Bruno Duvic : Et l'on commence ce matin par un regard sur la jeunesse française... Clotilde Dumetz : "Une jeunesse sans espoir collectif", c'est le titre d'un dossier de Libération... Une enquête de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, la JOC, qui montre le désintérêt des jeunes pour les institutions. Les jeunes, ce sont les 24 millions de Français de moins de 30 ans, qui se sentent peu considérés par les hommes politiques... Peu considérés en fait par la société dans son ensemble... les employeurs, l'Education Nationale, les services d'aide à la recherche d'emplois ou encore les services d'orientation. Pour le président de la JOC, pas de doute, "Les jeunes ont l'impression que le contrat entre eux et la société est rompu... Ils se sont battus pour avoir des bonnes notes, des diplômes, des qualifications... mais au final, l'emploi auquel ils aspiraient, le salaire décent et le logement ne sont pas au rendez-vous". Cela donne donc des jeunes pessimistes pour leur génération et qui, globalement, fuient l'engagement dans les partis politiques traditionnels. Bruno Duvic : Et la politique traditionnelle ce matin, ça commence avec cette Une des Inrockuptibles... Clotilde Dumetz : En couverture de l'hebdomadaire, le visage austère du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant... et ce titre : "Il doit partir". A l'intérieur, une carte postale... Au recto, cette phrase : "Merci de virer Guéant"... Au verso, l'adresse de l'Elysée, et ce petit texte : "Monsieur le président de la République, merci de démettre de ses fonctions le ministre de l'Intérieur et de l'Immigration, Claude Guéant, afin de..." Et là, trois choix possibles :"Afin de sauver l'honneur de la République"... "de combattre la discrimination"... ou 3ème possibilité : "de redonner du travail à Brice Hortefeux". Pas très subtil, regrettent certains... Francis Brochet dans Le Progrès de Lyon, par exemple... Pour lui, ça y est, c'est fait : "Monsieur Guéant a gagné... Une victoire éclair... Sûr que notre président n'aurait jamais imaginé que ça marcherait aussi vite ! ... Tout de même, devait-il se dire, l'agitation de la muletta sécuritaire et xénophobe sous le nez du taureau de gauche, ça eut payé, mais c'est éventé !... Eh bien, non, après quelques provocations, le taureau des Inrocks a chargé droit dedans avec la subtilité d'un électeur extrémiste prenant la copie pour l'original". Bruno Duvic : Et la politique ce matin, c'est aussi un animateur de télé qui se lance dans la présidentielle... Clotilde Dumetz : "Hulot part en campagne", c'est la Une du Parisien-Aujourd'hui-en-France... Alors, c'est aujourd'hui à Sevran, en région parisienne, que Nicolas Hulot doit annoncer cette candidature qui a tout du secret de Polichinelle... Seul suspense : savoir si l'animateur d'Ushuaia participera aux Primaires d'Europe-Ecologie-Les Verts. Le Parisien, comme Le Figaro, font état des forces en présence... Ceux qui dans la mouvance écologiste, penchent plutôt pour Nicolas Hulot... ceux qui attendent de voir... et ceux qui lui sont opposés. Ses proches l'affirment : il est conscient des difficultés qui l'attendent... Et la première des difficultés, c'est celle qu'explique Michel Urvoy dans Ouest-France... Le fait qu'une cote d'amour ne se traduit pas mécaniquement en intentions de vote. Il y a aussi, et là c'est Hervé Favre dans La Voix du Nord qui le souligne, "sa cote d'amour chez les militants verts qui reste à prouver... Pour les plus radicaux d'entre eux, Nicolas Hulot est une sorte d'imposteur, avec des traces d'ADN de droite... Un agent des multinationale infiltré chez l'ennemi pour mieux le combattre". C'est en gros ce que reprend le dessin en Une de Charlie-Hebdo, ce matin... Un dessin de Cabu intitulé : "Hulot, candidat sandwich"... Un candidat qui a sur sa chemise, tous les logos des partenaires de son émission ou de sa fondation. Bref, pas de quoi décourager ses adversaires ! France-Soir explique ainsi qu'Eva Joly est bien décidée à battre Nicolas Hulot... Et dans Libération, Yannick Jadot, le directeur de campagne de cette dernière, est très clair : "En 2012, on n'a plus besoin de l'homme providentiel de l'écologie politique". Bruno Duvic : Et puis la politique, c'est aussi ce manque remarqué par les hebdos culturels... Clotilde Dumetz : "Le PS se contente d'un poil de culture", constate les Inrockuptibles... "Il ne manque pas quelque chose ?", questionne naïvement Télérama. Retour sur le projet socialiste pour la présidentielle, présenté la semaine dernière par Martine Aubry... "On attendait quelques mots à défaut de propositions sur la place des Arts et de la Culture, explique Télérama... Au moins pour dire que ça existe et qu'on va s'en occuper... Mais rien ne fut dit regrette l'hebdomadaire. Bruno Duvic : A présent, direction la cité de la peur... Clotilde Dumetz : Reportage à Iwaki, à 45 km de Fukushima... c'est dans Libération. Christophe Losson et Michel Temman ont constaté le fatalisme et la résignation qui règnent dans cette ville. Iwaki semble pareille à une armée des ombres où les vivants hésitent entre l'inconscience et l'incertitude... où les responsables locaux préfèrent se retrancher derrière des phrases du type : "Les autorités nous disent que c'est relativement sûr"... mais où un jeune reporter de la télé locale interpelle les deux journalistes français : "Dîtes bien que les gens ici ne se rendent pas compte de la gravité de la situation... Seules les nouvelles de l'étranger peuvent faire bouger les pouvoirs". Tatsuya, c'est son nom, raconte l'absence d'un contrôle sanitaire strict... Le personnel médical préfère jouer les auxiliaires de police, rassurer plutôt qu'ausculter... Bref, Iwaki, c'est la survie en sursit. Depuis hier, l'accident de Fukushima est classé au même niveau que celui de Tchernobyl... Et dans Le Monde, vous lirez l'interview d'Oriza Hirata, metteur-en-scène et auteur de théâtre, ce japonais est également conseiller spécial en communication auprès du premier ministre, Naoto Kan... Et pour lui, "son pays doit maintenant repenser son rapport à la technologie, ne plus se montrer aussi confiant dans la science... La nature reste la plus forte". Et puis, dans Les Echos, sur le même sujet, vous lirez qu'une trentaine de réacteurs dans le monde risquent d'être fermés... C'est une étude de la banque UBS... Etude effectuée en partie par des ingénieurs nucléaires et des consultants de l'industrie... Certaines centrales seront fermées parce qu'elles sont vieilles ou situées sur des zones sismiques... Mais ce que disent ces experts, c'est que "de toute façon, même les pays les plus pro-nucléaire seront contraints de fermer au moins deux réacteurs pour montrer qu'ils agissent et pour restaurer aussi l'acceptabilité publique de cette technologie". Bruno Duvic : Et sinon dans la presse, qu'y a-t-il d'autre à signaler, Clotilde ? Clotilde Dumetz : La Une de La Croix et le dossier qui va avec sur "Les jurés convoqués en correctionnelle"... Avec au final, que l'expérience vaut d'être tentée. L'interview de François Baroin dans Le Figaro... Le ministre du Budget y annonce la fin du bouclier fiscal et l'allègement de l'ISF... Il explique également que les exilés fiscaux seront taxés et que les héritages, au-delà de 4 millions d'euros, seront davantage imposés. Dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France, le témoignage d'Haroun, ce jeune homme passé à tabac et laissé pour mort à la gare RER de Noisy-le-Sec. Il est sorti de l'hôpital, il affirme aller bien... Il explique aussi que ses agresseurs se sont trompés de cible : "Le meneur pensait que je sortais avec sa sœur, mais je ne suis pas son petit copain... Moi, j'étais venu à Noisy parce que je devais y passer un entretien d'embauche". Haroun qui refuse également que cette affaire déclenche une guerre sans fin entre quartiers. Dans La Tribune, cette première : "Le Téléthon se lance dans la fabrication de médicaments pour les maladies rares"... Selon La Tribune, c'est un cas unique au monde... L'association française contre les myopathies a obtenu les autorisations nécessaires. Et puis, on termine avec ces chiffres que vous retrouverez dans Libération et France-Soir... Des chiffres qui concernent notre vie quotidienne... Sachez que nous passons en moyenne, 8h et demie par nuit dans notre lit... Et deux heures par jour à table... En gros, c'est deux fois plus de temps que nos voisins.

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