Du sang peut-être contaminé à la Une de l'Humanité, un compagnon de Pelé effaré par son pays et qui se souvient de la dictature dans l'Equipe, l'hommage somptueux à Guy Roux de l'Yonne républicaine, et une dispute historique sur les Cathares dans l'Indépendant... Et les 110 ans des Echos!

Un héros pour commencer.

Qui est à la une la Provence, sourire dents du bonheur et sa bonne joue embrassée par une dame, avec ce titre "il l'a sauvée", Denis Bikiny, 26 ans qui dimanche dernier, à l'aube, s'est jeté à l'eau pour sauver Gahlia 44 ans, qui se noyait dans sa Citroen submergée par un torrent que les pluies avaient formé sous la passerelle de Plombières... Elle allait au boulot, il revenait de boite de nuit, et la Provence raconte la suite au présent. "Il atteint la voiture, la tête sous l'eau, il se cramponne à la poignée de la porte avant, la poignée cède, son épaule se déboite, Denis se rabat sur la porte arrière, il utilise ses pieds pour faire levier, la technique est la bonne, il extirpe Gahlia; la mère de famille épuisée s'accroche à ses épaules, le binôme se laisse emporter par le courant, un pilier de béton les arrête, denis fait bloc..." 

et c'est une chaine humaine qui les ramène sur la rive.

Ils sont à la une de la Provence pour dire que nous avons, dans ce peuple, des héros. Ils surnagent, Denis et Gahlia quand d'autres périssent: Françoise Barbé s'est noyée dans sa voiture, retrouvée au large de sainte maxime dans le var, elle était conseillère municipale à Gardanne, qui prend le deuil.

Denis nous garde quand on avance dans ces journaux qui ne nous épargnent guère. Il y a ce sang possiblement contaminé que lance l'Humanité à sa Une. Trois cents machines à collecter le sang de la firme Haemoenetics, utilisée par l'institut français du sang, étaient défectueuses, elles pouvaient laisser passer des particules cancéreuses. Elles ont été retirées en septembre dernier, 3 ans, mille jours, dit l’Humanité, après de premières alertes. 

Il y a cet amiante dans le lycée Georges Brassens de Villeneuve le Roi, à la Une de Libération. Il y a cet autre lycée, Jacques Feyder d'Epinay sur seine, dans Marianne, dévasté de travaux et de pénurie, 1700 élèves, 7 toilettes.  Il y a ces enfants du collège Jacques Prévert de Meythet en Haute-Savoie, qui ne font plus de sport dans la forêt, pour ne plus croiser les dealers, c'est dans le Parisien après le Dauphiné. 

Le Figaro et le Parisien dénoncent les  6000 mairies qui augmentent dans le dos du pouvoir et sur notre dos la taxe d'habitation, mais ont elle le choix. Le courrier Picard dénonce l'essence qui n'en finit plus de grimper...

La Marseillaise, elle, met à sa une le bétonnage de nos sols, et l'urbanisation qui avec le réchauffement , crée des pluies assassines, "ça ne tombe pas que du ciel", titre la Marseillaise au-dessus de la photo de voiture de Françoise Barbé... Avant les héros, il y a l'incurie des hommes.     

Et des menaces à l'étranger...

Le Figaro livre le récit glaçant de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, enlevé à Istanbul, drogué, tué, dépecé sans doute par un commando venu en Turquie, détail sordide, avec une scie à os. Plus loin dans le même journal, ce pouvoir chinois qui enlève ses citoyens gênants au gré de ses envies sécuritaires, le patron d'Interpol Meng Hongwei, n'est que le dernier d'une longue liste, après l'actrice Fan Bingbing, escamotée trois mois, ou la jeune marxiste  Yue Xin, arrêtée l'été dernier, elle soutenait des ouvriers en grève...

L'oppression nous enserre. La démocratie n'est jamais acquise dit le vétéran chrétien démocrate allemand Wolfgang Schauble au Figaro, quand la Bavière, c'est la une de la Croix, attend ce dimanche une vague d'extrême droite. L'extreme droite qui apparait en Espagne, reportage de Libération, l’extrême-droite qui se prépare à prendre le Brésil, sous les applaudissements des footballeurs: l'Equipe raconte ces joueurs sans conscience et imprégnés d'une religiosité évangéliste que Jair Bolsonaro sait utiliser... Un vieil homme ne comprend pas. Il s'appelle Tostao, il fut champion du Monde avec Pelé en 1970, quand les militaires régnaient. "A mon époque, personne ne parlait de politique, c'était interdit, n les joueurs ni personne, c'était ça la dictature militaires." Celle dont Bolsonaro est un adepte aujourd'hui et dont Tostao redoute le retour. Comment écouter le vieil homme qui sait?

Et on parle donc de mémoire ce matin...

Elle nous réchauffe la mémoire, et ce matin celle des Echos, quotidien de l'économie fondé il y a 110 ans sous le nom des Echos de l'exportation pour "lutter contre l'inquisition fiscale", écrivait-il, et dont le fondateur Robert Schreiber disait au grand maréchal Lyautey: "Les patrons aiment qu'on les visite, qu'on s'enquière de leur réalité, c'est ainsi que nous trouvons de nouveaux sujets d'article", et rien n'a changé en somme, pour un journal libéral et de l'industrie.

Elle nous sauve la mémoire, dans la Croix, un historien des arts, Michael Barry, nous bouleverse. Il travaille à comprendre et ressusciter l'art pictural islamique, des enluminures et peintures du 15e siècle venues d'Afghanistan, que plus personne ne sait comprendre au temps du salafisme et des talibans, il fait parler cet art devenu muet pour réveiller aussi la conscience des croyants. 

Elle nous passionne la mémoire. L'Indépendant mène dans ses pages un débat sur l'identité de l'Aude, ce département qui se proclame le pays cathare. Mais une historienne, Alessia Rivelonne, conteste une idée reçue forgée dit-elle au XIXe siècle, il y eut certes des hérétiques dans le Languedoc, mais pas de cathares... D'autres historiens lui répondent, on se dispute dans « l'indé", sur des bulles papales et des registres de l'inquisition des 12e et 13e siècle... 

Allons. Si les cathares ne sont pas de l'Aude, Guy Roux est d'Auxerre, c'est une identité, il prend sa vraie retraite  et l'Yonne républicaine le salue d'un hors série bruissant de mémoire et d'humanité réjouie, ce Guy Roux à qui un certain François Mitterrand payait à boire, en 1974, fêtant  la naissance de Mazarine Pingeot.   Guy Roux a 80 ans, il arrête, menteur? Il a 80 ans, un de plus que Jacqueline Dervoust qui a été embauchée, en CDI dans un restaurant de crêpes de Concarneau. Elle est dans la vie, dans le Télégramme, Jacqueline, qui nous révèle des surprises.

(J’aurais voulu parler aussi, mais le temps est assassin, de cette nouvelle, lue dans Le Monde: en Chine, des savants ont réussi à faire naître des souriceaux de parents du même sexe, à partir de cellules souches. Nous souviendrons nous, plus tard, que c'était inédit?)  

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.