L’homme a la moustache et les yeux plutôt rieurs… Des cheveux longs rejetés en arrière… Un peu grunge, pour tout dire… Il est assis en face de moi… Il s’appelle Alain Rey… C’est la star de la semaine dans "Télérama"… Interview de 4 pages… Dossier principal de l’hebdomadaire.. Pour la sortie de son "Dictionnaire culturel en langue française"… Assurément un événement littéraire. Quelle somme : 4 volumes blancs : 65.000 entrées, et surtout ces encadrés, souvent longs et très fouillés, qui constituent le cœur du projet… L’oeuvre est remarquable, et remarquée… Et ce n’est pas parce que Alain Rey est l’un des chroniqueurs de France Inter qu’il est à l’honneur dans cette revue de presse… Qui plus est, au début… Mais ce n’est pas non plus parce qu’il est sur France Inter qu’il faut ici s’interdire d’en parler… Non… Seule l’oeuvre compte. 4 pages d’interview, donc, dans "Télérama"… Et ainsi, j’apprends par la presse, Alain Rey, que selon la légende familiale, vous avez appris à parler avant de savoir marcher et que vous entrepreniez de grands discours dans les bras de votre mère, et que, très vite, une question vous a poursuivi… Comment les choses s’appellent-elles ? Ce bébé bavard est donc devenu l’homme que vous êtes… L’amoureux des mots… D’ailleurs, votre "Dictionnaire culturel", c’est pour chaque mot : un texte, une histoire, un voyage, dont les lecteurs de "Télérama" peuvent avoir une idée assez précise grâce à ce fascicule vendu avec l’hebdomadaire : il s’apelle « Mots choisis »… 36 pages : extrait du "Dictionnaire culturel". En ligne avec nous : Antoine Perrault, de "Télérama"… Bonjour… Qu’est-ce qui vous a tant séduit, dans le dictionnaire d’Alain Rey, au point d’en consacrer 6 pages dans votre magazine + un livret ? * Vous considérez ce dictionnaire comme un événement littéraire majeur ? Merci Antoine Perrault… Télérama. L’autre star dans la presse ce matin, elle est en bleu, et elle peut avoir différents visages…Celui de Zidane, de Govou ou de Cissé… Car ce soir sera peut-être le grand soir, ou celui des mouchoirs… France-Chypre, avec au bout du compte une probable qualification pour la Coupe du Monde 2006…Mais il y a d'un côté la France, qui a peur dans cette histoire parce qu’on sait jamais… Un accident est si vite arrivé… Et puis, les Suisses pourraient faire un bon coup en Irlande… Eh bien …. Si les Bleus veulent se sauver, écrit Hervé Chabaud dans "L'Union" et "L’Ardennais", qu’ils se sauvent d’abord de leur petit football tranquille. "Allez, qu’on en finisse", titre "L’Equipe", qui admet que ce soir, l’équipe de France conclut un pénible parcours qualificatif. Quand on pense aux grands sourires qui avaient accompagné le tirage au sort de Francfort en décembre 2003, la situation dans laquelle se retrouve les Bleus aujourd’hui confine à l’incongruité… Le groupe de la France était le moins relevé… Et voilà où elle en est aujourd’hui, condamnée à gagner … Et prier. "Le Figaro", lui, s’intéresse aux conséquences économiques d’une élimination des Bleus… S’ils ne vont pas en Coupe du Monde, explique ce journal, la consommation risque de piquer du nez. Soyons sérieux : onze hommes qui courent après un ballon pourraient influer sur le moral des Français ? Bien sûr que oui, répond Francois Miquet-Marty, de l’institut Louis-Harris… Souvenez-vous de l’été 98… Apres la victoire des Bleus en Coupe du Monde, la popularité des hommes politiques s’était envolée et la consommation avait redémarré. Donc il faut se qualifier, surtout cette année, apres la claque des JO confiés à Londres… Sinon, le sentiment que rien ne va plus dans ce vieux pays va être renforcé, et on connaît la musique… Sinistrose= baisse de consommation. Alors de grâce, les Bleus… Gagnez… La croissance en dépend. Inquiétante, l'information que nous livre ce matin "Le Parisien", dans son carnet "Le Journal de Paris"... Une lourde menace plane sur le système de chauffage d'une large zone, qui englobe le 15ème arrondissement, Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux... Si le thermomètre passe sous la barre des "moins 3" en hiver, le système de chauffage pourrait être incapable de faire face. C'est très clairement exprimé dans une lettre envoyée le 9 août dernier à Bertrand Delanoë par la Compagnie parisienne de Chauffage urbain... Il est écrit noir sur blanc : "Nous confirmons que les deux chaudières nouvelles de Grenelle ne pourront pas être mises en service avant la mi-février 2006, et qu'en cas de vague de froid intense, 73 sites subiront des insuffisances significatives de chauffage". Au total : 4.940 logements et 73 établissements publics, dont le siège de France Télévision, Aquaboulevard... Et, beaucoup plus gênant, l'hôpital Georges-Pompidou... Mais l'Assistance Publique dit avoir reçu l'assurance que l'alimentation ne serait pas coupée pendant l'hiver. En revanche, pour des dizaines de milliers d'habitants, le risque est gros : ils devraient sentir passer l'hiver. Oui... Une certaine Séverine, 31 ans, dont "Le Monde" nous raconte l'histoire saisissante. Il s'agit de Séverine Braguier, directrice du Musée de Carnac, brutalement partie le 20 juin sans prévenir quiconque, pour une errance amoureuse semée de rares indices. Sans un mot... Elle a disparu... Et depuis ce 20 juin, elle court les routes avec son ami, en semant derrière elle des chèques sans provision et de petits caillous que ses proches prennent en plein coeur. On l'aura compris, c'est une disparition volontaire, une envie d'en finir avec "tout ça" pour vivre autre chose... Une rupture... Mais ce discours, les proches ont du mal à l'entendre... D'ailleurs, imaginez la scène. Chez Séverine, Blandine sa petite soeur retrouve le portable de la disparue et son trousseau de clés... Plusieurs livres également, dont on avait découpé des photos, et puis un tableau des falaises de Kaspar David Friedrich... Blandine a tout de suite paniqué... Pour elle, les choses étaient claires : sa soeur était partie se suicider... Se jeter du haut d'une falaise. Alors, un jour, sentant tout le monde à ses trousses, Séverine leur envoie ce message... Un texte codé, avec des extraits d'une chanson de Bashung, qui dit entre autres : "N'essayez pas de m'éteindre, ou je m'incendie volontaire... Si c'est pour jouer les fugitifs, moi je suis volontaire". Et c'est ainsi, nous explique "Le Monde", que tous les ans, 1.700 personnes disparaissent volontairement... C'est leur droit... Sauf si la disparition paraît inquiétante... D'ailleurs, les gendarmes ont rapidement envoyé promener les proches de Séverine, au nom justement de la liberté de disparaître... Au nom de la rupture. "Rupture" : le maître mot de Nicolas Sarkozy, qui a porté plainte contre "France Soir" parce que le journal a divulgué le nom de sa nouvelle compagne. Oui mais, comme l'écrit Francis Brochet dans "Le Progrès", Feydeau est à l'affiche à Paris... Nous adorons les histoires de portes qui claquent et d'amants dans le placard... Et nous ne détestons pas que la scène du théâtre devienne celle du pouvoir pour apprendre les amours des grands, comme les Grecs suivaient les coucheries des dieux. Et lorsque les photos paraîtront, poursuit Francis Brochet, Sarkozy feindra de mettre en scène ce que la vie a décidé... Car il en est bien capable, ne serait-ce que pour illustrer une nouvelle rupture avec Chirac qui, lui, n'a jamais assumé son côté Feydeau. Mais apparemment, le principal souci de Nicolas Sarkozy, c'est toujours Dominique de Villepin... Polar politique dont la droite a le secret, et auquel "VSD" consacre un article intitulé "Ca va bientôt saigner !". D'ailleurs, depuis quelques jours à Matignon, comme Place Beauvau, on jure la main sur le coeur que le Premier ministre et son ministre de l'Intérieur n'ont jamais aussi bien travaillé ensemble... Ce qui, on le sait, n'est pas bon signe. Du reste, c'est un proche du Président qui confie à "VSD" : "Pas du tout, vous allez voir : maintenant, ça va saigner !". D'abord, il y a un fait : alors que le cercle des villepinistes s'agrandit, explique "VSD", celui des sarkozystes se réduit... C'est mathématique. Je vous passe quelques bassesses des uns et des autres, rapportées par "VSD", mais un conseiller du Président en tire cette morale : "Il reste 19 mois à tenir jusqu'à la Présidentielle... A ce rythme-là, Villepin et Sarkozy seront tous les deux carbonisés". Et Jacques Chirac... Là, c'est "Libération" qui explique la manoeuvre, avec un exemple... Comment le Président a gâché le voyage du ministre de l'Intérieur à Londres... Nicolas Sarkozy a dû se contenter d'une rencontre quasi clandestine avec Tony Blair dans un hôtel... L'entretien devait avoir lieu au 10 Downing Street, mais entretemps, le Premier ministre britannique a vu Jacques Chirac. Mais non : à aucun moment, il n'a été question du voyage de Sarkozy à Londres, assure l'Elysée... Peut-être, mais en marge des discussions, "Libération" affirme que l'entourage de Blair s'est vu signifier explicitement de ne pas s'afficher lundi à Londres avec le président de l'UMP. Et comme Tony Blair voulait éviter que Jacques Chirac lui gâche le sommet, il a préféré obtempérer. Quant à la "migraine" de Nicolas Sarkozy, mercredi dernier... Sous le titre "Prise de tête et prise de becs", "Le Canard Enchaîné" croit savoir que le ministre de l'Intérieur s'est bien réveillé le matin avec un vrai mal de tête, mais qu'il n'avait pas digéré non plus la provocation de Villepin qui, la veille, l'avait aligné devant le groupe UMP en disant : "La rupture n'a été possible qu'une seule fois dans l'Histoire... Ce fut la Révolution... Les ruptures se terminent dans un bain de sang". En représailles... Terribles représailles, Nicolas Sarkozy, qui boudait, s'est donc fait porter pâle au Conseil des ministres. Explications et commentaires du ministre de l'Intérieur, toujours selon "Le Canard Enchaîné"... Vous allez voir : quand il est rouge de colère, le ministre de l'Intérieur emploie un langage assez vert... "J'aurais très bien pu aller au Conseil, mais comme ils me font tous chier, je n'avais pas envie de leur faire le plaisir de me voir avec une sale gueule". Je ne suis pas certain que ces mots-là soient à l'honneur dans le dictionnaire d'Alain Rey !

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