(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : dans les yeux des gens

(Bruno Duvic) Ce qui change semaine après semaine, c'est le regard des gens qu'elle croise.

L'hebdomadaire Valeurs actuelles raconte une scène, la semaine dernière dans un petit restaurant près de la place de l'Etoile à Paris. Marine Le Pen fêtait l'anniversaire de son compagnon, Louis Alliot. Tous les autres clients de l'établissement, sans exception, sont venus la saluer, ont réclamé des autographes ou des photos.

Un député européen qui voyage régulièrement dans le même wagon qu'elle vers Bruxelles confirme : « la ferveur dont elle bénéficie actuellement, c'est vraiment impressionnant ». « Marine Le Pen, la déferlante », titre Valeurs Actuelles . L'hebdo publie un sondage Ifop selon lequel 34% des personnes interrogées disent se sentir proches de ses idées. « Il n'y a plus désormais de sympathisants type du Front national, commente Jérôme Fourquet de l'Ifop. La popularité de Marine Le Pen est perceptible dans toutes les catégories de la population. »

« Sauf évenement majeur, le FN deviendra majoritaire dans les années qui viennent…

…et sera présent au gouvernement ». Ce n'est plus Valeurs actuelles mais un philosophe, engagé à gauche, Bernard Stiegler qui le dit. « Les gens souffrent » dit Bernard Stiegler qui accorde une longue interview à L'Express . Et il fait le lien entre le phénomène politique du Front national et les bouleversements économiques de ces dernières années.

Il appelle à prendre soin des électeurs du Front national. « Prendre soin, dit-il, c'est s'attaquer aux véritables causes du malheur. Le modèle industriel qui avait fondé la prospérité du XXème siècle est devenu toxique. Il faut un nouveau modèle industriel, fondé sur une économie de contribution. Les réseaux numériques ne fonctionnent que parce que les Internautes alimentent le web. Cette économie rompt totalement avec le modèle précédent, qui a engendré la prolétarisation du travail, c'est à dire la destruction de leur savoir-faire par les machines et la prolétarisation des consommateurs, la destruction de leur savoir vivre remplacé par le marketing. »

Sur cette souffrance que décrit Bernard Stiegler on lira au aussi La Croix , qui publie ce matin le baromètre ces centres communaux d'action sociale. Titre de Une, « Les communes alertent sur la montée des pauvretés ». De plus en plus de personnes renoncent à l'accès au soin, en particulier.

Dans les communes justement, le FN recrute, il recrute des fonctionnaires. Le Parisien-Aujourd’hui en France raconte comment le parti cherche à détecter les fonctionnaires qui pourront travailler dans les mairies que vise le Front national l'année prochaine. « Le résultat est au-delà de nos espérances », assure le secrétaire général du parti Steeve Briois.

Dans les yeux des gens... Direction la Syrie

Ils ont été habitués à composer avec tous les médecins en Syrie. "Mais la peur dans les yeux des gens, dit l'un d'entre eux, ça on ne sait pas."

L'aspect diplomatique de la crise a pris une elle importance ces derniers jours que la situation dans le pays est passée quasiment au second plan dans la presse.

Dans Le Nouvel Observateur, qui propose une nouvelle formule cette semaine, reportage auprès de médecins dans la banlieue de Damas. Il commence une semaine après l'attaque du 21 août, chez un généraliste. Il est 23 heures, il est en réunion clandestine et par Skype avec quatre confrères, à Paris, Londres, en Turquie et à Alep. La discussion dure et, soudain, le généraliste de Damas s'emporte : « Le monde entier nous regarde mourir et on devrait encore réfléchir sur l'aménagement des pièces pour accueillir les victimes d'armes chimiques. »

Majed Abou Ali ressent cruellement le décalage entre les pourparlers qui s'éternisent dans les chancelleries et la situation d'urgence à laquelle il est confronté chaque minute.

Les yeux des gens en Syrie, au nom d'une réalité qu'il faut regarder en face, Paris Match publie cette semaine des photos de scènes de décapitation menées par les plus fanatiques des rebelles. Les yeux des personnes conviés à la scène, y compris des gamins qui ont l'air de ne pas trop savoir quoi penser...

Au chapitre Syrien, on lira aussi dans La Dépêche du Midi le témoignage d'un père dont les deux fils sont devenus djihadistes en Syrie. Il faut que les familles dont les enfants partent en Syrie sortent du silence pour stopper le lavage de cerveau dont sont victimes de nombreux jeune à la dérive.

Le mot du jour dans la presse ?

Un grand classique : impôt, après la présentation des grandes lignes du budget 2013.

« Déficit, la France dérape » malgré le choc fiscal », titrent Les Echos .

« La pause fiscale n'aura pas lieu » ajoute Le Figaro .

« Révélation sur les nouvelles taxes » à la Une du Parisien qui se penche déjà sur le budget de la sécu et annonce notamment une taxe sur les cigarettes électroniques et les vins transformés, un des tubes de l'été qui s'achève, les rosés au pamplemousse et autres vins blancs à la pêche.

Bref, le message selon lequel le budget 2014 repose à 80% sur la baisse de la dépense et non les hausses d'impôts ne passe pas.

La France pays des impôts et du ras le bol fiscal. Ce refrain comment à agacer du côté des économistes atterrés. « Ras le bol du ras le bol fiscal » écrit en substance Philippe Askenazy sur Rue89 . « Ce débat stérile permet d'évacuer d'autres questions. Par exemple, les énormes efforts des ménages français ne pourraient-ils pas servir à la transition écologique ? »

Pas de hausse de la fiscalité sur le diesel. Cette fois c'est Libération qui râle. A la Une : « Hollande l'enfumeur ». L'Elysée néglige à nouveau la fiscalité écologique.

Quoi d'autre dans les journaux ?

Une magnifique villa détruite à coup de pelleteuses à Ramatuelle dans le Var. « L'Etat s'attaque aux constructions illégales ». Le préfet explique à Var Matin que la procédure concernant la villa de Ramatuelle avait commencé il y a 20 ans. Et il annonce une bonne dizaine de destructions l'année prochaine

Une vingtaine de cambriolages en deux jours dans le département du Cher. Des vols dans la journée, quand les occupants des maisons sont absents. La gendarmerie est sur les dents en voiture et en hélicoptère. C'est la Une du Berry républicain .

Gare aux faux billets de 50 euros. Une cinquantaine saisis en deux jours par la PJ de Dijon. C'est à la Une du Bien public .

Et puis les américains sont partageurs ! Selon le journal britannique The Guardian , les données collectées par les grandes oreilles de la NSA sont transmises directement aux services israéliens sans aucun filtrage préalable.

Et le Pape en 4L

Deux articles dans Le Figaro ...

Il y a décidément du changement au Vatican. Le nouveau numéro 2 du Saint Siège ne ferme pas la porte à un débat sur le célibat des prêtres. « Ce n'est pas un dogme, on peut en discuter », dit Mgr Parolin dans la presse vénézuélienne où il est encore nonce pour quelques jours.

Et le changement, c'est aussi un pape qui ne roule plus en papamobile, mais en 4L. Une vieille guimbarde 1984, 300.000 km au compteur.

Est-elle parfaitement spontanée, ou un peu calculée ? En tout cas, l'histoire, d'abord racontée par l'hebdomadaire italien Famiglia cristiana est un modèle.

C'est d'abord un petit prêtre de Vérone, don Renzo, qui écrit au pape. Il se dit sensible à son discours sur l'église qui doit aller dans les marges. C'est toute l'affaire de sa vie à don Renzo. Alors symboliquement, il propose au pape de lui offrir ce qui symbolise son existence à la rencontre des pauvres de son diocèse : sa 4L !

Le 10 août, coup de fil : « Allô c'est le pape ! » La conversation dure 35 minutes. « On peut se voir ? » Le prêtre raconte qu'il a d'abord demandé à regarder son agenda, avant de réaliser qu'il parlait au pape.

Rendez vous est pris le 7 septembre, samedi dernier. Le prêtre remet les clés à François. C'était près de la place Saint-Pierre, un photographe trainait dans le coin. Don Renzo a vu François s'éloigner de sa voiture – il a mis des pneus neige, dans le coffre, au cas où. L'histoire ne dit pas si le pape lui a fait un clin d’œil

A demain !

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