(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : trésors cachés

(Bruno Duvic) Deux articles du Figaro , l'un à la rubrique économique, l'autre à la page culture.

Voici d'abord un problème de riches en cette période de crise. Ca se passe en Allemagne.

La banque centrale allemande possède près de 3400 tonnes d'or. Mais, comme le titre Jean-Pierre Robin dans sa chronique, « Les Allemands se demandent où est passé l'or du Rhin»

Car plus des deux tiers du magot est gardé à l'étranger. Explication historique : le stock d'or a été constitué pendant la guerre froide. Et l'Allemagne de l'Ouest se méfiait des intentions soviétiques. Alors, elle a préféré confier ses lingots à des pays amis : France, Grande Bretagne et Etats-Unis, dans les coffres des banques centrales de ces trois alliés.

La crise aidant, aujourd’hui, certains Allemands aimeraient bien que la fortune de famille soit rapatriée sous le matelas en Allemagne.

"Est-ce que vous gardez bien cet or ?" avait lancé rageusement au mois de septembre le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung à l'adresse de la France.

Et le gouverneur de la banque de France, Christian Noyer, avait dû rendre des comptes « L'or est à gardé à une grande profondeur, dans une salle entourée d'une nappe phréatique et on ne le prête pas. »

Un an avant le bicentenaire de la naissance de Wagner, l'or du Rhin est donc bien gardé. Il y a 10 ans, l'Allemagne avait rapatrié près de 1.000 tonnes gardées en nourrice en Grande Bretagne : il n'en manquait pas un gramme.

On pourra voir dans cette histoire une illustration de la nouvelle méfiance des Allemands à l'égard de leurs partenaires européens. « Achtung ! » C'est la Une de Libération , photo de la chancelière Merkel à l'appui. « En Allemagne, écrit Libération , on ne se cache plus pour dire tout le mal qu'on pense de la politique économique de la France et s'alarmer des menaces qu'elle ferait courir à l'Europe. »

Des trésors cachés aussi en Grande Bretagne...

Plus pour longtemps. C'est le deuxième article du Figaro . Une association à but non lucratif veut rendre accessible sur Internet d'ici à la fin de l'année tous les tableaux conservés dans les institutions publiques du Royaume Uni. Le site est conçu par la BBC. 80% des toiles qui pourraient y figurer ne sont pas exposées aujourd’hui.

Quand on dit institutions publiques, cela va bien au delà des musées. Cette association est allée dénicher les toiles partout, jusque dans un zoo et un phare. Et ce ne sont pas des rogatons. Dans un hôpital de Londres, on a trouvé un Veronese. Dans un abri atomique, un Whistler. La collectivité locale qui le possède l'avait entreposé là. Elle a ses bureaux juste au-dessus.

Autre trésor retrouvé : un David Hockney dans l'école d'art qu'il avait fréquenté jeune.

Cela dit la France partage aussi son patrimoine avec les Britanniques. Dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France Johnny Hallyday annonce qu'il va enregistrer 3 titres de son nouvel album en anglais.

L'album sort aujourd'hui. L'accueil critique est très bon. Pendant ce temps Johnny poursuit sa tournée. Pas forcément à guichets fermés. « Johnny fait-il encore recette ? » se demande Presse Océan à la Une. Le chanteur de "Quoi ma gueule ?" est demain à Nantes. Il reste des places.

Trésors cachés, trésors cassés

Déjà un de chute dans le Vendée Globe. « Guillemot abandonne », titre Ouest France en manchette. Guillemot la tuile, ou plutôt la quille. Car c'est la quille qui a cédé, comme il y a quatre ans. Moins de 24 heures après le départ, le navigateur a entendu deux grands bruits en moins d'une seconde et le monocoque s'est mis à gîter de façon très dangereuse.

Hier, raconte L'Humanité , Guillemot ignorait toujours pourquoi il ne restait plus qu'un moignon de 30 centimètres sous la ligne de flottaison, alors que la quille plonge à 4 mètres 50 sous l'eau.

C'est d'autant plus rageant que cette fameuse pièce faisait saliver tous ses concurrents. Libération explique : le skipper est sponsorisée par Safran, l’entreprise d’aéronautique qui ne manque pas d'ingénieurs talentueux.

Safran avait en stock une grosse bille de titane qu'il fallait mettre au rebut. Un titane assez spécial avec lequel on fait les trains d'atterrissage pour Bugatti. On en a fait une quille de bateau qui était censée être plus solide que les autres.

Que s'est il passé ? Faiblesse du matériau ou choc avec un OFNI, objet flottant non identifié ? Le moignon va être étudié sous toutes les coutures.

Tout de même, voilà des marins qui partent avec des bateaux testés avant le départ et qui doivent affronter les mers les plus violentes du globe. Et l'un d'entre eux revient avec sa quille sous le bras moins de 24 heures après le coup de canon ?

Un architecte naval répond dans L'Humanité : « Les bateaux sont plus sûrs qu'avant, tous les corps de métiers ont élargi leurs connaissance. Mais on ne peut pas couvrir tous les événements possibles, le sujet est infini. »

Quoi d'autre dans la presse ?

La Fronde des communes contre la réforme des rythmes scolaires. C'est un article de Mediapart . Les villes, en particulier les plus petites, redoutent de ne pas avoir les moyens d'occuper les écoliers en dehors des cours puisque leur journée de travail doit être allégée.

Le coup de chapeau de Midi Olympique au Bleus du rugby qui ont écrasé l'Australie samedi. Titre de Une "Tout sourires ! "

Les Unes de la presse nationale :

L'Humanité : « A Florence, une autre Europe se cherche contre l'austérité ». Compte-rendu du forum social européen ce week-end.

Le Figaro : « Grève des médecins, les raisons de la colère. » On en a beaucoup parlé ce matin dans les journaux de France Inter.

Le Parisien-Aujourd’hui en France : « Rouler en voiture à Paris, bientôt un luxe ? » Dossier sur le plan « anti-voitures » (comme l'appelle le journal) de Bertrand Delanoé.

La Croix : « Parlez nous d'amour ! » Le quotidien lance une grande enquête de quatre semaines sur le sujet. Dans l'éditorial, Guillaume Goubert cite le théologien Pierre Teilhard de Chardin : « L'amour est la plus universelle, la plus formidable et la plus mystérieuse des énergies cosmiques. »

...Amour d'une femme pour son fils en Syrie...

Dernier trésor caché. Voici une héroïne de guerre. Le récit est en ligne depuis quelques jours sur le site Internet de la revue XXI .

Fatme, « La cuisinière de l’armée libre », titre Isabelle Mayrault. Quand son fils s'est engagé dans la rébellion, elle a décidé de le soutenir en cuisinant pour sa brigade. Alors chez elle, à Marah, dans le Nord de la Syrie, guerre ou pas, on trouve de grandes bassines en métal débordant de pommes de terre, d'aubergines et de viande de mouton. En dépit des coupures de courant, Fatme cuisine tous les jours pour 25 personnes.

Le soir, le fils passe récupérer un plateau gigantesque qu'il enfourne dans un fourgon avant de disparaitre dans la nuit. Pour financer les premières courses, la mère a vendu son alliance, puis les gars de la brigade ont cotisé.

Le prix du kilo de tomates a décuplé depuis le début de la guerre. Et les agriculteurs locaux ont laissé mourir leurs plantations quand le régime leur a interdit l'engrais. Il pouvait servir à fabriquer des bombes.

Pour l'instant les bombes, elles ne viennent pas du sol, elles viennent du ciel.

A demain

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