Le docteur Fauci que l'Amérique écoute contre Trump, a pour livre de philo favori le Parrain, Le New Yorker . Un journaliste du Figaro a passé une belle journée en préparant au George V le repas des soignants de l'hôpital Robert Debré. Des bénévoles déposent des repas sur des sacs poubelles devant des SDF, les Jours.

On parle du temps...

Le temps qui passe et qui il y a un mois a changé de nature et ce temps nous en rappelle d'autres, c'est le temps de la guerre que décrit un des historiens que publie Mediapart pour ne pas confiner à l'aveugle, le spécialiste de 14-18 Stéphane Audoin-Rouzeau, plongé dans son sujet d'étude... 

"Le week-end d’avant le confinement, le temps s’est comme épaissi et on ne s’est plus focalisé que sur un seul sujet. De même, entre le 31 juillet et le 1 août 1914, le temps a changé. Ce qui était inconcevable la veille est devenu possible le lendemain. Le propre du temps de guerre est aussi que ce temps devient infini. On espère simplement que ce sera fini « bientôt ».

On lit ceci ce jour où le Président Macron doit nous dire comment notre temps se poursuit, lui qui parlant des personnels soignants, avait repris le mot de Clemenceau sur les poilus "ils ont des droits sur nous"...

Mais les historiens rassemblés par Mediapart doivent être lus au-delà de cette circonstance présidentielle, pour la mémoire et les doutes qu'ils admettent 

Patrick Boucheron professait jadis que sa génération n'avait rien vécu de grand, et vivrait  à l’ombre des grandes catastrophes du passé, révise cette idée, il se demande, intimement, ce qui l'a poussé à écrite sur les grandes pestes, avant que vienne le coronavirus ne vienne le surprendre, il voulait savoir comment les vieilles peurs se traduisaient au présent. Stéphane Audouin Rouzeau se compare au pacifiste de 1914 qui voit son monde finir, il dit que nous ne reverrons jamais ce qui existait il y a un mois et il redoute la suite, puisque les guerres détruisent exacerbent le besoin de chefs .

Le président de la fondation du Camp des Milles, Plain Chouraqui, a exprimé des inquiétudes similaires, à l’Agence France-Presse, sur notre antenne, et ce matin dans la Provence, où il appelle à la prudence, quand on touche aux libertés, tant les habitudes sont vite prises.  

Oui mais le pire n’est pas certain et en Grèce, lis je dans le Figaro, c’est un présentateur de télévision, acteur populaire sexagénaire, Spyros Papadopoulos, qui par son verbe convainc la population de suivre les règles de prudence, les vieux aussi qui ont connu de rudes temps. 

Aux Etats-Unis, un médecin septuagénaire, Antony Fauci, est devenu le docteur de l’Amérique, me dit le New Yorker, et l’antidote à Donald Trump dont la crise du coronavirus a exacerbé le style, mélange de démagogie et et de mépris des normes… Mais c’est Fauci que l’on écoute, qui dirige la lutte contre les maladies infectieuses depuis près de 40 ans, il ne se formalise pas des politiciens. Quand l’un d’eux se comporte de manière ridicule, Fauci relit cette maxime, « it’s nothing personal, it’s strictly business », tirée de son livre de philosophie favori: le parrain.

Et on parle donc aussi de bandits ce matin…

Bandits mafieux italiens qui ont sapé la Lombardie et contribué au drame du coronavirus, a accusé l’écrivain italien Roberto Saviano dans le Monde ce week-end… Bandits informatiques qui profitent du déplacement vers le télétravail pour pénétrer les systèmes et la crise, dit Sud-Ouest, serait l’opportunité de hackers malveillants. Bandits ruraux qui profitent du confinement pour voler des moutons en Loir-Atlantique, dit ouest france… Plus de 400 depuis un mois et dans la nuit de samedi à dimanche, la gendarmerie en a récupéré trois après une course poursuite… Comme au far-west jadis?

En Amérique encore, me dit le Monde le coronavirus est considéré par des tribunaux comme une arme, et cracher serait un acte terroriste… Le nouveau monde nait de vieilles lois.

Et puis on parle de carottes…

Qu'un journaliste du Figaro a épluché lui-même dans le saint des saint des cuisines de l'hôtel george V à Paris, où l'on a préparé ce week-end le repas que mangeront ce midi  lundi de Pâques les personnes soignants  de l'hôpital Robert Debré, qui vont donc savourer tout à l'heure,

Gaspacho de tomates et poivrons grillés, Burrata crémeuse et fraise gariguette

Jardin printanier, confit d’agneau au citron

Tarte vanillée aux premières ciflorettes, rhubarbe

L’Oeuf de Pâques du George V, chocolat noir, praliné noisette à l’ancienne, fleur de sel

Préparés par Christian Le Squer, Simone Zanoni et Alan Taudon, chefs étoilés du palace le plus étoilé du monde.

Et c'est donc une BELLE HISTOIRE de solidarité et de coronavirus que le Figaro conte sur son site internet...

Mais elle est aussi, cette histoire, une étrangeté de style et de bonheur quand le tragique nous entoure car Frédéric Picard, le journaliste écrit d'un ton ravi et presque suranné ce qui aura été on le comprend, une grande journée de sa vie, aider aux cuisines tee-shirt noir et masque aux ordres de grand chef, se dévouer pour les carottes et aussi sculpter des spaghettis de concombre avec un instrument qu'on appelle la Mandoline, dans un hôtel fantôme aux grands salons vide où il se laisse aller à rêver... "Je traverse la galerie en lévitation. Mon regard croise celui d’un empereur Romain trônant au- dessus d’un ascenseur. Je lui fais un clin d’œil. Je crois qu’il m’a répondu."

Cela passe mieux si l'on ne lit pas tout de suite après la faim qui tenaille en Seine saint-Denis, que racontent, internet encore, les Jours, où j'apprends que la cuisine scolaire de Clichy sous bois a repris du service ce mois d'avril, animée par des volontaires, pour fournir en repas les associations qui nourrissent ces SDF devant lesquels les bénévoles posent un repas, de loin, sur un sac poubelle: avant la distanciation on pouvait se parler...

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