Society et son "voyage au coeur de la france", Etat Fn, partir ou résister? Mélenchon et ses drôles de soutien

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

On commence par un voyage

C’est fou ce que tous les 5 ans, on redécouvre la France, les français, nous et comment nous vivons. Le magazine Society n’échappe pas à cette règle d’airain de la présidentielle, et nous emmène ce matin dans un « Voyage au cœur de la France » ; très beau port folio du photographe toulousain Pablo Baquedano dans les Ardennes, témoignages de Français qui s’avouent « heureux », ce n’est pas si courant, Yolande 27 ans qui dit « en tant que femme noire, en vrai, y a pas de meilleure époque que l’époque que je suis en train de vivre », plongée dans l’un des quartiers les plus pauvres de France, le quartier St jacques à Perpignan, terreau idéal pour l’extrême droite, un gitan qui se sent abandonné de tous lâche « on n’adhère pas à ses idées, mais on va se venger », et puis un retour en « Hollande ». Retour dans quelques-uns des 7 villages qui en 2012 ont apporté 100% de leurs voix à François Hollande, comme ils l’avaient fait pour Mitterrand en 81 et 88. Plusieurs se trouvent dans l’Aude, bastion historique du ps depuis que Jean jaurès député du tarn était venu en 1907 défendre les intérêts des vignerons locaux. 5 ans plus tard, ces vignerons et les « pelutes » comme on les appelle ici, les soixante huitards, bobos et autres anglais qui peuplent désormais Mayronnes ou Villetritouls, sont comme beaucoup d’électeurs de gauche. Le discours du Bourget, celui qui plaçait les valeurs humanistes au-dessus de l’argent, leur reste en travers de la gorge « Franchement, ça ne va pas me faire grand-chose de décrocher la photo de Hollande prise par Depardon » lâche même le maire de Villetritouls. Ici, les habitants sont au premier rang pour observer la disparition des services publics et des petits commerces. Alors comment vont-ils voter le 23 ? Stéphane et Claudine, chevriers, assurent qu’ils continueront à voter à gauche, mais pour qui ? « macron traine son passage à la banque rotschild comme un boulet, hamon dévalorise la valeur travail, disent-ils, mélenchon parle trop et trop fort. Un second tour fillon le pen les laisse indifférents ». D’autres ont carrément basculé, une autre élue d’un village 100% Hollande affirme que pour la première fois de sa vie, elle va voter Front national,un parti qui s’étend par petites touches dans les Corbières…Instantané de villages français où se posent les mêmes questions que partout ailleurs, Sous la plume de Victor Le Grand et Antoine Mestre dans le quinzomadaire Society

L’hypothèse d’une victoire du Front national qui provoque des débats de conscience

« Etat Fn, servir ou résister ? », dossier à retrouver dans l’Obs cette semaine, signé Mathieu Delahousse, parti à la rencontre des hauts fonctionnaires qui s’interrogent. Début mars l’ambassadeur français au Japon Thierry Dana avait publié une tribune dans le Monde pour dire qu’il préférait « renoncer à occuper ses fonctions plutôt que de servir la diplomatie du Front », d’autres parmi les préfets, les magistrats, les dirigeants d’offices publics sont agités par ce même questionnement intime, « assurer la continuité de l’Etat ou entrer en désobéissance civile ». Beaucoup s’appuient sur leur devoir de réserve pour ne pas se prononcer aujourd’hui, certains mettent en avant leur boussole, la loi de 83 qui dit qu’un fonctionnaire doit « refuser un ordre manifestement illégal et de nature à compromettre gravement l’intérêt public », la plupart avance la résistance « intérieure » plus efficace , même si quelques-uns conviennent qu’il pourrait y avoir des « réactions individuelles » à un tel cas de figure. Le précédent souvent cité est celui de 1981, quand certains représentants de l’Etat avaient considéré qu’ils ne pouvaient pas servir un gouvernement « socialo communiste ». Philippe de Villiers en faisait partie. Autre dilemme, faut-il exprimer ou non publiquement leur inquiétude face à l’éventualité d’une victoire de Marine Le pen ? Un courrier électronique s’échangerait entre hauts fonctionnaires, le nom de Paul Didier, seul magistrat à en pas avoir prêté serment au régime de Vichy en 41 circulerait pour baptiser un éventuel collectif…mais pour beaucoup, « le no pasaran, est un slogan, pas une parole de responsabilité » disent-ils. Dans ce dossier, seul Serge Portelli, président de chambre à la cour d’appel de Versailles, dit clairement et publiquement « peut on rester magistrat si le fn est au pouvoir et que l’état de droit est totalement dégradé ? NON. Je ne servirai pas un Etat Front national, je démissionnerai »

Un mot encore sur la campagne présidentielle, avec un autre candidat Jean-Luc Mélenchon

Jean Luc Mélenchon qui a donné hier soir à Lille « le plus grand meeting de cette présidentielle dans la région » raconte ce matin dans la Voix du Nord Laurent Decotte, près de 20 000 personnes c’est beaucoup plus qu’Emmanuel Macron ou Marine le Pen. Le journaliste qui reprend les saillies ironiques du candidat contre ses adversaires ou les media qui se déchainent contre lui, « demain il pleuvra des grenouilles et les chars de l’armée rouge seront chez nous », mais il a l’air d’avoir été marqué par ce qu’il appelle « la dialectique conflictuelle » entretenue par Jean Luc Mélenchon, « nous d’un côté, ils de l’autre, sans qu’on sache toujours exactement qui sont ces ils, et puis à l’endroit de MAcron, Fillon et le Pen « si vous élisez un de ces 3 là, vous allez cracher du sang »… Un Mélenchon qui s’est voulu rassurant même si parfois … »3 petits points laissés en suspension par le journaliste…

Jean-Luc Mélenchon qui n’a pas que des contempteurs. 2 curieuses « bénédictions » ce matin, l’hebdomadaire d’extrême-droite Minute qui titre « le tribun le Pen a trouvé son héritier, Mélenchon », Jean-Marie le Pen acquiesce et se voit en précurseur du candidat de la France Insoumise dans sa façon de tenir ses meetings, et celle de Patrick Buisson, l’ex conseiller très droitier de Nicolas Sarkozy. Dans le Point, il salue l’évolution idéologique du candidat « Mélenchon est plus chrétien que Fillon », ou encore « le peuple avancé par Mélenchon a évolué, il est devenu le peuple enraciné » se réjouit il. Un soutien même feutré un brin embarrassant, dans son blog Jean Luc Mélenchon rappelle que Buisson et lui, ils se connaissent « à peine » et qu’une « roborative antinomie intellectuelle les oppose.. »

On termine Hélène

En vous conseillant sur le site les jours.fr, le reportage photos d’Antonin Weber, accompagné du journaliste Olivier Bertrand tourné au cœur d’un journal en résistance, Cumhurryet, un des derniers media indépendant de Turquie. 11 de ses journalistes sont aujorud’hui en prison. Comment mieux comprendre la censure et la répression qu’on observant les chaises vides des journalistes de la rédaction…c’est la force de la photo…le référendum en Turquie c’est dimanche

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