(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : le fil à la patte

(Bruno Duvic) Avant de replonger dans les plans sociaux, les bisbilles aux PS et autres débats du moment, une parenthèse...

L'Express publie cette semaine une interview d'un des plus grands comédiens français. Robert Hirsch, 87 ans.

Il s'apprête à remonter sur scène au théâtre Hébertot pour jouer une pièce de Florian Zeller, écrite pour lui, « Le père ». "Robert Hirsch a le sourcil pessimiste et l'œil plein d'espoir, écrit Christophe Barbier. Il semble toujours suçoter un cachou." Une mauvaise chute a décalé son retour sur scène...

-Que vous dit votre corps ?

Oh ca tire un peu mais ça ira. De toute façon, en scène, ça va toujours. On n'éternue pas en scène.

-Comment abordez vous un rôle ?

J'arrive à plat, humble.

-Vous songez aux acteurs qui vous ont précédé ?

Non. La tradition ça tuait des spectacles entiers.

Je ne vais jamais au devant d'un rôle. J'aime le destin. Ce qui ne veut pas dire que je me laisse faire. Dans Ruy Blas, après quelques répétitions, j'ai dit, "je vais pisser" et je ne suis jamais revenu. Ce spectacle, c'était la cata.

Robert Hirsch raconte encore que, 24 ans après avoir quitté la comédie française où il a vécu les années les plus heureuses de sa vie, il est retourné en 1998. Comme spectateur. Et pourtant : une trouille de débutant. "Je ne suis jamais revenu".

-Florian Zeller a écrit pour vous... Cela vous rassure ?

Non, c'est la 3ème fois que ça m'arrive et les deux premières c'était naze.

Mais la pièce de Zeller tient la route. Je joue une vieille peau de vache qui prétend être danseur de claquettes.

  • Les méchants, vieille habitude ?

Oui... J'ai eu la chance de ne pas jouer les jeunes premiers. Jeune premier ça ne dure pas, tandis que fumier, on est servi toute sa vie. »

Le fil à la patte, pour les politiques, ce sont les promesses.

Et dimanche à la télévision, François Hollande a donc promis d'inverser la courbe du chômage en un an...

Sur ce terrain, le volontarisme de l'Etat est mis une fois de plus à rude épreuve.

A propos de PSA, le rapport Sartorius rendu public hier valide donc globalement la stratégie de PSA, la fermeture d'Aulnay et les 8.000 suppressions de postes.

Premier effet constaté par Libération : une volte-face du gouvernement. Qualifié d’ « inacceptable » il y a quelques semaines par Arnaud Montebourg, ce plan est désormais jugé « nécessaire ».

Le Figaro s'amuse de cette leçon de réalisme. "Oui la concurrence internationale est une réalité d'une extrême violence" écrit Gaëtan de Capèle dans l’éditorial.

Dossier PSA, dossier Doux, l'Etat est désarmé, titre PSA.

Les Echos montrent François Hollande hier en Bretagne tentant de sauver ce qui peut l'être. « Il met en scène son combat pour l'emploi », titre le quotidien économique.

"Il a juste promis de limiter la casse", ajoute Le Parisien-Aujourd’hui en France qui conclut, après ses entretiens avec les salariés de PSA Rennes : c'était « une compassion affichée, faute de solutions. »

Autre promesse : le mariage pour tous

Autrement dit, au delà du slogan, le mariage ouvert aux couples homosexuels. Celle-ci est en passe d'être réalisée. Christiane Taubira a présenté les grandes lignes du projet hier dans la Croix. Et les commentaires prennent deux directions ce matin.

Sur la forme d'abord, Guillaume Tabard résume les critiques dans son éditorial des Echos.

"En parlant du mariage pour tous, au lendemain de l'annonce d'efforts budgétaires, la garde des Sceaux donne le sentiment que le gouvernement allume un contre-feu sociétal pour faire avaler aux Français l'amère potion fiscale.

Alors que Hollande et Ayrault venaient de proclamer la fin des couacs ministériels, elle prend de court sa collègue de la famille, Dominique Bertinotti, qui du coup parle d'un simple « pré projet ».

Enfin difficile de lancer de larges concertations sur les questions sociales et environnementales et de trancher sur une question aussi délicate avant toute discussion."

Sur le fond, sur l’express.fr , Christophe Barbier relève que la discussion a déjà glissé : il n'y aura pas de débat sur le mariage gay (sous-entendu c'est acquis) mais sur l'adoption.

Et peut être sur la procréation médicale assistée pour les couples de femmes. Car le message de Christiane Taubira dans La Croix hier c'était oui au mariage, à l'adoption, à la filiation mais non à la PMA.

Les Verts qui eux aussi ont été pris de vitesse et avaient dans leur carton une proposition de loi promettent déjà de déposer des amendements sur l'accès à la procréation assistée. C’est à lire dans Le Figaro .

Et on ne sait toujours pas qui succèdera à Martine Aubry à la tête du PS...

Fumée noire rue de Solférino. Les tractations continuent. Fumée noire aussi parce que manifestement les esprits s'échauffent. Au delà du poste de Premier secrétaire, il faut se mettre d’accord sur toute la future équipe dirigeante.

Alors comme l'écrit Le Monde , les hiérarques manœuvrent. Tous les courants, sous-courants et néo-courants doivent être représentés. « On est chez les fous », reconnait un responsable socialiste. Un autre ajoute : « Si les Français savaient qu'on passe des heures de négociations pour 3 places de plus au bureau national contre uen de moins au conseil national, ils seraient atterrés. »

Pour ajouter à la confusion, voilà que Stéphane Hessel dépose une motion au prochain congrès du parti socialiste. Elle est intitulée « Plus loin plus vite ». Information de Mediapart .

Le PS n'échappe pas au jugement sévère de la presse à l'égard de la majorité en général. A propos des deux favoris pour succéder à Martine Aubry, Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis, Charlie Hebdo a ce titre délicat : « Un borgne contre un manchot ».

Quoi d'autre dans la presse ?

Le prix de l'indépendance pour Libération . Selon l'express.fr , la Une provoc contre Bernard Arnault a choqué beaucoup d'annonceurs. Libé aurait perdu 500.000 Euros de recettes publicitaires.

Le gouvernement prêt à entre-ouvrir une porte aux gaz de shiste. Il pourrait créer une commission sur le sujet selon Le Figaro . A la Une de Challenges en kiosque demain, Arnaud Montebourg et cette citation du ministre : « Les gaz de schiste ne sont pas un sujet interdit. »

Dans la presse encore, toute une série de classements.

Les impôts locaux dans Les Echos . C'est à Caen qu'ils augmentent le plus.

Les villes où il fait bon étudier dans L'Etudiant . En tête, comme l'an dernier : Toulouse.

« Carburant : qui a le plus baissé les prix ? » dans Auto Plus . Pour l'hebdomadaire, Leclerc, Système U et Total Acess sont les vrais champions de la baisse. Les stations d'autoroute jouent petit bras.

« Pourquoi me tuez-vous ? » L'Express ouvre ces colonnes cette semaine à Richard Millet, l'écrivain qui a allumé le feu à St Germain des prés en publiant un éloge littéraire d'Anders Breivik.

Et puis l'Equipe de France de football a bonne presse ce matin, c'est assez rare pour être souligné. Qualifications de la coupe du monde, 2 victoires en deux matches : « Un bond en avant », titre L'Equipe . Les bleus ont évité ces matches nul douteux de début de saison qui vous suivent ensuite comme un fil à la patte…

A demain !

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