Ça craque de partout – le cercle pervers du pouvoir – François Pinault à l’Elysée – Bercy LE ministère – otage au Sahel : le récit de Daniel Larribe – Nabila et le seau

françois hollande hué sur les champs-elysées
françois hollande hué sur les champs-elysées © reuters

Il semble stoïque, François Hollande à la Une du Figaro . Sérieux, au garde à vous, bleuet à la boutonnière. La photo a été prise hier pendant les célébrations du 11 novembre.

Le bleuet, arboré par les poilus, symbolisait la vie qui continue dans les tranchées. Stoïque...

Pourtant, s'il lit la presse ce matin, le président

  • verra défiler des poneys contre la hausse de la TVA sous pression de l'Europe dans les centres équestres (lemonde.fr ),

  • il entendra râler dans les écoles (Le Monde ),

  • il apprendra à distinguer les bonnets rouges bretons, des bonnets jaunes qui manifesteront aujourd'hui pour défendre les petites mutuelles (Le Parisien ),

  • il regardera bruler des radars (Presse Océan ),

  • il sera rattrapé par le bruit des les klaxons de camionneurs anti écotaxe, les sifflets de mécontents de tous poils, et la rancune tenace de manifestants d'extrême droite

  • et il notera dans L'Humanit é cet appel au peuple de gauche à reprendre la rue contre la hausse de la TVA le 1er décembre.

C'est le « Tollé général », titre Midi Libre , « Le Président des sifflets », ajoute 20 minutes , « Ca craque de partout », constate L'Opinion , « Tout est prétexte à échauffourées » résume La Dépêche du midi .

Tout. Même le 11 novembre. Libération raconte cette journée pendant laquelle Hollande a été "privé d'armistice". Sifflé le matin à Paris par des manifestants d'extrême droite et l'après-midi à Oyonnax par un peu plus qu'un quarteron d'adolescents contents de faire du bruit, de militants anti mariage gay et de contribuables anti-taxes.

Dans la série « rions un peu avant les éditos », sur Rue89 , dessin de Baudry sur cette dame, encartée à l'UMP et active dans des réseaux identitaires niçois que l'on a vue hier vociférer sur les Champs-Élysées. Elle était en manteau de fourrure. C'était « La poilue du 11 novembre »

Les sifflets du 11 novembre au cœur des éditoriaux

C'est « L'offense faite aux morts » écrit Philippe Larue dans La Provence .

« Ces huées étaient indécentes, indignes pour Daniel Muraz dans Le Courrier Picard . Du droit à manifester, on dérape vers le harcèlement factieux. »

« Il existe dans ce pays une racaille d'extrême-droite, poursuit Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées . Elle mérite au moins autant de sévérité que la racaille de certains quartiers tout autant réfractaire aux institutions républicaines.»

Jean-Claude Souléry enchaine dans La Dépêche du Midi : « Les bonnets rouges de Bretagne ont fait place à quelques bonnets bruns (…) La gauche doit se réapproprier ce qui est un des fondements de la République : l'ordre juste et l'autorité. »

Le problème, regrette Philippe Reinhard dans L'Eclair des Pyrénées , c'est que « face à cette montée des mécontentements, François Hollande et le gouvernement affichent une indifférence sidérante. »

« C'est un cercle pervers dans lequel s'est enfermé le pouvoir, reprend Souléry : la peur d'être impopulaire, alors même qu'il l'est déjà, freine dangereusement l'action politique et autorise tous les débordements. »

Yves Thréard enfonce le clou dans Le Figaro : « Qui a laissé par ses indécisions, son aveuglement, ses alliances partisanes, sa politique fiscale inconsidérée se propager un climat délétère ? Monsieur le président ressaisissez-vous ! »

On constatera encore avec Bruno Dive dans Sud Ouest que François Hollande a jusqu'à présent échoué dans « ce pourquoi il avait en grande partie gagné l'élection : apaiser une société électrisée par le sarkozysme. »

« Hollande conspué, la gauche alarmée », titre encore Le Parisien-Aujourd'hui en France . Interview du député socialiste Malek Boutih, en mode « panique ». « On est dans une crise exponentielle, chaque événement nourrit la crise du lendemain, le dialogue avec le pays est rompu. Il faut un remaniement fort, il faut remplacer le Premier Ministre d'urgence »

A ce paysage d'une France en automne, on ajoutera le chiffre donné par Le Parisien ; les destructions de radars et portiques éco taxe en Bretagne ont déjà coûté entre 3.8 et 6.3 millions d’Euros

Et le singulier silence des syndicats dépassés par la révolte sociale. C'est à lire dans Le Figaro . Syndicat de salariés mais aussi de patrons. « Le patronat est lui aussi débordé par sa base », titre le journal.

Les patrons justement à la Une de Libération

En photo page 2 et 3 le président est un peu moins stoïque, debout dans son bureau, geste de la main, comme pour donner une consigne. "Hollande, président entreprenant".

« Depuis un an et demi, les patrons ont retrouvé le chemin de l’Élysée », écrit Grégoire Biseau. En toute discrétion, les rendez-vous ne sont jamais inscrits à l'agenda officiel - d'ailleurs, ils témoignent de manière anonyme.

Ils sont une dizaine à constituer le réseau. Réconcilier la gauche avec l'entreprise, assumer une politique de l'offre, voilà deux axes de la présidence Hollande. Et dans la liste des invités réguliers de l'Elysée, un nom retient l'attention, celui d'un très proche de Jacques Chirac : François Pinault. Le seul que le président voit très régulièrement et sans collaborateur. « Entre eux s'est développée une forme d'intimité, dit un proche de François Hollande. Relation de confiance dépolluée de tout intérêt. Pinault n'attend plus rien du pouvoir. »

Rien, vraiment ? La Voix du Nord rappelle que Martine Aubry rencontre aujourd’hui François-Henri Pinault, le fils, aux manettes de l'entreprise désormais, pour parler du sort de La Redoute.

Le dur métier de politique… La rue qui grogne, les syndicats dépassés, les patrons en demande et l'administration avec laquelle il faut composer.

Dans la revue Au fait , dossier très riche sur « Bercy LE ministère ». Bercy et la lutte sourde entre les ministres qui y passent et l'administration qui reste. Cette administration qui peut faire avancer un dossier ou l'enterrer. Anecdote. 2007, quelques semaines avant la présidentielle, Jean-François Copé n'est plus ministre du Budget pour longtemps. Il croise dans les couloirs l'un des cadres de l'administration qui vient de sécher une réunion. Copé lui parle du sujet du jour : « Oh ce sera certainement vu avec votre successeur, monsieur le ministre. »

Quoi d'autre dans la presse ? D'abord le récit du jour...

Daniel Larribe, l'ancien otage au Niger, raconte trois ans de captivité dans Libération .

  • les cabanes de fortune qu'il construisait avec Thierry Dol pour se protéger du vent et de froid dans le désert la nuit,

  • l'évasion manquée à cause de deux jeunes bergers délateurs croisés pendant la fuite,

  • la peur de se faire tirer dessus par des avions français pendant l'opération Serval - - ou l'espoir de se faire libérer, les soldats étaient une fois à 300 mètres des otages, - - la manière correcte avec 1.000 guillemets dont ils ont été traités. Un jeune moudjahidine un peu plus menaçant que les autres a été prié de faire le thé aux otages avant d'être viré.

Sur le site Basta Mag , la drôle d'initiative de la ville de Saint-Maur, dans le Val de Marne. A en croire Basta , elle souhaite virer un groupe de Roms installés sur un préfabriqué pour faire de la place à des SDF « de la ville », cela sonne comme des Sdf « Bien de chez nous ».

Et puis on n’est jamais déçu par Nabila et encore moins par sa grand-mère. Interview des deux au Parisien . La jeune starlette se moque de Carla Sarkozy vue dans le documentaire récemment passé sur D8. "Elle se fait filmer à rien faire de la journée". Elle est gonflée...

Et donc sa grand-mère dont elle est très proche. Voilà ce qu'elle a dit à Nabila dans la série « apprends la vie ma petite » : «Moi, je lui ai dit, ‘Ton capital c’est la beauté… Et l’intelligence, bien sûr, mais la tête bien faite c’est plus rare que la tête bien pleine. Ta tête, tu pourras toujours la remplir ensuite, comme un seau…’ »

A demain !

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