(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : ouvert à tous les vents

(Bruno Duvic) En page 18 du Parisien-Aujourd’hui en France , Nicolas Anelka pose avec un maillot bleu qui n'est pas celui de l'équipe de France. C'est celui du Shangai Shenhua. C'est donc officiel depuis hier, Anelka va jouer en Chine à partir de janvier. Salaire : 230.000 Euros bruts… par semaine. "Il va susciter beaucoup d'espoirs dans la jeunesse et incarner un exemple à suivre" dit le directeur sportif. Raymond Domenech doit se retourner dans sa tombe de sélectionneur mais ainsi va la vie du football, Anelka est un exemple, exemple du football comme tête de pont de la mondialisation.

Ce n'est plus seulement le foot de sélection mais celui des clubs qui dribble désormais tout autour de la planète. Anelka est en Chine, Beckham pour l'instant encore à Los Angeles et la star camerounaise Samuel Eto’o joue au Daguestan pour 20 millions d'Euros par an hors contrat publicitaire.

A l'heure d'Internet et de la télé par satellite, le club de « Barcelone n'a plus de mystère pour les fans d'Indonésie ou de Floride (...) et on ne serait pas surpris d'apprendre que les manchots des Kerguelen prennent des paris sur le championnat du Qatar » écrit Didier Braun dans sa chronique de L’Equipe .

Le Qatar, l'exemple n'est pas innocent : c'est le lieu phare de la géopolitique du sport business

« C'est un pays où l'activité physique des habitants s'est longtemps limitée à monter et descendre d'un 4X4. » Et pourtant, il organisera la coupe du monde de foot en 2022, celle de handball en 2015, il a acheté le PSG, le maillot de Barcelone, les droits télé de la ligue des champions et vise maintenant les jeux olympiques.

"Le Qatar ou la géopolitique du terrain", c'est une double page signée Gilles Dhers ce matin dans Libération . "Dans le contexte économique actuel, il y a une fenêtre de tir pour un pays présentant de telles garanties financières". Qu'en termes élégants ces choses là sont dites…. Le Qatar a du fric plein de gaz ! et un autre observateur résume la trilogie du sport business made in Doha : les infrastructures, la compagnie aérienne Qatar Airways pour transporter sportifs et spectateurs et la télé Al Jazira pour diffuser dans le monde entier.

"Le sport est un axe de développement majeur, il peut faire plus que la politique" dit le cheikh, secrétaire général du comité olympique local. L'un de ses conseillers complète, un brin agacé tout de même : « on nous a même proposé d'investir dans une équipe de ski. »

Le Qatar marche au gaz, la France, au nucléaire

Pour combien de temps ? Ce sera l'un des débats de la présidentielle. En tout cas, 9 mois après la catastrophe de Fukushima, « Areva, le géant français du nucléaire est en difficulté ». C'est le grand titre du Figaro et la Une des Echos également. Le PDG Luc Oursel le confirme dans Le Figaro : suppression de 1200 à 1500 postes en Allemagne. Et en France et dans le reste du monde, il faudra faire des efforts sur les coûts.

Une centrale tremble au Japon et des emplois disparaissent en Allemagne, nouvelle illustration de cette économie ouverte à tous les vents. C'est aussi l'histoire de la crise des dettes souveraines en Europe. Dans Le Monde , l'homme qui a incité les Italiens à acheter la dette de leur pays explique son geste :

"Le jour où j’ai vu à la télévision un reportage expliquant que le “spread” était au maximum parce que Papandreou, le Premier Ministre grec, avait décidé un référendum, je me suis dit : ‘Je ne peux pas vivre dans un monde qui menace de s’écrouler parce qu’un politique d’Athènes fait une annonce pareille. En quoi cela devrait-il mettre en péril l’Italie ?’.»

L'économie européenne comme une auberge espagnole. Slate.fr raconte ce matin qu'un demi-million d'Espagnols quittent leur pays chaque année pour échapper à la situation économique et social. Le pays risque le crash démographique.

Une illustration de la crise en France, on la trouve sur Médiapart : le mal logement s'étale toujours davantage dans des locaux toujours plus exigus. 600.000 logements indignes ou insalubres en France. Dans le reportage d'Ellen Salvi, vous trouverez une pléiade d'exemples sidérants. Un anesthésiste de 79 ans qui a transformé sa clinique en résidence. 500 à 700 Euros de loyers par mois pour une cinquantaine de ménages, la plupart sans papier. Des personnes dormaient dans la morgue. L'ancien médecin aurait gagné plus d'un million d'Euros dans l'histoire. Le bras de fer juridique est toujours en cours.

"Aujourd'hui tout se loue, partout et à n’importe quel prix" dit un des responsables de la fondation Abbé Pierre.

Crise à tous les étages, on souhaite bien du courage au futur président de la République...

Et pourtant, il y a beaucoup de candidats

Au moins seize, selon le décompte du Parisien . Une vingtaine pour La Dépêche du midi , qui parle de trop plein. Après l'annonce de Dominique de Villepin, Sarkozy est cerné titre Libération. La candidature Villepin, la plupart doutent qu'elle aille jusqu'à son terme ce matin.

Dans ce monde ouvert à tous les vents, un candidat à la présidentielle fait du made in France, une des remèdes à la crise. « Achetez français ! » nous conseille François Bayrou. Oui mais... Rue 89 reprend un extrait du petit journal de Yann Barthez hier sur Canal + qui a suivi François Bayrou en campagne

Rue 89 a mis son article à jour à 7h38 ce matin. Les proches de François Bayrou expliquent que l'Audi en question était celle d'un élu de Pau qui a raccompagné le candidat centriste. Mais sa voiture personnelle, précisent ces proches, est une Twingo Renault made in France, et la voiture familiale une Peugeot 3008 tout autant made in France.

Un monde ouvert à tous les vents de la télévision et de l'Internet... De la publicité aussi. Terminons avec un article amusant dans le mensuel CB News qui s'intéresse à la communication. Il montre quelques détournements de la Joconde utilisés par des publicitaires du monde entier.

La Joconde version Jackson five, noir et cheveux en boule pour des biscuits au chocolat,

la Joconde vue de très près pour vanter un baume pour les lèvres,

la Joconde maquillée comme une voiture volée,

la Joconde une pizza à la main

et même la Joconde vue du dessus, on ne distingue que son crâne, c'est une pub pour un shampooing anti pelliculaire...

Le plus saisissant, c'est qu'au milieu de tous ces vents, Mona Lisa continue de sourire...

A demain

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