"Ce sont 4 hommes qui portent un corps dans un vieux drap. Ils ont l'air apeuré, ils n'ont pas de cheveux, pas d'habits non plus, si ce n'est quelques sous-vêtements." Cette image, c'est un dessin tout en noir et blanc saisi au crayon de papier. Son auteur s'appelle Najah Alkubai.

Il est rare de donner à voir l'horreur littéralement quand les témoignages sur une tragédie sont déjà si peu nombreux.

La Une de Libé ce matin est bouleversante. Najah Alkubai est professeur d'arts plastiques et il raconte ce qu'il a vécu pendant son enfermement un an durant dans les geôles de Bachar el Assad.  

Ses croquis que publient Libé et qui accompagnent ses mots sont effrayants de réalisme.

«J’en ai des centaines, des étagères remplies» dit-il. 

Najah, 49 ans, a été arrêté en 2012 après avoir manifesté contre le régime accusé "d'affaiblissement du sentiment national".

Envoyé au «centre 227», il croupit avec 70 autres détenus, dans une cellule de 5 mètres sur 3.

"Les militaires pratiquaient beaucoup la chaise allemande raconte-il. Les aisselles sont coincées dans le haut de la chaise et ils appuient sur les jambes. On a le dos tordu.

Les repas ? du riz et du pain  jetés au milieu de la cellule sur un sac en plastique. Au bout d’un mois j'avais perdu 13 kilos. "

Najah est libéré grâce à sa femme, qui s'est battue pour le faire sortir mais quelque mois plus tard il est repris à un poste-frontière alors qu'il tente de quitter le pays". C'est le retour au centre 227 de Damas. "Tous les soirs, vers 20 heures, un gardien s’approchait de la cellule et nous criait : «Il me faut quatre prisonniers et un drap». 

C’était toujours la même chose explique Najah. On sortait dans la cour où il y avait une camionnette. On l’ouvrait et on déchargeait les cadavres. Des corps nus, maigres, avec des traces de torture ou des abcès liés à des maladies.

Chaque cadavre avait un numéro, inscrit sur une bandelette scotchée sur le front."

Finalement Najah Alkubai a réussi à quitter cet enfer.

Son épouse, encore, a versé au total 18 000 euros, dont 6 000 à un juge pour qu’il efface le nom de son mari des fichiers. 

Aujourd'hui ce rescapé vit avec sa femme et sa fille dans une HLM de la banlieue parisienne.

Il a obtenu l'asile politique.

Alors que peu à peu le régime syrien rend publique la liste des disparus des prisons syriennes...

Najah Alkubai  se dit prêt un jour à déposer devant un tribunal.

Son récit et les dessins qui l'accompagnent sont à lire ce matin dans Libération.

En Turquie, face à la crise économique, Erdogan s'en prend aux Etats-Unis. 

Alors que le pays s'enfonce dans la crise financière, le président Erdogan crie au complot et dénonce je cite "les tueurs à gages économiques". La Livre turque a déjà perdu 40 % de sa valeur depuis le début de l'année avec un nouveau pic vendredi et  beaucoup d'économistes craignent que la contagion gagne à terme les autres places boursières s'alarment les Echos.

Pour le Figaro, "Après des années de croissance miraculeuse, la Turquie vit tout simplement au-dessus de ses moyens en abusant du crédit. Résultat, l'inflation explose, le pouvoir d'achat baisse et les entreprises s'endettent".

Ce week-end dans une tribune au New York Times, Erdogan a menacé Donald Trump de mettre fin à leur partenariat historique dans l'OTAN. La seule réponse du président américain, en forme de provocation, c'est l'annonce du doublement des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium importés de Turquie. Une guerre économique dénoncée par Ankara qui considère qu'elle est instrumentalisée par  Washington. "Ils ont le dollar mais nous avons pour nous notre peuple, le droit et Allah ", s'est exclamé Erdogan nous dit le Monde. En Europe, plusieurs établissements bancaires très implantées dans le pays regardent avec inquiétude la situation Turque dont par exemple la banque Française BNP Paribas. Pour éviter une crise financière la Turquie devra peut-être faire appel à une aide extérieure. Impensable pour l'orgueilleux Recep Tayyip Erdogan.

L'orgueil aura aussi guidé ses pas, l'écrivain V S Naipaul est mort hier à 83 ans et plusieurs journaux reviennent sur sa carrière.

20 minutes, Libération, le Figaro, la Croix et plusieurs quotidiens régionaux se penchent ce matin sur le parcours du prix Nobel de littérature 2011 décédé hier à Londres. L'écrivain britannique était l'auteur d'une trentaine d'ouvrages dans lesquels il a beaucoup évoqué notamment le déracinement dans nos sociétés contemporaines et les traumatismes liés à la période postcoloniale. L'œuvre de V S Naipaul d'origine indienne s'est construite sur une blessure comme le rappelle La Croix. 

"J'ai essayé de me frayer un chemin dans une Angleterre qui ne m'accordait aucune place" disait-il.

Son œuvre majeure "Une maison pour Mr Biswas" raconte la difficulté pour les immigrants indiens dans les Caraïbes de s'intégrer tout en conservant ses racines. Mais l'écrivain était également très controversé. The NewYorker, le surnommait par exemple "l'effroyable Mr Naipaul". Ses déclarations enflammées contre l'Islam lui auront valu quelques polémiques mais aussi ses propos sur les femmes qui je cite "ne pourraient jamais lui arrivé à sa hauteur à cause de leur sentimentalité".

V S Naipaul très conservateur entretenait aussi des relations tendues avec un autre écrivain britannique d'origine indienne, Salman Rushdie. "Nous avons été en désaccord toute notre vie, sur la politique, la littérature", a tweeté l'auteur des Versets Sataniques, en ajoutant tout de même qu'il avait l'impression d'avoir perdu "un grand-frère bien-aimé". 

Il encadrait des jeunes pour un match amical quand il a dû sortir après un sévère plaquage. 

Plusieurs journaux s'interrogent sur la violence dans le rugby après la mort d'un joueur de 21 ans en plein match vendredi.

Il s'appelait  Louis Fajfrowski. Trois quart du club d'Aurillac et il est décédé quelques minutes après le choc dans le vestiaire du club. Hier, joueurs, entraîneurs et dirigeants se sont retrouvés au stade de la ville pour évoquer sa disparition nous dit le journal l'équipe qui est revenu sur les lieux du drame. Christian Millette le président du club le concède :

"Les gens commencent à se poser de plus en plus de questions". Les parents hésitent à inscrire leur gamin mais il y aussi des accidents quand on pratique le ski veut croire le dirigeant du club. Pourtant, le rugby est de plus, en plus dangereux.

En quelques années, le nombre de commotions cérébrales a doublé, elles représentent la moitié des blessures.

Jean Chazal lui avait malheureusement prévu ce genre de drame.

"Il va y avoir un mort un jour" avait-il lancé. Ces  trois dernières années, le neurochirurgien a poussé plusieurs cris d’alarme quant à la dangerosité des contacts dans le rugby. Dans une interview au journal La Montagne il rappelle que c'est le deuxième décès en quelques semaines après celui d'un autre joueur mort dans son lit douze heures après la fin du match. 

« Le monde amateur a déjà été frappé plusieurs fois par ce genre d'événements dit-il et on a toujours mis ça sous le tapis, maintenant ce sont les pros"

"A la base rappelle-t-il, le rugby est un sport d'évitement et de réflexion."

Jean Chazal écarté de la commission médicale de la Ligue nationale de rugby après ses propos espère que cette fois il sera écouté. "Nous ne pouvons pas faire l'économie d'un vrai débat sur le sujet" dit-il.

Paul Goze, le président de la ligue nationale de rugby a sonné la mobilisation générale.

Il est plus que temps.

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