(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : un risotto à Ramallah....

(Bruno Duvic) A l'entrée du restaurant-discothèque Orjuwan, il y a des 4X4 luxueux et jeunes filles court vêtues perchées sur des talons aiguilles. Quand vous entrez, des tubes orientaux remixés résonnent à vos oreilles. Sur la piste, des étudiants de la diaspora palestinienne, des étrangers, des businessmen... La bourgeoisie locale reste plus sagement dans le patio à déguster un risotto à la palestinienne arrosé de Saint-Emilion.

Bienvenue à Ramallah, ses établissements branchés, ses salles de fitness et son hôtel 5 étoiles désormais. Constance de Bonaventure joue les guides dans le numéro de Geo ce mois-ci.

Ramallah, capitale de facto de l'autorité palestinienne. C'est là qu'est installé le quartier général de l'autorité, là qu'on voit le mieux les résultats de la politique du Premier Ministre Salam Fayyad : faire de la croissance économique la base de tout changement dans la région.

A première vue pari réussi... Les jeunes filles court-vêtues ont le joli visage d'une croissance de plus de 17% en Cisjordanie entre 2008 et 2010.

Mais une fois le risotto avalé, que reste-t-il ? Un mirage. A deux pas des établissements branchés, des camps de réfugiés. Les quartiers florissants de Ramallah sont à part en Palestine. 38% de chômage à Gaza pour ne citer que ce seul chiffre.

A Ramallah, il y a même une bourse, mais son directeur ne se fait pas d'illusion : il ne peut pas y avoir de développement durable tant qu'il y a l'occupation israélienne.

Un exemple, celui de Jawwal, l'opérateur téléphonique palestinien. 850 salariés, plus de 2 millions d'abonnés. Joli boite, mais les perspectives sont limitées : Israël limite les fréquences, contrôle l'acquisition de toute nouvelle antenne et refuse aux palestiniens l'accès au réseau 3G.

Ramallah, bientôt capitale ? se demande Geo . Ramallah, symbole en tout cas des espoirs et des blocages à 8 jours du vote sur l'Etat palestinien aux Nations Unies.

Peut-on se réconcilier ? Question également entre la France et le Rwanda dans un tout autre contexte...

Le jour de la rencontre Sarkozy/Kagame,

La couverture de Libération est volontairement trash : des crânes de squelettes s'entassent en première page. Génocide rwandais : la France s'excusera-t-elle ? S'excuser de quoi ? En 2008, Kigali publiait le rapport Mucyo, qui accuse la France d'avoir contribué à la formation des génocidaires et ses soldats d'avoir directement participé aux massacres.

Ce rapport a contribué à glacer les relations entre les deux pays. Mais Nicolas Sarkozy fait d'une réconciliation avec le Rwanda l'un de ses objectifs. Lors d'une visite dans le pays en 2010, à propos de l'attitude de la France lors du génocide, il avait parlé d'une forme d'aveuglement.

Faut-il aller plus loin ? Y-a-t-il matière à aller plus loin ? Ce rapport Mucyo ulcère toujours beaucoup de diplomates, militaires et hommes politiques français...

Libération publie une tribune de l'ancien ministre Belge des affaires étrangères, Louis Michel. La Belgique, ex puissance coloniale au Rwanda. Il rappelle qu'en 1997, un travail parlementaire très approfondi avait été mené dans son pays sur les événements du Rwanda.

« Ce travail de vérité nous a convaincus qu’à l’époque du génocide, les autorités belges auraient pu – et auraient dû – agir différemment afin d’empêcher le génocide contre les tutsis. Dès lors, il était normal que la Belgique accepte d’assumer une responsabilité morale dans le drame rwandais. (…) Ces excuses ont été présentées à la nation rwandaise le 7 avril 2000. (…) Si l’on ne peut changer le passé, il est toujours possible de le débarrasser des fantômes qui le hantent. »

Dans La Croix Jean-Christophe Ploquin essaye de trouver les mots justes pour définir les enjeux de la rencontre Kagame Sarkozy aujourd'hui.

A propos du génocide : « Ce sont des Rwandais qui ont tué d’autres Rwandais, mais la France peut s’en vouloir - tout comme l’ONU –de ne pas avoir su prévenir le drame »

Ploquin, souligne encore que « le Rwanda est un pays clé, au carrefour de l’Afrique centrale, région riche en ressources minières »

Enfin, pour lui, ce sommet « devrait être aussi – et surtout – l’occasion de presser (Paul Kagame) d’amender son régime. Les organisations de défense des droits de l’Homme jugent la situation dans son pays ‘extrêmement préoccupante’ »

Les relations entre France et Afrique suscitent toujours les polémiques...

Et encore plus depuis les déclarations d'un ancile pilier de la Françafrique, Robert Bourgi, qui accuse Jacques Chirac et Dominique de Villepin d'avoir reçu des valises et mêmes des tambours de billets.

C’est ce que Le Télégramme appelle « Le pavé dans la mare ». Dans Le journal de la Haute-Marne , Patrice Chabanet se demande : « Pourquoi n’a-t-il pas alerté la justice ? (…) Que les allégations soient confirmées ou qu’elles apparaissent comme des mensonges tactiques, c’est tout le crédit de la politique qui s’en trouvera altéré. Une fois de plus. »

Question dans L’Est républicain : « à qui profite le crime ? ». La presse redoute les coups de billards à plusieurs bandes ;

Déjà, lexpress.fr relève qu’un ancien conseiller Afrique de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, accuse Robert Bourgi d’avoir également apporté des billets à Nicolas Sarkozy. Il le dit dans le livre à paraître de Pierre Péan, «La République des malettes ».

Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?

Délinquance, le plan de lutte contre les jeunes roumains. Dossier de Une du Parisien-aujourd'hui-en-France . Interview du ministre de l'Intérieur Claude Guéant, la délinquance impliquant des ressortissants roumains s'est largement accentuée ces dernières semaines, à Paris et en Ile de France et dans une moindre mesure à Lyon et Marseille. Dans son plan de lutte, le rapatriement des mineurs dans leur pays, un renforcement de la coopération avec les Roumains et arrêté anti-mendicité sur les champs Elysées.

Crise de l'Euro : « les banques sous pression ». Manchette du Figaro . La zone Euro est désormais face au scénario d'une faillite de la Grèce, titre les Echos. Grèce, « le ras le bol de l'Allemagne », titre La Tribune . Et pourtant,

Selon Libération , la chancelière Angela Merkel ne serait plus hostile à ce qui est présenté par beaucoup comme la solution pour rassurer les marchés : les Euro obligations. Libé évoque une réunion à huis clos entre la chancelière et les responsables de son parti, la CDU. On verra si cela se traduit dans ses discours publics.

« Ca tangue à l'OM ». Première page de L'Equipe après la défaite de Marseille hier à Domicile contre Rennes. Une défense trop friable, des choix de Didier Deschamps discutés et surtout pas de résultat, l'OM inquiète.

Enfin n'appelez pas le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire ce soir. Le ministre est fan de « L'amour est dans le pré ». C'est la dernière ce soir sur M6. C'est à lire dans le Parisien. Il voit dans l'émission, les valeurs des agriculteurs, humains, fidèles, droits et honnêtes. C’est la nouvelle PAC : Politique Audiovisuelle Commune…

A demain !

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