Ecrivaine oubliée, Marie Josèphe Guers,Hhomme disparu, l'espion à l'origine du rapport sur Trump et Poutine. Et un premier débat à gauche qui laisse sur sa faim

La revue de presse, bonjour hélène jouan

Vous commencez ce matin par une femme oubliée

La femme oubliée, c’est le titre d’une chronique de Natacha Appanah, à retrouver sur le site de La Croix. Natacha Appanah est écrivaine. Il y a quelques semaines, un « collègue » la félicite pour le bon accueil fait à son premier roman. Compliment qui tombe à plat, il s’agit en fait de son sixième ouvrage. Mais « il a poursuivi raconte t elle sur ce ton condescendant qu’emploient certaines personnes pour vous expliquer la vraie vie. Que je sois 1-une femme, 2-un peu réservée l’aidaient beaucoup dans son discours ». Cette rencontre fait réfléchir Natacha Appanah sur le destin de chaque livre. Pourquoi celui-ci arrive à se frayer un chemin, pourquoi tel autre passe inaperçu. Il se trouve que quelques jours plus tard, une dépêche annonce la mort du comédien Paul Guers. Une phrase la frappe : «Paul Guers et son épouse écrivaine ont été retrouvés morts lundi à leur domicile ».L’épouse écrivaine n’a d’abord ni prénom, ni nom, puis finalement, on apprend que c’est Marie Josèphe. Natacha Appanah part à sa recherche sur internet. « Et là, dit elle, mon cœur s’est brisé un peu. Marie Josèphe Guers a publié 7 romans, chez Actes sud, Jean Claude Lattès, Albin Michel, 4 ouvrages jeunesse, une biographie de Paul Claudel et un livre d’art incroyable « l’univers farfelu d’André Malraux ». Dans les nécros rédigées sur Paul guers, un petit paragraphe sec parfois, sur sa femme, mais rien sur ses livres, son univers, son style, sa prose. Le vide, L’oubli. C’est comme si Marie Josèphe n’était que la femme de. « C’est encore une fois écrit natacha Appanah, la pauvre litanie de notre monde kleenex qui donne plus de poids, même dans la mort à un comédien qu’à un écrivain, plus d’espace à un artiste qu’à une artiste, plus de crédibilité à la force des images qu’à la valeur des mots ». La femme oubliée, c’est Marie Josèphe Guers sous la plume de Natacha Appanah, qui essaie de conjurer le destin des femmes écrivaines à être oubliées après leur mort, et parfois même, de leur vivant.

Après la femme oubliée Hélène l’homme disparu…

Son nom, Steele, Christopher Steele. Quelques heures après sa disparition, il parait qu’il craint désormais pour sa vie et a confié ses 3 chats à son voisin avant de partir, le nom de ce père de 4 enfants est révélé par le Wall Street Journal et fait la Une des medias du monde entier. Steele serait l’auteur du rapport explosif de 35 pages révélant les liens entre Donald Trump et le régime russe de Vladimir Poutine. Rapport mis en ligne par Buzzfeed, et qualifié de « bidon » par le président élu. Le Monde part sur les traces de celui que la presse anglaise présente comme un ancien espion des services secrets extérieurs britanniques, qui aurait commencé une seconde carrière dans des officines d’espionnage. C’est grâce à ses informations apprend t on sous la plume de Philippe Bernard, que la CIA et le FBI ont avancé sur le dossier de la corruption à la tête de la FIFA, lui qui est à l’origine de la mise en cause des dirigeants de la Fédération internationale de football et de la démission de son président Sep Blatter. Fort de ce succès, il est recruté par une officine de Washington, dirigée par un ancien journaliste du Wall Street journal avec pour mission d’enquêter sur les liens entre Trump et Poutine. La BBC affirme que c’est d’abord Jeb Bush, concurrent républicain de Trump qui saisit ladite officine, puis elle financée par un proche de la campagne d’Hillary Clinton. Le Guardian affirme que c’est Mc Cain, sénateur républicain également opposé à Trump qui va juger que son rapport est digne de foi et le transmettre, confidentiellement pour enquête au FBI. Sa publication controversée par Buzzfeed va finalement le précipiter dans le domaine public. Parcours tortueux donc de ce rapport et de son auteur, rapporté ce matin dans le Monde. « En attendant, l’ex espion britannique aux 3 chats est désormais introuvable »

Chez nous hier soir, Hélène, premier débat des 7 candidats de la primaire de la gauche. Verdict de la presse ce matin ?

« Un débat sans idée neuve pour un parti à bout de souffle » manchette du Figaro bouclée…40 minutes après le début du débat, et donc près de 2 heures avant sa fin ! Une précipitation à trancher qui a agacé quelques socialistes hier, dont le premier d’entre eux Jean Christophe Cambadélis qui s’est fendu d’un tweet, « drôle » a-t-il écrit, en plein débat donc qu’il ne semblait pas regarder assidûment….Mais si le quotidien conservateur est peut-être allé un peu vite en besogne, il ne semble pas s’être beaucoup trompé. Ce matin, vos quotidiens abondent dans son sens. Pour les Echos, il s’agit d’un « premier débat sans relief », la Montagne parle « d’échanges sans passion », Aujourd’hui en France/le Parisien juge ce « premier tour de chauffe non décisif ». Dans sa notation, les 4 favoris, Hamon, Peillon, Valls, Montebourg se retrouvent dans un mouchoir de poche entre 6 et demie et 7. 2,5 sur 10 seulement pour Sylvia Pinel, jugée « la plus transparente », l’écolo François de Rugy ne passe pas la barre de la moyenne non plus, mais le journal estime qu’il a été le « meilleur des petits candidats, plutôt clair et éloquent ». Quant à jean Luc Benhamias, le Huffington Post nous raconte comment il a fait les délices des réseaux sociaux pendant la soirée. Le seul à se présenter sans cravate, il n’en porte jamais, le seul à avoir réussi à faire sourire Valls en faisant une allusion à l’amour de Ségolène Royal pour Castro, Fidel, le seul à découvrir aussi en direct, ses propres propositions inscrites noir sur blanc dans son programme.

« Où étaient le souffle, la vision, les projets ? » se demande Jean Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées, quand Yann Marec du Midi Libre attend déjà les prochaines confrontations pour trouver les lignes de fracture entre les uns et les autres, « Vivement dimanche » s’exclame t il par avance, comme si une fois réduit à un duel, l’exercice gagnait enfin en saveur. Il n’y a finalement que Ouest France pour ce matin, se féliciter « d’un débat digne, respectueux, éclairant »

Toujours chez nous, c’est l’épidémie de grippe qui continue d’inquiéter

Le Parisien parle d’ores et déjà « d’Hécatombe » à sa Une, pour autant, impossible convient le journal, de savoir si le bilan des 18300 morts supplémentaires enregistrés pendant l’épidémie de 2015 sera dépassé. Ce qui est avéré, c’est que les crématoriums sont déjà en surchauffe. Exemple, celui du père Lachaise à Paris. Un mois de janvier normal, c’est 288 crémations. Lors de la dernière épidémie : 313. Et pour cette année, le chiffre tombe : 354. Même suractivité au centre funéraire de Gap, dans les Hautes Alpes. Un peu partout en France parait il, les croque morts enchainent les heures supp.

L’Humanité raconte ce matin le quotidien d’un hôpital en état d’hypertension, le nouvel hôpital de Gonesse dans le Val d’oise. Témoignages de médecins, infirmières, aide- soignant du service des urgences en surchauffe ininterrompue. Parce qu’il y a la grippe oui, mais avant il y a eu les bronchiolites, les gastro-entérites…Alexandre Fache raconte les patients qui attendent parfois 27 heures avant de voir un médecin, ces médecins qui enchainent les gardes jusqu’à faire 82 heures dans la semaine. La grippe, responsable de cette mise sous tension comme l’a dit la ministre Marisol Touraine ? Pas seulement nous dit l’Humanité ce matin.

On termine par un conseil de lecture

Vous avez le temps, c’est presque le week-end, et il va neiger…Le très bel article de Judith Perrignon dans M, le magazine du Monde, qui a « fui le futur pour aller vers le passé » dit elle. Elle est partie à la rencontre des modèles d’une photo mythique du grand Irving Penn, qu’on retrouve à la Une du magazine, Alton kelley, sa compagne Gretchen Golden et leur bébé. San Francisco, année 1967, ils ont incarné tous les 3 la contre-culture hippie. Que sont-ils devenus ? Le temps des utopies n’était peut-être pas celui qu’on a cru. Le récit sans concession de la mère, Golden est poignant, celui de son fils 50 ans aujourd’hui qui vit dans l’illusion d’un idéal perdu tout autant. Et les photos de Dru Donovan qui les a réunis aussi belles que celles d’Irving Penn dans Look, il y a 50 ans.

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