Bonjour... En ce week-end pascal, il y en a un qui s'est bien fait sonner les cloches. C'est Alain Marleix, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, en charge notamment du découpage électoral. Vous ne le connaissiez pas ? Au train où vont les choses, bientôt vous ne connaîtrez que lui. Tout est parti d'un article que le quotidien Le Monde a publié samedi, avec une carte des circonscriptions que le gouvernement envisagerait de supprimer. France-Soir, Presse-Océan, font état de "la colère de l'opposition". L'Alsace nous dit que "la gauche est furieuse". Incrédule, apparemment, Le Courrier Picard titre : "Abbeville : la circonscription rayée de la carte". Quant à Libération, il titre sur "les circonscriptions de la discorde". Que nous racontait donc Le Monde, samedi ? ...Il expliquait que plus des deux-tiers des 33 sièges supprimés par le redécoupage seraient ceux actuellement occupés par des députés de l'opposition. Au nombre des victimes : les socialistes Jean Glavany, Michel Sapin, Christian Paul, Delphine Batho, Aurélie Filippetti. A droite, exit le siège de l'ex-maire de Paris Jean Tiberi. L'éditorialiste du Midi Libre François Martin nous le rappelle : "Redécoupage et tripatouillage sont les mamelles de la France politicienne". Dans La Charente Libre, Jacques Guyon constate lui aussi que "en France, il est de tradition que 'redécoupage électoral' rime avec 'charcutage'". Il relève presque aussitôt que "le charcutage s'avère souvent contre-productif. Charles Pasqua, qui avait tenu les ciseaux en 1988, était certain d'avoir tout fait pour la droite, à commencer par avantager les communistes afin que les socialistes prennent une gigantesque veste. On sait ce qu'il en advint. Car -et c'est heureux- c'est toujours l'électeur qui a le dernier mot". En attendant que l'électeur ait le dernier mot, l'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici monte au créneau. Il dénonce un "tripatouillage" et fait un procès d'intention à un gouvernement qui tenterait là "de rendre extrêmement difficile l'alternance". Il rappelle incidemment qu'Alain Marleix occupait, de 2005 à 2008, le poste de secrétaire national aux Elections à l'UMP. L'intéressé ne le nie pas, mais s'inscrit vigoureusement en faux contre les informations du journal Le Monde, qu'il qualifie de "tissu d'inepties". Il parle de "fuites farfelues". Dans un entretien qu'il accorde au Figaro, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur dément que les circonscriptions de Jean Glavany et Jean Tiberi soient appelées à disparaître. Il insiste bien sur le fait que le projet de découpage qu'on lui a demandé "n'est pas finalisé". On n'en serait qu'aux "hypothèses de travail". En tout état de cause, toujours selon Alain Marleix, "la gauche ne sera absolument pas pénalisée". Il pointe une "provocation" en provenance du PS. Dans La Voix du Nord, après avoir écrit que les députés tremblaient devant "les ciseaux d'Alain Marleix", Matthieu Verrier souligne au passage qu'"avant de défendre son siège, il faudrait l'occuper", allusion à la présence de 36 députés seulement dans l'Hémicycle, jeudi dernier, au moment du vote sur la loi Hadopi "Création et Internet"... Ce sont les élus UMP, ce jour-là, qui faisaient défaut. Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, vous lirez que le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement Roger Karoutchi espérait une promotion à la faveur du prochain remaniement ministériel. A cause du "couac" parlementaire de la semaine dernière, il est possible qu'il ne soit plus en cour à l'Elysée. Il se confie au Parisien : "En ce moment, c'est sûr, je ne suis pas heureux". ...P'tit bonhomme ! Rude métier ! ...Roger Karoutchi, ce matin, c'est le Calimero de l'UMP. Roger Karoutchi est morose. Il l'est comme le sont les Français face à la crise. Le Parisien-Aujourd'hui en France publie ce matin un sondage CSA réalisé les 25 et 26 mars auprès de 1014 personnes en âge de voter. Cette étude nous apprend (c'est le titre que le journal accroche à sa Une) que "les Français se serrent les coudes face à la crise". Ils misent clairement sur "l'entraide" et "la solidarité". Près de 7 personnes interrogées sur 10 déclarent compter beaucoup plus sur elles-mêmes que sur "l'action des responsables politiques ou le soutien des banquiers". La solidarité, elle fait aussi la Une de France-Soir : "Paris-Roubaix : sur les pavés, la crise"... France-Soir revient sur ce qui s'est passé hier avant le départ de la classique cycliste. Le peloton s'est arrêté devant l'usine Continental de Clairoix, dans l'Oise, usine promise à la fermeture. Le quotidien sportif L'Equipe publie une photo des coureurs arrêtés, de leur plein gré, devant une banderole qui porte ces mots : "Continental en lutte". Ce calicot, on le voit aussi dans les pages "Sports" de Libération ; Libé nous apprend qu'en accord avec les organisateurs de la course, une 25ème équipe composée de salariés de l'usine de pneus a précédé les coureurs entre le centre-ville de Compiègne et le lieu de départ réel, à Clairoix. C'est le moment, peut-être, pour oublier un peu les affaires qui ont entaché ces dernières années l'histoire de la petite reine pour ne retenir que cette vérité éternelle : le cyclisme est un sport populaire. "Continental en lutte", l'industrie automobile tourne au ralenti. Pour vendre les voitures, les ristournes se multiplient. C'est ce qu'affirme Le Figaro Economie, qui fait état de "soldes monstres chez les concessionnaires". Pendant ce temps, dans les casses automobiles, c'est "le trop-plein d'épaves", comme le titre Les Dernières Nouvelles d'Alsace. La prime à la casse offerte par le gouvernement aux propriétaires de véhicules de plus de dix ans semble remporter un franc succès... Selon Ouest-France, les "recycleurs" sont débordés. ...Toujours à propos de voiture, Le Figaro a demandé à ses lecteurs si, à leur avis, il fallait "faire preuve d'indulgence envers les petits excès de vitesse" : 3 sur 4 ont répondu oui... Il y a là de quoi faire rêver les automobilistes varois qui se font flasher du côté de Toulon... Dans Var-Matin, on découvre que l'amende de 95 € infligée pour excès de vitesse passe directement à 375 €, quadruplée, quand le fautif prétend n'avoir pas reçu le courrier initial le prévenant de l'infraction. Selon le journal, l'UFC-Que Choisir "s'interroge". Vous avez aussi relevé, Alain, ce matin, quelques bonnes nouvelles autour de la crise économique et financière. Un vent joyeux en effet souffle sur ce lundi de Pâques... Le Figaro Economie fait état d'un "regain d'optimisme aux Etats-Unis". Barack Obama et plusieurs experts entrevoiraient la reprise d'ici la fin de l'été. Quant à la Chine, selon le même journal, elle "estime que son économie va mieux". Des indicateurs économiques de premier plan seront, paraît-il, publiés cette semaine. Bref, à Pékin comme à Washington, on croit au "rebond". L'éditorialiste du Figaro Yves Thréard situe entre ces deux capitales "le centre de gravité de la planète". C'est ce qu'il baptise : "La Chimerica", hybride formé des mots "Chine" et "America". Yves Thréard prévient : "...A l'Europe, à la Russie et aux autres de jouer leurs cartes sans trop rechigner ni mauvaise humeur. Car c'est de cet horizon que reviendront les premiers rayons de soleil". Si c'est ce qui nous attend, il n'y a qu'une chose à craindre : c'est qu'avec un tel scénario, on soit loin, très loin, de la "refondation du capitalisme" promise par certains. Un mot encore, Alain Le Gouguec ? Deux journaux au moins, ce matin, titrent sur la "fin de la réglementation sur les quantités". C'est un sujet consommation. Ouest-France nous annonce une plaquette de beurre de 247 grammes... France-Soir se demande si nous achèterons bientôt des paquets de riz de 480 grammes. Je m'explique : un texte, entré en vigueur samedi, abroge la réglementation sur les quantités standard pour une centaine de produits de consommation courante tels que le dentifrice, le fromage la farine, les jus de fruits, les huiles, le riz. Il faudra bien lire les emballages et s'en tenir au prix du kilo ou du litre, indication souvent illisible actuellement. ...A quand le riz au détail, grain par grain ? Tout est possible. Comme le disait il y a quelques années Philippe Meyer dans la matinale d'Inter : "Nous vivons une époque moderne, je vous souhaite le bonjour !".

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