Les pompiers craquent dans Le Figaro, des bandits sont les intimes de footballeurs dans l'Equipe, Midi Libre raconte les rixes entre lycéens et migrants albanais, Charlie, où Philippe Lançon raconte le monde par sa mâchoire, tonne contre les pesticides, le Un nous console de sagesse sur notre addiction au plastique

Et c'est le jour des voleurs...

Les voleurs d'essence qui font la Une du Parisien/aujourd'hui en France, ces siphonneurs qui sont un fléau en expansion, plus de 8000 délits depuis le début de l'année... On parle de banditisme organisé, quand les voleurs d'essence fondent sur les camions la nuit sur les aires d'autoroutes, et c'est au petit matin que le routier découvre son réservoir fracturé et vidé, "la France c'est big problem" dit Sandro, routier espagnol qui ne dort plus chez nous que dans des parkings sécurisés... On gaze les routiers et on attaque des camions dans des entreprises, et dans le val-de-Marne, Eric Droyer,  s'est dit qu'il valait mieux mettre une 200 litres de gazole à la disposition des voleurs, pour que ceux-ci arrêtent de fracturer les poids lourds qu'il vend ou répare... Il parle d'exaspération, ce chef d'entreprise, dont le maître chien se fait caillasser.

Nous vivons le temps des voleurs et d'une violence délinquante qui exaspère, les media la perçoivent bien après les victimes. Le site Caradisiac, spécialisé dans la voiture, alertait sur une recrudescence des vols d'essence au printemps, mais deux pages et la une du parisien actent le phénomène.

Le Figaro fait sa une sur les pompiers qui n'en peuvent plus des agressions et veulent être accompagnés par la police, et c'est évidemment la mort en intervention dans le Val de Marne du sapeur pompier Geoffroy Henry, la semaine dernière, qui fait déclenche le Figaro, mais les pompiers de Lille et Roubaix qui racontent les crachats de sang, ou un braquage à la kalachnikov, souffraient avant que nous les regardions.

Midi Libre titre sur un fait divers qui bouleverse Montpellier, puisque vendredi soir, un père de famille s'est fait poignarder dans une rixe, alors qu'il défendait son fils contre une bande de jeunes migrants albanais qui dealent et menacent, esplanade Charles de Gaulle, cette place qu'une passerelle sépare du lycée Joffre, et ces noms glorieux sont le théatre d'un west side story héraultais... Les jeunes albanais font règner leur loi sur des lycéens qui parfois se regroupent et ripostent... Mais on lit dans Midi Libre que bien avant ces migrants, l'esplanade était un lieu à risque... les lycéens le savaient et les commerçants aussi, avant nous.

Nous vivons un temps de souffrance. Ouest-France et Sud-Ouest font leurs unes sur l'armement des polices municipales. Nous vivons le temps des bandits, qui sont même dans l'Equipe, où l'on raconte, ce sont les bonnes feuilles d'un livre, comment des voyous se lovent dans l'entourage des footballeurs, un caïd du 93 voulait de devenir l'agent de Matuidi, et Franck Ribery était l'ami d'une famille de marseillaise dont le fils fut abattu à la kalachnikov... Cela se passe juste en-dessous des apparences de l'actualité...

La souffrance d'un écrivain, dans Charlie hebdo...

Un écrivain dont l'académie Goncourt n'a pas voulu, mais qui pourtant a inventé un univers unique autour d'une blessure et d'une reconstruction, Philippe Lançon qui commence ainsi sa chronique: "Le docteur Pastek doit m'enlever trois implants défaillants. Ils ont été posés à une époque où je n'avais ni avenir ni prothèse dentaire, ils vivent dans ma bouche comme certains souvenirs de cette étrange époque, destinés à rester enfouis ou à disparaitre". Et il en est des implants comme des faits divers, ils creusent et un jour l'infection est là... La bouche de l'écrivain"devient une chaine de petits volcans que rien n'éteint"... et les académiciens Goncourt sont bien sots de ne pas honorer Lançon, qui de sa fatalité raconte une histoire universelle.

Et cette fatalité fait écho au reste de Charlie qui rage et pétitionne contre les pesticides. "Sortez moi de là" crie à la Une un bébé dans le ventre de sa mère, le liquide amniotique est pollué de bidons... Il y a dans Charlie une accusation contre Roger Genet, président de l'agence nationale de sécrurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et de du travail. Roger genet qui s'est opposé à l'interdiction du Glyphosate dans les trois ans, et dont charlie réclame la démission...

Autre hebdo vivant, le Un, dissèque un autre malheur, le plastique, qui fut célébré dans ses mythologies par le sémiologue roland barthes au temps de la modernité heureuse, dans un texte qui est aussi prophétie sur une "matière magique"... "On inventera des objets pour le plaisir d’en user. La hiérarchie des substances est abolie, une seule les remplace toutes : le monde entier peut être plastifié, et la vie elle-même..." 

Et 61 ans après, nous y sommes le plastique, est une addiction, et le Un, dans une sagesse qui échappe au désespoir, nous avertit contre l'espérance du recyclage intégral... Il faut se restreindre...

Pendant ce temps, Sud-Ouest rappelle que manger sainement coûte cher. La voix du Nord dénonce l’augmentation du prix des terres agricoles,  qui empêche les jeunes paysans de s’installer…

Et la colère de Charlie comme la sagesse du Un, ou la conscience sociale de journaux de province témoignent aussi ce jour pour un métier, la presse, qui parfois garde la société...

Et deux journaux défendent la presse ce matin...

Libération et l'Opinion, qui chargent contre les géants d'internet, qui se nourrissent sans payer des contenus de la presse. Le parlement européen doit amender aujourd'hui le droit d'auteur, pour forcer les Gafa à payer mais en attendant, c'est vraiment le temps des voleurs.... "Droit d'auteur,  halte au braquage", titre l'Opinion, "les Gafa n'ont pas tous les droits", veut croire Libération...  Vraiment? L'opinion raconte comment, il y a quatre ans, un géant de la presse en Allemagne, Springer a du ployer le genou devant Google... Le patron de Springer avait écrit au patron de google une lettre ouverte belle comme les missives qu'envoient les vaincus, demandant que le vainqueur Google, "s'autolimite de lui-même". mais nous ne vivons pas le temps de la mansuétude. Il reste la loi?

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.