En 1995, l'image avait fait le tour du monde... Nelson Mandela pénètre dans le stade de Johannesbourg avec le maillot des Springboks, l'équipe d'Afrique du Sud de rugby, sur le dos. Un stade entier a le souffle coupé. Moment de grâce. Et le public bascule dans le bon sens de l'Histoire et scande : "Nelson ! Nelson !". Christophe de Roubaix se souvient de ce moment : il était l'envoyé spécial de L'Humanité à la Coupe du Monde de rugby. C'est un acte de subversion qu'avait posé Mandela : l'équipe de rugby sud-africaine, c'était celle des Blancs. Lui, l'ancien prisonnier du régime d'apartheid, devenait le premier Noir à endosser cette tunique. L'Afrique du Sud à la Une ce matin, grâce au dernier film de Clint Eastwood, "Invictus", aujourd'hui sur les écrans... Il raconte cette aventure, et comment Mandela avait profité de cette Coupe du Monde de rugby pour faire avancer le rêve d'une nation arc-en-ciel. Quinze ans après, et quelques mois avant une autre Coupe du Monde (celle de football), où en est la nation arc-en-ciel ? Eh bien, elle est toujours divisée, nous dit La Croix, qui consacre son dossier de Une à ce sujet. Parole au photo-journaliste sud-africain Graeme Williams : "Sans Mandela, nous aurions été au bain de sang. Avec lui, nous avons rêvé d'une transition parfaite, où les ennemis d'hier deviennent frères. Mais peut-être que cela n'était pas réaliste, et que nous payons aujourd'hui le prix de ce rêve". Le prix, on le mesure dans un sondage publié chaque année dans le pays : c'est le Baromètre de la Réconciliation. Et dans La Croix, Clémence Petit-Perrot donne les derniers chiffres : 46% des Sud-Africains n'ont aucun ami de couleur différente, et 59% trouvent difficile de comprendre les coutumes des autres communautés. Le quotidien de la majorité des Noirs est toujours fait de pauvreté, de violence et de chômage. La plupart vivent encore dans des townships. "D'accord, dit une institutrice métisse à la retraite. D'accord, aujourd'hui mes petits-enfants ont le droit d'être scolarisés dans n'importe quelle école. Encore faut-il avoir les moyens de payer les frais d'inscription". La Coupe du Monde de foot permettra-t-elle de relancer le rêve de Nelson Mandela ? Il l'avait formulé dans un poème : "Chacun d'entre nous est intimement attaché au sol de ce magnifique pays, comme les célèbres arbres jacaranda de Pretoria et les mimosas du bush... une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et le monde". (Nicolas Demorand : "François Fillon se taille une large place, ce matin, dans les journaux")... Qui est la carpe ? Qui est le lapin ? "La carpe et le lapin" : c'est le titre du livre d'Alix Bouilhaguet, journaliste à France 2, sur les rapports entre le Président et le Premier ministre. Les bonnes feuilles sont dans L'Express. On y apprend que les tensions étaient vives entre les deux hommes dès l'année 2007. En témoigne cette scène, au mois d'octobre. Réunion de l'état-major de l'UMP dans le salon vert de l'Elysée... Nicolas Sarkozy s'asseoit face au Premier ministre. Regard dur et voix blanche : "Il n'y a pas de place pour deux têtes de l'exécutif. Ca ne peut plus durer". Fillon reste calme et réplique, droit dans les yeux : "Ecoute, je t'ai déjà proposé la suppression de ce poste. Si tu souhaites ma démission, tu l'as". Silence interminable dans l'assemblée. Nicolas Sarkozy reprend la parole : "Mais non, François, ce n'est pas le sujet". Dans ce livre, on apprend encore que la date prévue pour le départ de François Fillon, ce ne serait pas après les Régionales, mais juste avant la campagne de 2012. L'auteur dit tenir ça de la bouche du Premier ministre. Mais le service de presse de Matignon dément. En tout cas, pour l'instant, François Fillon est toujours là, et il joue les Nelson Mandela au sein du groupe UMP à l'Assemblée Nationale. La question d'une loi sur la burqa divise toujours la majorité. Libération, Le Figaro et Le Parisien-Aujourd'hui racontent la solution alambiquée que propose François Fillon pour apaiser les esprits : dans un premier temps, une résolution parlementaire pour rappeler les grands principes républicains ; puis une loi dont les contours restent flous, et qui ne serait pas débattue avant les Régionales. Un autre sujet divise la majorité : c'est le droit de vote des étrangers aux élections locales. Martine Aubry l'a bien repéré. Alors, comme le titre Le Parisien : hier, lors de ses voeux à la presse, elle a relancé ce débat en se prononçant pour le vote des étrangers. "Aubry tente de diviser la droite", titre Le Figaro, qui cite notamment la députée UMP Chantal Brunel : "Martine Aubry est une femme politique remarquable, mais il ne faut pas qu'elle joue la carte de la montée du FN comme François Mitterrand en son temps". (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") 22, vla Siné Hebdo... L'hebdomadaire satirique a commandé un sondage à l'institut CSA sur les Français et la police. Et contrairement à Siné, eh bien les Français auraient plutôt une bonne image de la police. Pour 55% des personnes interrogées, le droit est respecté lors d'un contrôle d'identité. Même chose pour 47% des personnes, lors d'une garde à vue. La police est plutôt efficace pour 57%. Enfin, depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, les relations entre les flics et la population n'ont pas changé pour 50%, elles se sont dégradées pour 34 et améliorées pour 12. D'où ce titre de Siné Hebdo : "Au secours... Les Français en redemandent". Beaucoup d'articles consacrés au froid, évidemment, ce matin encore... Dans la presse régionale, tous les détails sur ce qui marche et sur ce qui est gelé. Et puis des histoires amusantes ou tragiques... Dans Le Progrès de Lyon, l'histoire de cette femme qui a perdu son bébé après l'accouchement : l'ambulance était coincée dans la neige. L'histoire aussi de ces mariés, qui sont arrivés à la mairie dans le camion des pompiers. Là encore, la neige les avait bloqués. C'est à lire dans un supplément que La Provence consacre à ces jours de neige. Et puis, dans Le Monde, deux informations "signe des temps" en Grande-Bretagne... D'abord, pour la deuxième année consécutive, aucun représentant de la finance n'a été fait Chevalier par la Reine d'Angleterre. Ils se consoleront en apprenant que les parlementaires ont également été exclus de la liste, après le scandale des notes de frais. Par ailleurs, c'est le Premier ministre qui rédige cette liste. Enfin, la Reine elle-même, touchée par la crise, a besoin d'argent. Elle reviendra donc peut-être à de meilleurs sentiments vis-à-vis des banquiers. C'est le très british Marc Roche, correspondant du Monde à la City, qui raconte cette grande affaire. Pour se consoler, les financiers pourront encore s'acheter un téléphone portable dernier cri et le faire bénir. Car oui, aujourd'hui, à la City, on bénit les téléphones portables. La cérémonie a eu lieu lundi en l'église St Lawrence Jewry. C'est l'histoire du jour à la Une du Figaro. L'origine de cette cérémonie étonnante, c'est une tradition anglaise : autrefois, le premier lundi après l'Epiphanie, on bénissait les charrues des paysans aux portes des églises. En 2010, les Blackberries ont remplacé les charrues. D'où cet extrait croquignolesque du prêche du Père David Parrott (pour un prêtre qui bénit les téléphones, s'appeler "perroquet", bravo !)... le prêche donc : "Seigneur, que ces téléphones portables et ces ordinateurs, symboles de la technologie et de la communication dans nos vies de tous les jours, nous rappellent que Tu es un Dieu qui communique". Message pour les distraits : on peut bénir un portable mais éviter de le tremper dans le bénitier. Le Très Haut ne pourrait plus grand-chose pour votre iPhone tout neuf... Bonne journée...

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