Les deux derniers camemberts au lait de la ferme dans l'Orne, le Monde. La nostalgie du vieux monde politique, Sud-Ouest, l'Opinion, le Figaro, l'Express. Les yeux des ouvriers ballottés de Luxfer, Libération. Une princesse ne pouvait pas manger, l'Union. Les excuses du Un et les nôtres sur un abonné imaginaire.

Des géants de l'électronique se font la guerre...

Et c'est un fracas de dollars par milliards et un fracas de procès  c'est le fracas des mastodontes qui s'entrechoquent, que sommes nous en comparaison de Qualcomm et de Apple qui furent alliés et depuis deux ans se déchirent... Qualcomm est une entreprise incontournable de l'électronique, qui produit de l'intelligence, des brevets,  plus de 140.000 brevets (un tiers est considéré comme « essentiels » pour les smartphones et les tablettes) et qui pour l'utilisation de ses brevets ponctionne ses clients, " 5 % du prix de ventes des téléphones et tablettes dans une limite de 20 dollars", cela lui a rapporté plus de  5 milliards de dollars l'an dernier;  Qualcomm  fait aussi  pression, si vous voulez mes brevets, il faut aussi m'acheter mes puces, car  Qualcomm produit aussi du matériel...  Et les pratiques de Qualcomm l'ont conduite le mois dernier devant la justice américaine pour abus de position dominante, et parmi les témoins à charge se trouvait Apple..

Apple que Qualcomm avait séduit ou circonvenu , par des rabais sur les achats et même par le versement  d'UN milliard de dollars... Mais en 2017 Apple qui avait lâché 28 milliards de royalties entre 2007 et 2017 a décidé de ne plus rien payer? RIEN. Plus aucune royaltie à Qualcomm qui l'a attaqué et le procès américain aura lieu en avril . Mais la guerre est mondiale et en Chine et en Allemagne, Qualcomm obtient des tribunaux l'interdiction des Iphones qui utilisent sa technologie et les juges se penchent sur l'électronique et les brevets...

Etrangeté de nos monstres multimilliardaires qui se soumettent pour arbitrage à la justice des simples mortels, et ils craignent pour leur vie, ces monstres. Apple sans Qualcomm est bloqué sur les smartphone de 5e génération, Qualcomm joue avec les chinois de Huawei... 

Sur un site spécialisé, les Numériques, je lis que Apple va investir des milliards et mobiliser des ingénieurs pour fabriquer ses propres modems et ses puces réseau afin de se passer de Qualcomm et d'Intel, et de trouver dans une concentration verticale la clé de sa liberté...

C'est drôle, la concentration verticale. On la décline ailleurs. Je viens de lire ce matin, un si joli article dans le Monde sur le web, sur les DEUX fermes, qui dans l'Orne utilisent leurs propre lait pour fabriquer un camembert "à la croute fleurie accidentée, très crémeux, avec de belles notes florales, mais aussi une légère amertume, une petite acidité", car  à la ferme du Champ secret, chez les mercier, et chez les durand, le fromage reflète les vaches nourries de foin et au pâturage, quand ailleurs, les bêtes ingèrent du tourteau et du mais fermenté, et produisent ce lait pasteurisé que produit le géant Lactalis, qui sous des noms rustiques fabrique aussi le camembert du tout-venant... 

On parle donc de nostalgie ce matin... 

Une nostalgie aussi politique, celle des notables et de l'expérience et de l'ancien monde, et je sens comme une joie gourmande quand nos journaux, Sud Ouest et l'Opinion à leurs unes, le Figaro dans un double intérieure, racontent les bouleversements à l'Elysée, et c'est le départ annoncé d'Ismael emelien, boite à idée du président, qui provoque cette vague éditoriale, Emelien qui part pour défendre le progressisme, a-t-il dit au Point, qui part plutôt parce que son nom circule trop dans l'affaire Benalla, soulignent Mediapart et Sud Ouest et l'Opinion... Et avec le départ de jeunes gens étranges, c'est le retour du cercle des poètes disparus, comme dit le Figaro, que célèbrent les observateurs de la cour, Bayrou, Le Drian auquel l'Express offre un portrait attendri ou Delevoye qui dans le Un défend le Grand débat... 

Le Un, au fait, qui s'excuse d'avoir publié la semaine dernière une fausse information, à propos d'un abonné  de Netflix qui aurait regardé en boucle 188 épisodes d'une série... Et ayant relayé cette erreur d'un bon journal, je présente les miennes, d'excuses. Pan sur mon bec.  

Les articles sur le pouvoir révèlent une ambiance, s'ils ne disent pas la société. 

Le monde raconte cette semaine des villes et des territoires qui survivent quand l'Etat les a quitté, et nous parle aujourd'hui  de villages des Vosges où le train ne passe plus depuis décembre, il était là depuis 1929....  "Ca a une âme le train"

Un pays aussi a une âme et la nôtre est blessée. La Provence et les DNA, le Figaro, Libération, titrent sur le fléau en expansion de l'antisémitisme, comme une fatalité.

Libération raconte une autre fatalité, sociale, dont la Montagne a narré la chronique, celle du calvaire des ouvriers de Luxfer à Gerzat dans le Puy-de-Dôme, qui fabriquent des bouteilles de gaz et sont promis à fermeture en juin, et sont depuis l'annonce, en novembre dernier qui leur est tombée dessus à la cantine, trimballés d'espérances en refus. Voyez leur regard. Voyez ce feu qu'ils ont allumé devant leur usine. Nous en avons tant vu de ces feux.

Et deux princesses pour finir.

La première est une princesse arabe, fille du monarque de Dubaï,  elle a voulu fuir le royaume de son père il y a un an et, rattrapée, semble captive; le New York times s'en est ému, la verticale "big browser" du Monde  (bien big browser, et non pas pixels, re-pan sur mon bec)se fait l'écho de ce conte d'aujourd'hui.

L'autre princesse a 7 ans et vient de Reims et se nomme Kelyss et je la vois dans l'Union,  et elle est Kelyss la princesse de sa maman Marine Minet, qui prend soin d'elle, et ce fut une épreuve, car Kelyss ne voulait pas manger ou plutôt ne pouvait pas, elle régurgitait bébé; puis n'acceptait que du lait à la carotte, puis des nuggets et des frites, rien d'autre. Le pédiatre disait que Kelyss faisait des caprices et qu'il fallait la forcer, elle pleurait et vomissait, le pédiatre était idiot, pardon. Kelyss souffre de "dysoralité sensorielle", une maladie handicapante, une hyper-sensibilité qui fait que l'on ne supporte pas les aliments. Marine a rééduqué sa fille et elle a raconté son histoire dans l'Union samedi 2 février; le journal y revient ce matin, à la Une, car après son témoignage, Marine a été contactée  par des centaines d'autres parents dont les princes et les princesses souffrent du même mal. Et marine intègre alors des demandes sur sa page Facebook où elle notre ses petits victoires et publie des live de conseils... Ainsi autour d'une maman s'organise la société et se répare... Et un grand journal y a pris son énorme part, l'Union, à Reims. 

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