Le syndrome du Français qu'on attend et qui se plante... Voilà un grand classique du sport. A contrario, il y a celui que personne n'attend et qui surprend tout le monde... Dans le genre, Antoine Dénériat a réalisé un petit chef-d'oeuvre... Médaille d'or à la descente... L'épreuve-reine du ski olympique... Comme le dit Gérard Noël dans "La Liberté de l'Est", la surprise n'en est que plus grande, et le bonheur plus intense. Oui, décidément, la France qui gagne se trouve souvent là où on l'attend le moins, reprend Jacques Camus dans "La République du Centre", qui ajoute : "Voyez comment nos rugbymen, bardés d'assurance automnale, ont été douchés par les Ecossais, il y a une huitaine, pendant que nos handballeurs, ignorés par les médias, devenaient champions d'Europe ! Même chose pour les JO d'hiver"... C'est bon pour le moral, souligne Patrice Chabanet, dans "Le Journal de la Haute-Marne"...Par ces temps de déclinologie aiguë, la médaille d'or d'Antoine Dénériat prend valeur de symbole. Voilà pour la dimension symbolique de cet exploit, effectivement... Reste l'essentiel : l'exploit dont le jounal "L'Equipe" nous rapelle le spectaculaire : Walchofer, médaille d'argent, à 72 centièmes, et Kernen, médaille de bronze à plus d'une seconde... Du jamais vu... D'où ce titre du quotidien sportif : "Le jour du seigneur" ! D'ailleurs la victoire du Français a inspiré les journaux avec un certain bonhur ce matin dans leurs manchettes... Toujours avec "L'Equipe" et son deuxième titre : "L'or et la manière"... "France Soir" avec "Deneriat fait parler la poudreuse", du meilleur effet... Ou "un gars en or"... pour "Le Parisien"... Ou encore ce titre du "Figaro", comme en écho au "jour du seigneur" de l'Equipe : "Deneriat, au plus haut des Jeux". Voici donc notre champion sanctifié... Alors à tout seigneur, tout honneur... Le mot de la fin au journal "L'Equipe", sur le thème : "les JO, c'est cruel"... Ainsi, Claude Droussent écrit : "Hermann Maier, géant parmi les géants du ski alpin, ne sera sans doute jamais champion olympique de descente... Antoine Deneriaz, lui, l'est depuis hier... Pour toujours. Voilà comment se font et se défont les destins les plus grands, lors des plus grands rendez-vous"... Oui, cruels, les Jeux... Cruels et grands. C'est une information qui date de samedi, mais tous les journaux y reviennent aujourd'hui... Il se trouve qu'avant-hier, "Le Parisien" a publié le rapport du commissaire aux Droits de l'homme pour le Conseil de l'Europe... Un document mettant sérieusement la France en cause pour l'état de ses prisons, de sa justice, et des méthodes de sa police. On avait déjà eu vent de l'indignation du commissaire aux Droits de l'homme, Alvaro Gil-Roblès, qui, en septembre, confiait à "Libération" son sentiment de malaise après avoir visité le dépôt des étrangers, dans les sous-sols du Palais de Justice de Paris... "De ma vie, avait-il dit, sauf peut-être en Moldavie, je n'ai vu un centre pire que celui-là... C'est affreux". Eh bien ce même journal, "Libération", explique que, pour toute réponse, les autorités françaises ont dit au commissaire européen... En substance... "C'est beau, la France... Les droits de la défense y sont scrupuleusement assurés, les prisons n'ont connu qu'une hausse très relative de détenus... Celles qui sont sales et pourries vont être rénovées... Les policiers n'y sont que très rarement violents, et dans les centres de rétention, les étrangers sont bien traités". Ce qui n'empêche pas Alvaro Gil-Roblès de souligner que, pour le gouvernement français, ce rapport est une claque. En outre, constate Gérard Coulange, du journal "L'Union", il est d'autant plus embarrassant qu'il arrive au moment où le Conseil des Ministres vient d'approuver le projet d'immigration dite "choisie"... Projet présenté par Nicolas Sarkozy. Dossier dont s'empare aujourd'hui "L'Humanité"... Sous le titre : "Clandestins malgré eux", le journal communiste affirme que cette future loi va produire de nouveaux sans-papiers. D'abord, le statut de réfugié sera plus compliqué à obtenir... Les Etats-tampons feront office de barbelés... Qui plus est, poursuit Emilie Rive dans "L'Humanité", c'est un texte au service des intérêts du patronat, avide de saisonniers et autres sous-payés... Enfin, affirme notre consoeur, ce projet de loi jette des hommes et des femmes dans la clandestinité. Enfin, cette autre question, qui intéressera le commissaire européen aux Droits de l'homme : des policiers ont-ils torturé à Lyon et à Paris en 95 ?... Faute de preuves, le doute s'impose, comme le dit fort justement Francis Brochet dans "Le Progrès"... Mais la question est quand même posée... Posée par le livre intitulé "Place Beauvau", selon lequel, en 95, après les attentats en France, des policiers antiterroristes auraient torturé des suspects... La question est non seulement posée, mais elle a déjà débouché sur une enquête... Parce qu'il fallait savoir au plus vite, confie un policier au journal "Le Parisien". Oui, mais les preuves ?... Sur ce point, Jacques Debray, avocat de terroristes présumés, et notamment d'Abdelkader Maameri, rapporte les propos de son client, selon lesquels, pendant sa garde à vue, il a été frappé à la tête et ses tympans ont éclaté... Blessure confirmée par une expertise médicale... Malaise. Mais c'est comme ça en France, analyse Pierre Fréhel dans "Le Républicain Lorrain"... Et au-delà de cette affaire de 95... La garde à vue est une formule dont use et abuse un système policier et judiciaire, fondamentalement inquisitoire. Oui... Il avait un profil de gendre idéal, écrit "Libé"... Comment prévoir qu'il allait se métamorphoser en tortionnaire d'automobilistes, ce Monsieur Denis Baupin, adjoint Vert de Bertrand Delanoë, chargé des Transports. Depuis bientôt cinq ans, il pèse de toutes ses forces, avec obstination, pour libérer Paris de la dictature de la bagnole... Il élargit les trottoirs, impose des pistes cyclables, des couloirs de bus et des espaces civilisés... Sorte de "Khmer Vert"... Un jour, vous verrez, il transformera Paris en un vaste quartier vert, où s'égaieront à bicyclette des cohortes de bobos désoeuvrés. Et c'est vrai que Denis Baupin combat la voiture, comme Robespierre les Girondins. En tout cas, Denis Baupin n'a pas de voiture, lui il prend le métro... D'abord, parce que la voiture, ça lui fait mal au coeur, et puis c'est pas écolo. En 2007, si la gauche gagne, il sera ministre, ministre des Transports bien sûr, parce qu'il ne pense qu'à ça, dit-on chez les Verts... Et Baupin ne dément pas... En fait, il voudrait être aux Transports ce que Kouchner est à la Santé, parce qu'il le dit lui-même : "Pour percer en politique, il faut être identifié à une lutte". Alors, en résumé, sa politique à Paris, elle a quelque chose de binaire : pour lui, il y a ceux qui ont une voiture et ceux qui n'en ont pas... D'où ce titre de "Libération" : "Denis Baupin, auto-stop". Ah... dernière chose... Comme beaucoup d'hommes politiques, il ne résiste pas à son envie de séduire, raconte une élue parisienne. Bref, c'est un homme politique... Tous tentent effectivement de séduire... Ce qui, quelquefois, énerve les Français... Comme leur obsession de la Présidentielle et son cortège de promesses... A l'heure où il est de bon ton de les dénigrer, Raymond Depardon, lui, leur rend hommage, avec un livre et une expo à Paris, jusqu'au 5 mars... Initiative dont nous parle l'hebdomadaire "Marianne"... Réhabiliter les politiques, ce projet fou de Depardon... Les réhabiliter... Dans le mouvement, toujours dans le mouvement, comme cette savoureuse série de clichés de Michel Rocard, sur le marbre glaçant des marches du Trocadéro, où, dans un imperméable taché de pluie, le regard dégagé, le sourire tristement malicieux, il paraît drapé dans un linceul de solitude... Au point d'avoir été enchanté par ces photos, qui donnent pourtant à comprendre pourquoi il n'a pas été, et ne sera pas, Président. Alors, sous l'oeil du photo-reporter, les politiques français et étrangers nous apparaissent dans leur humaine vérité, leur fragilité et leur courage... Comme le disait Romain Gary dans sa sublime lettre d'amour aux hommes politiques, parue dans "Le Monde" du 23 janvier 76... "On les regrettera tous le jour où nous serons gouvernés par des robots programmés... Parce que faibles, incertains, cyniques, moraux, immoraux, sincères, combinards, angoissés, vous êtes toujours prêts à montrer le chemin... Vous êtes encore vraiment représentatifs de ce que nous sommes". D'ailleurs, à tous ceux qui dénigrent les hommes politiques, Jacques Duquesne, dans "La Croix", apporte cette réponse cinglante et à double tranchant... "Si les électeurs s'intéressent plus à la personne qu'au projet, c'est qu'ils ne croient guère au sérieux des programmes qu'on leur présente". Bonne journée... A demain...

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