8H30 l’heure de la revue de presse,commençons par la menace qui pèse sur l’économie européenne :

Menace chinoise en l’occurrence…L’économie de la république populaire de Chine est elle une économie de marché ? si oui, c’est la cata. C’est le Figaro économie qui nous alerte ce matin sur ce dossier, en apparence technocratique et juridique dit il, dont l’examen commence aujourd’hui à Bruxelles. L’union européenne doit elle accorder le statut d’économie de marché à la Chine, 15 ans après son adhésion à l’organisation mondiale du commerce ? Pékin y aurait théoriquement droit. Problème, si la réponse est affirmative, des millions d’emplois en europe, plus de 300 000 en France seraient menacés affirme le Figaro. Pourquoi ? parce que le purgatoire d’économie « non marchande » dans lequel était jusque là cantonnée la Chine permettait à l’europe de brandir tout un arsenal anti dumping et anti subventions contre les importations chinoises. Arsenal qui tomberait automatiquement en cas de changement de règles du jeu, « les entreprises européennes seraient alors privées de défense face à une avalanche de biens bon marché. Principaux secteurs touchés : textile, ameublement, métallurgie et électronique. Inutile de préciser que Pékin milite ardemmentpour cette reconnaissance, quand l’europe elle est divisée sur la question. Royaume uni et pays bas sont à fond pour, France, Italie et europe centrale s’inquiètent pour leur industrie nationale, mais craignent en cas de résistance une restriction des investissements chinois. D’ici la fin de l’année, les 28 sont appelés à prendre une décision…qui pèsera lourd donc sur notre économie et nos emplois

Autre inquiétude sur le front économique Hélène, la filière porcine en France, de nouveau au bord du gouffre

Eleveurs français, l’appel au secours titre à sa Une Ouest France, « ce n’est pas encore la sidérurgie, mais ça en prend l’allure » prévient Patrice Moyon dans son édito. En dépit des mesures adoptées par le gouvernement dans le courant de l’été, une partie de l’élevage français poursuit sa descente aux enfers, avec en première ligne les producteurs de porcs bretons. Une coordination de « bonnet roses » a d’ailleurs vu le jour en début de semaine. Une crise qui touche en réalité, toutes les filières agricoles, Reportage à Trévé dans le centre bretagne auprès de bénévoles qui tentent d’accompagner des agriculteurs au bord du gouffre…Quel sens a encore mon métier se demandent les éleveurs qui ne s’en sortent plus…ce n’est pas du zola mais presque…Il y a ces lettres qui tuent, le banquier qui prévient « je vends la maison », ces lettres non ouvertes qui s’empilent sur la table de la ferme…Monde fermé où on garde ses soucis, voire sa détresse…bénévoles et juriste tentent de leur venir en aide, mettent les comptes à plat, doivent parfois dire ce que les agriculteurs ne veulent pas entendre. C’est fini. Dans le porc, 20% des 3600 éleveurs vont devoir fermer. Les cours qui s’effondrent, la course à la compétitivité qui réclame sans cesse plus de travail déclenchent un immense ras le bol. Les bénévoles assistent parfois à une épidémie de suicides, racontent ils, une contagion, avec des passages à l’acte en chaine dans un même village ». « Plus de temps à perdre » presse Ouest France, pour savoir quelle agriculture on veut !

Dans l’actualité également ce matin Hélène, la condamnation des ex good year hier par la justice

« Case prison pour les ex goodyear » à la Une du Courrier Picard…et des Echos à l’Humanité, avec des tons un peu différents je vous l’accorde, la presse souligne que cette condamnation à de la prison ferme pour 8 ex salariés pour avoir séquestré deux dirigeants, est une première judiciaire. Difficile reconnaissent les Echos de trouver un autre cas de condamnation de prison ferme. Le quotidien qui souligne que ce jugement tombe en tout cas dans un contexte compliqué pour le gouvernement. Intervenant après Air France, il vient ouvrir un nouveau front sur son aile gauche pointe t il.

Une aile gauche outrée ! « Condamnés comme des criminels ! » s’insurge l’Huma à sa Une avec un point d’exclamation en prime. » Infamie, décision qui dépasse l’entendement, même sous la présidence de Sarkozy, la justice n’avait pas fait preuve d’une telle sévérité » affirme le journal, qui souligne que dans cette affaire, il n’y avait même plus de plaignants. C’est le parquet qui a décidé de poursuivre. Mise en cause directe donc de Christiane Taubira, garde des sceaux que l’Huma somme de sortir de son silence

Injonction contradictoire vu le contexte puisque sur un autre dossier, Christiane Taubira est justement réduite au silence, Manuel Valls ayant décidé de porter personnellement dans le débat parlementaire le texte sur l’extension de la déchéance de nationalité en raison de l’opposition de sa ministre. Dans le Figaro, Guillaume Tabard file longuement la métaphore du vocabulaire judiciaire et carcéral pour analyser la situation de Christiane Taubira, » à l’éviction, le chef de l’ Etat et le premier ministre écrit il, ont préféré une « peine de susbtitution », sorte de bracelet électronique politique qui lui permet de rester à l’intérieur, mais la prive de toute expression publique »

Après l’agression antisémite dont a été victime un professeur à Marseille lundi, débat ce matin autour du port ou non de la kippa dans la presse :

Débat engagé au sein même des institutions juives de France, vous en avez parlé, dont le quotidien israélien Haaretz se fait d’ailleurs l’écho dans son édition de ce matin. Ôter ou garder la kippa, préservation de la vie, dit le président du consistoire juif de Marseille, « renoncement » répète le grand rabbin de France Haim Korsa, ce matin encore, dans le Parisien.

« Oui, ce serait une capitulation, pour Jean Michel Servant, dans le Midi libre, un renoncement à une identité multiséculaire. Il ne faut rien lâcher affirme-t-il. Que ce soit à Charlie hebdo, au Bataclan ou sur la Canebière, nous devons nous battre pour les caricatures, le rock et la kippa » Même analyse dans Paris Normandie, « abandonner la kippa, dit Stéphane Siret, ce serait procéder par soustraction, alors que l’Histoire de la nation s’est écrite par l’addition des différences »

L’esprit Charlie invoqué ce matin, fait en tout cas, semble-il, largement défaut au …Maroc, si l’on parle liberté de la presse dès qu’on évoque la religion…

« Stupéfaction et tristesse » C’est par ces mots que Sciences & Avenir a accueilli dit le journal, la décision du ministère de la communication marocain d’interdire la vente de son hors-série sur « Dieu et la Science » paru en décembre. Raison invoquée par Rabat ? La reproduction de deux miniatures du XVIe siècle, illustrant une biographie du prophète Mohammed. Sciences & Avenir insiste sur le caractère historique et pédagogique de son dossier, et sa volonté de donner des repères afin d’éclairer le lecteur sur ce que l’on peut savoir en toute rigueur de l’histoire des textes fondamentaux des trois monothéismes. Un travail fait qui plus est, souligne Sciences & Avenir effectué en pleine collaboration avec d’éminents scientifiques, philosophes mais aussi religieux. Une censure dénonce le magazine qui ne peut que nuire dans une période qui réclame plus que jamais une compréhension approfondie de la science, des cultures et des croyances au « dialogue nécessaire »

Quelque chose de plus positif pour terminer :

Alors que les violences du 31 décembre au soir à Cologne font vaciller l’Allemagne, un petit article de la Tribune de Genève nous raconte comment ce weekend, des réfugiés afghans, syriens et irakiens ont pris l’initiative d’offrir des tulipes aux passantes devant la gare de Berlin. « une minorité ne représente pas la majorité » disaient-ils en distribuant leurs fleurs, exprimant leur colère contre les agresseurs et leur attachement eux, au respect, respect des femmes en particulier

Oui, c’est plein de bons sentiments, mais parfois, ça fait du bien !

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