'équité doit s'appliquer à tous, et là, ça se gâte. Les Français sont-ils équitablement traités dans le travail, pour le logement, par l'impôt ? La démonstration reste à faire. En attendant, on comprend que certains disent, face à l'effort demandé : pourquoi moi d'abord ?". Dans "L'Alsace", Patrick Fluckiger nous rappelle qu'en pleine tempête sur les régimes spéciaux, "les députés ont modifié leur propre régime de retraite", se considérant, toutes tendances confondues, "comme étant à part, alors qu'ils devraient être à l'image du pays"... "Une présomptueuse erreur", aux yeux de Patrick Fluckiger, qui range aussi dans cette "présomptueuse erreur" l'augmentation du salaire du chef de l'Etat. Pour les éditorialistes de "Nice Matin" et des "Dernières Nouvelles d'Alsace", "le gouvernement est sans doute moins inquiet du choc attendu sur les retraites que du mouvement étudiant qui menace de grossir (...) Si elle reste extrêmement minoritaire pour le moment, la colère étudiante porte en elle une inquiétude fondamentale face à l'avenir". "Gare aux étudiants !", s'exclame "Libération", tandis que "La Tribune" annonce des assemblées générales cette semaine dans 53 des 85 universités françaises. Et pendant que "L'Humanité" se demande si les lycéens se joindront à leur tour aux étudiants, Pierre-Yves Le Priol, dans "La Croix", s'interroge sur le rôle que les journaux télévisés "accordent (selon lui) à un mouvement reconnu par tous comme minoritaire" ; il écrit encore : "Nul doute que l'aspect ludique et joyeusement rebelle du mouvement, très présent dans les reportages, contribue à nourrir la contagion". Et le Parti Socialiste, pendant ce temps, que fait-il ? Selon "Les Echos", face aux grèves, "le PS reste prudent". Il faut dire que ses dirigeants ont fort à faire. Demain (c'est dans "France Soir"), ses chefs de file retrouveront ceux du PCF, des Verts, du PRG, ainsi que des représentants du MRC de Jean-Pierre Chevènement, rencontre centrée sur les questions économiques et sociales. Dans "Le Figaro", Manuel Valls veut voir une "nouvelle gauche" se réapproprier certaines valeurs abandonnées à la droite (nation, autorité, travail). Et la diversité ? A un mois de la convention nationale de ratification des candidatures pour les municipales et les cantonales, "Le Parisien" nous apprend que le ton monte au Parti Socialiste sur ce thème. Tout le monde n'y trouve pas son compte. C'est le cas de Faouzi Lamdaoui à Argenteuil, doublé par un candidat moins beur (et plus blanc). Ecoeuré, Lamdaoui, quand il déclare : "Alors que Sarkozy met en avant la diversité en emmenant à Washington Rama Yade et Rachida Dati, nous, on nous cache comme une maladie honteuse". Dans "Le Figaro", Jean-Christophe Cambadélis évoque "la frénésie de chef, cette recherche histérique du totem" qui agite régulièrement le PS. Il désigne cette attitude (ou cette habitude) comme une "défaite de l'esprit", "une pipolisation inhérente à la Vème République". Cambadélis plaide pour la désignation d'une équipe, et même plus, "pour un comité de salut public qui serait mandaté pour redresser le PS dans les deux ans à venir". Il est favorable aussi au regroupement de toutes les gauches "dans une formation moderne". Dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France", Julien Dray ajoute sa pierre, il le fait en ces termes : "Si le PS ne change pas, Bayrou prendra sa place". Dans le courrier des lecteurs de "Libération", ce "coup de gueule" entre guillemets : "Si le Parti Socialiste change de nom, je suggère : Parti pour la Lutte des Places... Au moins, ce sera plus clair". C'est signé "Ya Basta". "L'heure de vérité". "Le temps des juges". "De la cavale aux Assises". "L'heure des comptes". ...Ces titres font les Unes de "Corse Matin", "La Charente Libre", "Le Dauphiné Libéré", "L'Indépendant Catalan"... Ils renvoient à la comparution d'Yvan Colonna, meurtrier présumé du préfet Claude Erignac, devant la Cour d'Assises spéciale de Paris. Le procès s'ouvre aujourd'hui. Dans "Le Figaro", vous lirez que les nationalistes sont prompts à dénoncer une "vendetta d'Etat". Chacun à sa manière, vos éditorialistes expriment ce que, dans "Sud-Ouest", Patrick Berthomeau énonce si bien : "Colonna a droit à la justice, la mémoire du préfet Erignac a droit à la vérité". Dans "Libération", François Sergent souhaite que "soient éclairées les zones d'ombre des enquêtes de police successives et contradictoires, et de leur usage par l'ancien ministre de l'Intérieur aujourd'hui Président. Pour la famille du préfet. Pour Colonna, présumé innocent. Pour les Corses et pour l'honneur de la justice de la République". Quelle que soit l'issue du procès, quel que soit le verdict, Jacques Camus, de "La République du Centre", et Didier Louis, du "Courrier Picard", attendent de l'accusé qu'il condamne sans ambiguïté l'assassinat du préfet de Corse, ce qu'il n'a jamais fait. Hors des salles d'audience, hors des prétoires, l'actualité de la justice en France c'est aussi le marathon de Rachida Dati, qui va de ville en ville pour lever le voile sur la nouvelle carte judiciaire. Elle est attendue à Poitiers, région que préside Ségolène Royal... C'est "France Soir" qui nous le dit. De son côté, en dernière page de "L'Humanité", le dessinateur Charb croque Nicolas Sarkozy, debout, le doigt levé, à côté d'un Idriss Déby appuyé sur sa canne. Sous le titre : "Indépendance et rapidité de la justice", Charb fait dire au chef de l'Etat français : "J'ai demandé à Rachida de réformer la justice sur le modèle tchadien". Allez ! Encore un mot. Dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France", vous lirez que le ministre de l'Agriculture Michel Barnier envisage de faire manger des fruits aux écoliers. "Des fruits gratuits dans les écoles"... Les Français n'en consomment pas assez parce qu'ils sont trop chers, leurs enfants en pâtissent car c'est bon pour leur équilibre. Et nous voilà revenus à la case départ : le pouvoir d'achat, la contestation, les grèves... ...Un petit bras de fer, Nicolas DEMORAND ?

Alain LE GOUGUEC

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