L'autogestion revient dans "Le Figaro", les Winkelvoss ressuscitent dans "Les Echos", des chercheurs d'or en cryptomonnaie dans "Vraiment", et tant de métaux rares dans la boue des mers du Japon, et dans Usbek et Rica...

On commence par une utopie sociale...

Des entreprises où il n'y a plus de hiérarchie, plus de chef, et la communauté des salariés s'auto-organise. On appelle ça HOLACRATIE, cela vient des Etats-Unis et c'est le Figaro qui nous le dit dans ses pages entreprises, l'HOLACRATIE a le vent en poupe en France, 

Et c'est déjà une information en soi que l'utopie ait droit de cité  dans un journal qui en tient plus spontanément pour l'ordre... Mais le Figaro est allé dans la zone commerciale de Clarac dans le Gers, où un Mr Bricolage à la dérive a basculé dans l'autogestion, et l'entreprise se porte mieux, les déficits se comblent, l'attente aux caisses a disparu, et les trente salariés découvrent l'énergie d'être ensemble...  Ils s'appellent désormais des "bric aucheurs", car l'Holacratie a son vocabulaire et son organisation est guidée par un logiciel informatique, Glassfrog, littéralement « grenouille de verre »...  

Et le Figaro s'interroge sur un langage digne d'un groupuscule sectaire... mais pourtant?

Allant lire de vieux articles sur le web... on découvre que l'holacratie a été inventée  par un écrivain et penseur antitotalitaire, Arthur Koestler, qui avait dénoncé le goulag dans le zéro et l'infini, et théorisée l'holarchie : nous faisons partie d'un tout... Hola en grec, la totalité.

On lit aussi, c'était déjà sur Atlantico en 2016, qu’aux Etats-Unis, Zapppos, l'entreprise vedette de l'holacratie aux Etats Unis, n'y a pas trouvé son bonheur, des salariés ont fui... 

Les plus anciens de souviendront d'un livre des années 70, qui s'intitulait « l'autogestion, c'est pas de la tarte »...

Mais l'utopie fait des petits dans les journaux...

"Le pouvoir ça se partage" proclame à la Une l'Usine nouvelle : beau dossier pour rentre l'entreprise à la société et cela parle des salariés dans ces entreprises... et singulièrement ceux qui entrent dans les conseils d'administrations... 

On a besoin d'utopie ce matin quand on lit dans l'Humanité un joli article plein de colère sur ce qu'était la ZAD de Notre-dame-des-Landes que l'ordre républicain a reconquis, c'était aussi dit l'Huma une manière de vivre solidaire... La Zad a été matée parce qu'on ne voulait pas d'une zone d'expérimentation solidaire dit dans Nice Matin un géographe de l'université libre de Bruxelles... 

On a besoin d'utopie quand on lit dans Sud Ouest, dans un long papier, très humain, le désarroi d'un salarié dans une entreprise normale, où le destin vous est imposé d'en haut... L'usine Ford de Blanquefort vouée à disparaitre où Albert Caille était entré à sa création en 1972, et son fils Jean-Michel a gardé son badge, et raconte la vie de sa famille autour de Ford où il s'est fait une vie, et, devenu cadre, a vécu l'abandon et les trahisons... Lui qui croyait que ses dirigeants étaient estimables...

Une utopie financière dans le magazine des Echos...

Celle des Bitcoins ou de l'Ether, ces monnaies cryptées adossée à des chaines informatiques... Les échos  nous rappellent les frères Winkelvoss, ces jumeaux grands et forts et arrogants, sélectionnés olympiques en aviron et rejetons harvardiens d'une grande famille de la côte Est des Etats-Unis... On les connaissait pour avoir été les perdants de la saga Facebook, ceux à qui Zuckerberg avait volé l'idée d'un trombinoscope électronique... Mais les Winklevoss avaient quand même grappillé quelques millions de dollars devant la justice, ils les ont mis dans les monnaies cryptées, et sont milliardaires désormais, là où ils devaient aboutir... 

Dans Vraiment, l'autre face du bitcoin avec des aventuriers suisses et tatoués, des geeks qui ont istallé leurs ordinateurs dans la fraicheur du Haut Valais en suisse, chouette reportage de ce jeune hebdomadaire à Gondo, 80 habitants, qui fut dévastée en 2000 par une coulée de boue et que font revivre les tatoués en allant creuser l'or virtuel... Jadis, et encore un peu, c'était l'or, le vrai que l'on cherchait dans les rivières autour de Gondo... 

L'or, cette quête de l'ancien monde? On a pourtant besoin de métaux dans le nouveau monde...  On a besoin de  scandium, de cérium ou de néodyme... "De nos téléphones portables à nos télévisions en passant par toutes sortes de lasers et même dans la pierre des briquets, les métaux rares sont au coeur de la révolution numérique et énergétique en cours" explique Uzbek et Rica qui a trouvé un filon... La boue qui tapisse les fonds marins japonais, autour de l'ile de Minamatori, serait une réserve quasi-inépuisable de métaux rares ! La catastrophe écologique est au coin du développement...

Et des histoires de mots pour finir...

Est-elle une chercheuse d'or, Laeticia, veuve de Jean-Philippe Smet, dont le Point a publié une confession?

Il y a dans le magazine des Echos, encore, un article qui décrypte les enjeux juridiques de l'héritage de Johnny, et on comprend que la clé est la géographie. Il faut, pour David et Laura, démontrer que leur père était de France, mais pour Laeticia que Johnny fut américain…

Et ayant lu cela, on lit d'un autre oeil la confession de Laeticia, truffée de géolocalisation américaine, ainsi cette colère de Johnny qu'elle raconte, "Tu vas me sortir de là, j'en ai marre, je veux rentrer chez moi, je veux retourner à Los Angeles"... Et on doute ?

Les mots sont précieux et à mal les utiliser... 

Pages 44 et 45 de Marianne, on trouve un gros titre, "les musulmans sont-ils des élèves comme les autres" et dans ce journal qui par ailleurs raconte si bien l'insurrection étudiante ou l'emprise d'Apple sur les media, ce titre censé illustrer une étude sociologique sur la radicalisation est étrange. « Ce n'est pas une provocation », dit Marianne. Alors, c'est une erreur.

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