Quand les inconnus font parler d'eux... Et bien malgré eux parfois, comme le montre cette histoire ce matin, dans Le Parisien-Aujourd'hui... C'est l'histoire d'une bouteille à la mer, une vraie : un joli flacon bleu, dans lequel on a glissé deux mèches de cheveux et une lettre enroulée dans un ruban. L'auteur de la lettre demande pardon à Maurice. Elle (car c'est une femme, une Anglaise) a jeté la bouteille un vilain jour de déprime, un de plus, depuis le pont d'un ferry entre Calais et Douvre. C'était en mars 2002. Jamais elle ne pensait que quelqu'un entendrait son SOS. A vrai dire, elle ne le voulait pas. Cette bouteille jetée à la mer, c'était son intimité, une façon d'essayer de clore un chapitre de sa vie : la mort d'un fils dans un accident de voiture treize ans plus tôt. C'est lui, Maurice. Sauf que la bouteille est tombée entre les mains de Karen. Et c'est là que le système médiatique s'est emballé. Karen a été bouleversée par la lettre. Elle en a fait un livre. Pendant sept ans, elle a enquêté. Elle a étudié les courants marins pour savoir d'où la bouteille pouvait venir. Elle a montré la lettre à des graphologues, des voyants, des charlatans... Un joli buzz, une belle histoire pleine d'émotion pour les journalistes. Alors, ce que la maman de Maurice ne voulait pas est arrivé : son histoire a été exposée sur la place publique. Et un beau jour, elle a entendu parler d'elle-même à la télévision. Plus le choix : elle a fini par répondre à l'avis de recherche lancé sur Internet : "C'est moi". Elle a laissé un numéro de téléphone. Les deux femmes se sont rencontrées dans un petit bar un peu glauque, dans le nord de la France. La maman de Maurice a raconté à Karen comment le battage médiatique a été un choc pour elle, comme elle s'est sentie violée dans son intimité. Karen a promis : elle ne donnera pas son identité. Reste la bouteille : les deux femmes ne savent pas trop quoi en faire. C'est un joli flacon bleu, avec deux mèches de cheveux et une lettre enroulée dans un ruban... Après l'Anglaise inconnue, le soldat inconnu... Oui, c'est l'expression qui vient à l'esprit quand on lit l'histoire de Ounoussou Guissé, ce matin dans Libération... C'est l'histoire d'un Béret rouge : un homme qui s'est engagé au Premier régiment de hussards parachutistes de Tarbes... un para, qui revient d'Afghanistan. Il a servi sous le drapeau, mais aujourd'hui on lui conteste sa nationalité française. "Le brigadier Ounoussou Guissé est victime d'un problème lié à la décolonisation", explique son avocate. Il est né au Sénégal, mais il a des papiers en bonne et due forme par son père, qui avait choisi la nationalité française en 1962. Alors pourquoi vient-on lui chercher des noises aujourd'hui ? Explications de Jean-Dominique Merchet, dans Libé. En 1960, lors de l'indépendance, les personnes d'origine sénégalaise qui résidaient en France pouvaient choisir de garder la nationalité française. C'est ce qu'a fait le père du brigadier. Mais depuis, l'interprétation de la loi a changé. Selon la Cour de Cassation, il ne suffit plus que la personne ait été domiciliée en France au moment de l'indépendance : il faut que sa famille l'ait été également. En quelque sorte, la France dit à ses ressortissants qu'elle s'est trompée en 1960. "Sur le plan symbolique, cette affaire est démentielle", témoigne un spécialiste de l'histoire militaire coloniale. "Cela revient à dire aux jeunes issus de l'immigration que, même sous l'uniforme français, ils peuvent être mis dehors". Le cas du brigadier Guissé a été jugé mardi dernier au tribunal de Rouen. Il s'est présenté en uniforme et le béret rouge vissé sur la tête. L'affaire est mise en délibéré au 18 novembre. La grogne d'un soldat inconnu... La grogne des soldats du peuple de droite aussi... La Tribune fait sa Une ce matin sur "ces réformes qui fâchent la majorité". Suppression de la taxe professionnelle sur les investissements, instauration de la taxe carbone... Les élus UMP ont de plus en plus de mal à défendre tout cela sur les marchés le dimanche. Exemple : la taxe carbone. La sénatrice UMP de Strasbourg Fabienne Keller déplore ses effets : "Les Français pensent qu'il s'agit, sous couvert d'écologie, de remplir les caisses de l'Etat". "Les gens ne voient qu'une chose : l'augmentation du prix des carburants", confirme une autre élue. Témoignage du député de Moselle François Grosdidier : lorsqu'il a demandé aux cadres UMP de plaider la bonne parole, les militants ont refusé, tant la confrontation avec la population est difficile. Et si les élus de droite commencent à s'inquiéter, c'est parce que les Régionales de mars prochain approchent à petits pas. Et Le Figaro confirme : "L'UMP revoit ses ambitions à la baisse". Elles s'annonçaient imperdables ou presque, ces élections, puisque la droite n'est sortante que dans deux régions sur vingt-deux. Cet été encore, les plus optimistes tablaient sur la reconquête de six à sept bastions. Aujourd'hui, on est à quatre, et encore... Dans ces régions, les problèmes de personnes se multiplient : Roselyne Bachelot forfait dans les Pays-de-la-Loire, même chose pour Hubert Falco en Provence-Alpes-Côte d'Azur, bisbilles UMP-Nouveau Centre en Basse-Normandie... Des quatre régions gagnables, seule la Champagne-Ardenne ne semble pas présenter de problème majeur. "C'est un parcours d'obstacles malaisé qui attend Nicolas Sarkozy pour sa seconde partie de mandat", écrit Daniel Ruiz dans son édito de La Montagne. "Les piliers de la majorité, surtout les barons nostalgiques du RPR, ont de plus en plus de mal à supporter les diktats de la technostructure présidentielle, qui décide de tout. L'absence de relais politiques solides est devenue, pour le Président, une réelle fragilité... sans compter qu'à vouloir faire à la gauche, avec les Verts, ce que François Mitterrand avait fait à la droite avec le FN, Nicolas Sarkozy prend lui aussi le risque d'avoir son 2002". Encore une discrète qui fait parler d'elle... C'est une vieille dame qui arrive très tôt au travail chaque matin... 89 ans... Mais pour rien au monde elle ne lâcherait son poste. Sa silhouette, son pantalon noir, son col roulé rouge et son écharpe de coton bleu sont célèbres à Washington. Personne n'oserait s'asseoir à sa place dans la salle de presse de la Maison Blanche. Hélène Thomas est la doyenne des correspondants de presse auprès de la Présidence américaine. Au-delà de la Maison Blanche, peu de monde la connaît. Mais l'une de ses dernières sorties est symbolique du retournement de la presse à l'égard d'Obama. 1er octobre... Quand Hélène Thomas demande le micro, Robert Gibbs, le porte-parole d'Obama, un gamin de 38 ans, a son habituel faciès poupin et jovial. Le sourire va vite se figer : Hélène Thomas lui demande des comptes sur la réforme de la santé publique. Le duel commence. - "Vous me posez toujours la même question", dit Robert Gibbs. - "C'est parce que vous n'y répondez jamais". - "Apparemment, ça ne vous satisfait pas ?" - "Exact, répond Hélène. Il va se battre, le Président, ou pas ?" Gibbs essaie de noyer le poisson. La vieille dame le mord aux ouïes : "Vous n'y arriverez jamais". - "Alors, pourquoi m'interroger ?" - "Parce que je veux que votre conscience vienne vous déranger"... Rumeur dans la salle. Rougeur sur le visage de Robert Gibbs. Dans la foulée de la doyenne, toute la presse s'acharne sur le porte-parole. "Les dévots sont devenus des mécréants", commente Philippe Labro, qui raconte cette histoire dans Le Figaro. "Après d'autres, Obama est victime de la fameuse formule des 'trois L' : on lèche, on lâche, puis on lynche". Selon Labro, le Prix Nobel de la Paix décroché vendredi n'y change rien pour l'instant. Et pour finir, le dernier personnage passé de l'ombre à la lumière, il est dans L'Equipe ce matin... Photo de Martin Palermo, torse nu sous des trombes d'eau, hurlant son bonheur hier soir au stade Monumental de Buenos Aires. Ce joueur, c'était un banni de l'équipe d'Argentine depuis dix ans et un match face à la Colombie : il avait raté trois penalties lors de la même partie. Un crime, au pays de Diego Maradona. Maradona, il est aujourd'hui sélectionneur de l'équipe d'Argentine, presque aussi mal vu que Domenech en France : son équipe est loin d'être qualifiée pour la Coupe du Monde. Hier soir, à la 92ème minute du match face au Pérou, il y avait encore "1 partout", et Maradona, stoïque sur son banc de touche, encaissait les insultes venues des tribunes. C'est alors que le banni a jailli. La tempête qui s'était abattue sur le match ajoutait à la tonalité dramatique. A la 93ème minute, Palermo a marqué, à la limite du hors-jeu. Hystérie dans tout le pays. Maradona s'est jeté sur la pelouse en glissant sur le ventre comme une otarie. "Le barbu est passé par là", dit l'ancienne star argentine. Le barbu, dans le vocabulaire de Don Diego, c'est un peu Castro et beaucoup Dieu. Attention Diego : les miracles ne se produisent pas tous les jours...

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