Une inquiétude sourde, ce matin... Le portrait d'une Europe en danger... C'est dans Courrier International... un dossier intitulé "Europe : à l'extrême-droite toute !"... Une Europe menacée de gangrène, pour Philippe Thureau-Dangin, l'éditorialiste de l'hebdomadaire... Parce que... l'extrême-droite participe déjà au pouvoir en Slovaquie et en Pologne... Elle a failli remporter des municipalités importantes en pays flamand... En Autriche, elle va obliger les grands partis à lui barrer la route en formant une coalition... En Hongrie, elle pousse les gens dans la rue pour renverser le gouvernement... En Bulgarie, comme en France ou en Allemagne, elle n'a plus peur des outrances verbales, ouvertement racistes, ce qui ne nuit pas à sa popularité, au contraire ! Et Courrier International de prévenir... D’un pays à l’autre, on trouve toujours les mêmes ingrédients dans les cocktails extrémistes : la peur de l’avenir, la haine de l’autre, une méfiance à l’égard de la démocratie, la prétention d’échapper au système... C'est "la faillite de la grande Europe", pour le politologue Ivan Krastev... "La nouvelle Europe n'est plus une variante en miniature des Etats-Unis... Elle est devenue une petite France... La nouvelle Europe, c'est sous ce nom que certains avaient baptisé les ex-pays communistes qui intégraient l'Union européenne... Aujourd'hui, comme la France, ils sont troublés, mécontents, imprévisibles... avec une vie politique dominée par les populistes de gauche et les nationalistes d'extrême-droite"... Alors, dans Courrier International, à chaque pays son extrême-droite... En Allemagne, la nouvelle stratégie des néonazis, c'est "incursion chez les braves gens... Ils offrent des tétines pour les bébés, des biscuits pour les parents... Mais font toujours le coup de poing avec leurs adversaires"... "En Pologne, les modérés n'ont plus le vent en poupe... Place aux radicaux... Et ce sont les anti-système du système qui tirent leur épingle du jeu", constate un chroniqueur de la Gazeta Wyborcza... L'Espagne a droit à un post-franquisme municipal... une extrême-droite espagnole qui relève la tête, en surfant sur les thèmes de l'insécurité et de l'immigration... Extrême-droite contre immigration... En Belgique, malgré les craintes, c'est peut-être bien finalement l'immigration qui a gagné, lors des dernières municipales... En Une du Monde : "En Belgique, des élus municipaux non-Européens"... "Après les élections du week-end dernier, il y a près de 150 conseillers municipaux étrangers à Bruxelles... 150 sur 663 élus... Les plus nombreux sont d'origine marocaine et turque... Mais on relève aussi de nombreux Africains, des Latino-Américains, un Pakistanais et un Chinois"... Le Monde qui constate que des conseillers d'origine étrangère seront également présents dans les grandes villes de Wallonie et de Flandres, comme Charleroi, Liège, Anvers ou Gand... Et puis il y a ceux qui rêvent d'ailleurs... Et ils ne viennent pas forcément de très loin... C'est également à lire dans Le Monde... Le "désir de France" des enfants d'Albion... Parce que jamais les Britanniques n'ont autant rêvé de France... 22 % d'entre eux auraient préféré naître Français... C'est un sondage qui le dit... Chose assez surprenante pour des Britanniques au patriotisme légendaire, et si eurosceptiques : ils ne sont guère attachés à leur nationalité... La France vient en tête du palmarès des rêves des Britanniques... La France devance l'Espagne et l'Italie... Et ce regain de francophilie obéit à de solides considérations matérielles : le climat plus clément, la vie moins chère et moins stressante, les prix de l'immobilier plus raisonnables, la plus grande efficacité des services publics, notamment les transports et la santé, la qualité de la nourriture et la saveur des vins... Les Anglais à rebrousse-poil de la mentalité ambiante... L'hebdomadaire La Vie se penche, cette semaine, sur les frontières... A l'occasion d'une exposition à Lyon... Parce que, remarque le magazine, "si le discours officiel rêve d'un monde meilleur, dans lequel les barrières entre pays et entre peuples n'existeraient plus... les frontières reviennent en force... Au 20ème siècle, le nombre des Etats est passé d'une soixantaine à plus de 200... En Europe, 14.000 kilomètres de frontières ont été créés depuis 1989... La frontière est multiforme, perméable ou étanche, attractive ou répulsive, naturelle ou artificielle... Elle est le lieu essentiel de notre identité... Et elle nourrit l'imaginaire des hommes... Ainsi, le Romano Than... le pays utopique de la communauté rom... ce pays où on n'arrive jamais, et qui repose dans le coeur des hommes"... Un peu plus de coeur derrière ces frontières-là... L'Irak retient l'attention de beaucoup de journaux étrangers ce matin... "655.000 morts : le bilan de la guerre en Irak"... C'est le grand titre de The Independent, qui fait état d'une nouvelle enquête... 655.000 morts donc... Et 1 décès toutes les 3 minutes... des chiffres choquants, qui révèlent le vrai prix de la guerre, pour le quotidien britannique... A Melbourne, The Australian précise que ce rapport de chercheurs italiens et américains est le deuxième du genre... Le premier, en 2004, avait estimé à 100.000 le nombre de morts durant la première année de guerre... L'étude avait été fortement critiquée pour sa marge d'erreurs trop importante... Et c'est encore pour cela que les autorités américaines et britanniques rejettent ces chiffres, analyse The Guardian... "George Bush estime que ce n'est pas un rapport crédible... En Angleterre, le Foreign Office (le ministère des Affaires étrangères) préfère les chiffres du ministère irakien de la Santé, qui a enregistré 7.254 décès entre janvier 2005 et janvier 2006... "Irak : la mort au quotidien"... C'est un reportage-photos dans Paris-Match... "Dans les rues, les passants ont à peine un regard sur les cadavres mutilés... La violence et la mort n'interrompent plus l'activité quotidienne des Irakiens... Ce sont des images d'épouvante, d'un bourbier dans lequel le pays s'enfonce inexorablement"... Paris-Match qui montre comment les soldats américains n'arrivent pas à s'imposer, et qui note que "chaque semaine, une nouvelle statistique vient contredire l'optimisme affiché du Président Bush... Parce que, quand on fait les comptes, ce sont 2.729 Américains qui ont été tués"... Les soldats américains en Irak... Et leur famille qui continue de vivre au pays... "Comment faire pour supporter l'absence ?"... C'est à lire dans Courrier International... un article repris du New York Times... un article où l'on découvre ce qu'est un "flat-daddy"... littéralement un "papa plat"... "C'est la Garde nationale qui distribue aux familles de soldats des photos en buste grandeur nature des soldats déployés à l'étranger... On colle la photo sur un grand carton... Et voici le "papa plat"... Un "flat-daddy" qui, du coup, participe à toutes les activités de la famille... On les fait poser lors des photos d'école... Et ils permettent surtout aux jeunes enfants de ne pas oublier à quoi ressemble leur père... Et Cindy, femme de soldat dans le Dakota du Nord, raconte que grâce à son "flat-daddy", sa fille Sarah, âgée de 4 ans, a pu sauter au cou de son père quand il est sorti de l'avion"... L'importance des liens familiaux... L'Institut national d'études démographiques a publié une enquête sur l'état des relations entre parents et enfants... "Plus de 4 enfants sur 10 voient leurs parents chaque semaine", constate Le Parisien-Aujourd'hui en France... qui résume : "Plus on quitte tôt la maison, moins on voit ses parents... L'enfant unique et la fille sont plus assidus... la mère, plus visitée que le père... Oui, analyse également Libération, la fréquence à laquelle ils se voient varie selon l'histoire familiale et le mode de vie... Mais globalement : "parents-enfants : le lien tient la distance"... Libération qui remarque "qu'à éloignement égal du domicile parental, les cadres voient moins leurs parents que les agriculteurs ou les ouvriers... La moitié des agriculteurs vivent à moins de 7 minutes de leurs parents... La moitié des cadres, à plus d'une heure du foyer parental"... Pour La Croix, cette enquête est plutôt une bonne nouvelle... "Quitter ses parents, ce n'est pas rompre avec eux... La famille reste l'un des éléments les plus importants de la vie... Les enfants n'abandonnent pas leurs parents, au contraire... Ce sont de plus en plus souvent eux qui assurent l'accompagnement dans le grand âge... Si les familles se recomposent, si les liens familiaux évoluent, ils ne se distendent pas"... Alors lui, le lien familial, il l'assume... Thomas Hollande, 21 ans... Il répond aux questions du Point, cette semaine... Le fils de Ségolène Royal et de François Hollande soutient sa mère dans la campagne pour la Présidentielle... Et Le Point lui demande si son engagement aurait été le même avec son père... Réponse : "Si mon père avait été en situation, je l'aurais soutenu... Mais il est plus classique, plus traditionnel... Je n'aurais pas eu ma place dans cette campagne-là... Les campagnes de Ségolène, c'est nouveau... Chaque militant joue son rôle... Et faire une campagne hors du parti m'intéressait"... Quant à sa conscience politique : qui l'a forgée ?... "Eh bien, pas plus mon père que ma mère, dit-il... Lui, c'était plutôt la théorie, et elle, la pratique"... Est-ce que le fils a de l'influence sur la mère ?... "Il arrive qu'elle retienne mes idées", avoue-t-il, modeste... Elle, son nom, elle essaie de le faire oublier... Marie de Villepin... La mannequin-vedette du parfumeur Givenchy doit résoudre une équation délicate : "comment devenir star de la mode quand on est fille de Premier ministre ?", questionne Le Nouvel Observateur... "A 20 ans, la fille de Dominique de Villepin se fait appeler Marie Steiss... Elle refuse jusqu'ici toutes les demandes d'interview... La fille est en effet priée de ne pas réduire à néant les efforts désespérés du père pour apparaître plus proche du peuple... Du coup, raconte Le Nouvel Obs, les photographes de la pub Givenchy ont dû s'arranger pour que les lèvres de la belle apparaissent un peu moins pulpeuses... Mais Marie mannequin rêve déjà d'autres horizons... Ecriture, peinture, cinéma... Elle en est persuadée : "J'ai un destin"... Et Le Nouvel Obs de conclure : "Difficile, décidément, de faire croire qu'elle n'est pas la fille de son père"...

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