On commence par les mots d’une femme blessée, agressée… qui vient de se réfugier en France, l’actrice marocaine, Loubna Abidar :

L’actrice de Much Loved , le film de Nabil Ayouch présenté à Cannes en mai dernier, interdit au Maroc, qui raconte le quotidien de jeunes prostituées marocaines : « Tous les jours , écrit elle dans une tribune publiée dans la Matinale du Monde ce matin,je lis que je suis la honte des femmes marocaines, chaque semaine je reçois des menaces de mort. J’ai encore des amis mais certains se sont détournés de moi, je ne peux plus sortir que cachée sous une burqa, quel paradoxe écrit elle, me sentir protégée grâce à une burqa.. " Loubna Abidar , arrivée dimanche en France, et dont le visage tuméfié circule depuis la semaine dernière sur les réseaux sociaux raconte l’agression dont elle a été victime jeudi dernier. Des jeunes ivres, qui la reconnaissent, l’embarquent, la rouent de coups. «J’ai eu de la chance raconte t elle, d’autres auraient pu me tuer, mais la nuit a été terrible. Les médecins, les policiers au commissariat se sont ri de moi, sous mes yeux…alors j’ai décidé de quitter le maroc explique t elle. Je ne veux plus vivre dans la peur. » Des mots terribles pour raconter comment la haine grignote un pays, comment certains résistent aussi, des gens éclairés qui sont nombreux affirme-t-elle…comment elle a choisi elle, de résister, en venant ici,chez nous, dénoncer ceux que les femmes libres, les désirs de changement dérangent.

D’autres mots ce matin, ceux prononcés par un migrant célèbre…

«Il n’existe que deux choses infinies, l’Univers et la bêtise humaine…mais pour l’Univers je n’ai pas de certitude absolue » C’est Éric Fottorino qui dans le dernier numéro du Un consacré à Albert Einstein , rappelle cette phrase prononcée par le père de la relativité… « Einstein, ce migrant » qui eut à faire à la prévention dont tout migrant est l’objet, quelles que soient les époques, rappelle le journaliste. Lorsqu’il s’exile en 1930 aux États-Unis, porteur d’une certaine idée de la science farouchement libre et audacieuse, Einstein est écarté du projet Manhattan qui aboutit à la fabrication de la bombe atomique, car on le soupçonne de penchants communistes. Impossible qu’il devienne en si peu de temps, un citoyen américain loyal écrit le FBI. Une défiance qui ne laisse pas de nous interroger dit Fottorino. L’autre ne devient jamais tout à fait des nôtres, il peut avoir quitté son pays sous le joug du nazisme ou sous le feu roulant de Daesh, il reste un étranger qui dérange..parmi les centaines de milliers de réfugiés, peut être l’un d’entre eux est-il un Einstein en puissance… …

Un utile rappel à l’heure où se succèdent à Malte, les sommets entre dirigeants européens et africains pour tenter d’endiguer les flux des migrants.

Elections régionales à la Une de la presse également ce matin, avec l’idée lancée par Manuel Valls de fusionner les listes de droite et de gauche pour contrer le FN…

SiAujourd’hui en France/le Parisien remarque que le premier ministre est en mode « solo » dans cette aventure, qui consisterait à fusionner les listes des « républicains » pour être sûrs de battre Marine le Pen dans la région nord pas de calais picardie, le Figaro nous explique qu’en réalité, c’est le coup d’après que Manuel Valls est en train de jouer. Ce qu’il esquisse nous dit Guillaume Tabard dans son édito, en parfaite symbiose avec Thomas Legrand ce matin, c’est à relever, c’est un big bang, pour reprendre l’expression de son mentor Michel Rocard, c’est-à-dire une recomposition de la vie politique autour de nouveaux clivages : d’un côté, les républicains, pas le parti, mais tous ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs, de l’autre, le front national. Dans son esprit nous dit Tabard, cette fusion n’est que la préfiguration d’une nouvelle majorité destinée à soutenir le candidat élu en 2017, gauche ou droite, face à Marine le Pen…Manuel Valls entend donc re-bipolariser la vie politique française, quand elle doit aujourd’hui faire face au tripartisme.

Une posture qui n’est pas sans risque, mais que faire ? Le quotidien libéral l’Opinion met à sa Une un dessin où l’on voit Jaurès perdu face aux multiples directions empruntées par la gauche européenne: socialisme d’un côté, social libéralisme de l’autre. Dominique Merchet détaille les multiples stratégies et alliances de la gauche sur le continent: où sont les socialistes ? se demande t il, il y a presque autant de réponses que de pays: seuls au pouvoir, ou en coalition avec la droite comme en Allemagne, ouvertement social libéral comme Matteo Renzi ou nostalgique des années 70 avec Jérémy Corbyn en Grande Bretagne, prêts à la radicalisation comme au Portugal, ou franchement anti immigré comme en Slovaquie…ce sont sur des sujets essentiels comme la politique d’austérité ou l’immigration que des désaccords profonds s’expriment entre socialistes européens explique Merchet. Qui confirme :Jean Jaurès n’y retrouverait pas ses petits.

Des socialistes sans boussole donc, et du rififi chez les Sarkozy. Dans un portrait signé Charles Jaigu dans le Figaro, on apprend que le petit frère de Nicolas Sarkozy, François, pédiatre de formation devenu conseil dans le secteur de la santé, en pince pour…bruno lemaire ! oui, l’un des probables concurrents de son frère à la primaire. Il a même voulu participer financièrement à son association. Mais l’un de ses amis écrit le journaliste, l’en a dissuadé pour ne pas créer un drame de famille !

Et puis toujours, au chapitre des élections régionales, un casse-tête à venir…

Celui du nouveau Nom des régions, régions en grande majorité redessinées…la loi prévoit en effet que ce nouveau nom doit être tranché avant le 1er octobre 2016. Pour l’instant, nous raconte la Voix du nord, les candidats en campagne se contentent de recenser les avis des habitants, notamment sur internet. Quitte à se retrouver avec des petits rigolos qui proposent par exemple pour Aquitaine-Poitou Charente-Limousin, l’acronyme APOIL, ou encore Chamallo pour Champagne Ardenne Alsace Lorraine. Ce que les spécialistes du marketing territorial craignent, c’est que les rivalités entre sous- régions aboutissent à des sigles incompréhensibles, AURA par exemple pour Auvergne Rhône Alpes, comme on a eu PACA, aujourd’hui renié par les candidats en provence alpes côte d’azur. Ce qu’il faut expliquent ils, c’est trouver un nom qui reflète une identité. Occitanie pour Midi Pyrénées Languedoc Roussillon, ça fonctionne, en revanche, Lotharingie ou Austrasie, des noms à connotation historique, pour le nord est, ça ne dit rien à personne.

Ce matin dans les Echos le candidat socialiste en Ile de France, Claude Bartolone propose « Paris-Ile de France », car dit il, Paris est la deuxième marque la plus connue au monde après Coca-Cola, c’est donc un atout affirme t il, pour la compétitivité de la région.

On termine par un homme de la nuit

Joliment surnommé par le journaliste du Parisien qui fait son portrait, « la macha béranger » de l’Elysée, quel hommage à l’ancienne égérie des nuits de France inter ! Cet homme, Gérard Duboisset est depuis 25 ans, le standardiste de nuit du palais présidentiel. Une centaine de fois par nuit, il décroche « présidence de la république bonsoir ! », on l’appelle pour un logement, une coupure d’électricité, un emploi, ou le 31 décembre, pour souhaiter en direct une bonne année au président ! faut se méfier de tout le monde, et notamment des canulars de Baffie ou Hanouna …Et puis il y a des moments difficiles dans le job, quand l’impopularité du président grandit fin 2013, notamment avec les accusations de matraquage fiscal, c’est le standardiste qui récolte la tempête ! François Hollande vient de décorer le macha béranger de l’élysée…

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.