Bonjour... Savez-vous ce que répond Nicolas Sarkozy à ceux qui l'accusent d'en faire trop ?... "Si vous saviez, à la fin de la journée, comme j'ai l'impression de ne pas en avoir fait assez !"... Phrase citée par L'Est Républicain... Seulement voilà, comme le relève Bernard Revel dans L'Indépendant, "les coups presque quotidiens d'un seul Sarkozy ne suffisaient pas... Voici à présent les coups doubles... Nicolas à Epinal, Cécilia à Tripoli... "Pendant que lui, il enfilait les habits du général de Gaulle, elle, sans crier gare, apparaissait aux côtés de Kadhafi pour plaider la cause des infirmières bulgares... Qu'est-ce qui est le plus important ?, s'interroge Bernard Revel : la première dame de France faisant sa révolution dans son coin, loin des pièces jaunes, ou son mari, qui veut changer la Vème République sans vouloir en faire une VIème ?... En tout cas, dit l'éditorialiste de L'Indépendant, si l'un des deux a surpris hier, c'est bien elle"... Alors "missi dominici" ou "missa dominici" ?, selon les journaux... Michel Richard, dans Le Midi Libre, y voit "une initiative humanitaro-diplomatique, qui tranche avec l'opération pièces jaunes de Bernadette Chirac... ou même avec les causes internationales défendues par Danièle Mitterrand, souvent en contradiction avec la politique de son mari"... Michel Richard se demande s'il s'agit de diplomatie conjugale ou de diplomatie parallèle... Dans Le Progrès, Francis Brochet la voit, pourquoi pas, demain en Colombie pour Ingrid Betancourt... ou au chevet des réfugiés du Darfour... "On devine, sans la connaître, dit-il, que Cécilia Ciganer-Albeniz (c'est son nom de jeune fille) ne fera rien comme les autres, qu'elle étonnera en s'inventant un rôle"... Le rôle difficile de première dame de France... Le Figaro Magazine, qui met Cécilia en couverture, y voit même "le sacerdoce de l'Elysée"... Vous verrez comment Cécilia refuse d'être une potiche... comment Bernadette Chirac a imposé son style... comment Danièle Mitterrand a souvent embarrassé le Quai d'Orsay... Anémone Giscard d'Estaing, elle, ne s'est jamais installée à l'Elysée... Pour Claude Pompidou, l'Elysée était "la maison du malheur"... Quant à Yvonne de Gaulle, elle disait du palais présidentiel : "Tout le monde y est chez soi, sauf nous"... "A-t-on assez dit, reprend Michel Richard, que Nicolas Sarkozy monopolisait le devant de la scène ?... Voilà que Cécilia lui dispute un peu de sa place... une Présidence qui, décidément, déménage", conclut-il dans Le Midi Libre... Alors que Bernard Revel, lui, soupire... "Vivement la trève estivale !... Mais peut-il y en avoir avec les Sarkozy ?"... Et il imagine... "Les paparazzi qui ont traqué Ségolène sont déjà à l'affût... Ils ne voudront pas rater Cécilia et Nicolas à la plage... Ca fera encore les gros titres"... Tiens, au fait... "Que fait Ségolène ?", s'interroge Thierry de Cabarrus dans L'Union... "On ne l'entend plus, depuis que l'ouverture de Nicolas Sarkozy déchire le Parti Socialiste... On la voit bien aux Francofolies de La Rochelle... On l'entend proposer une vice-présidence de région au représenant du MoDem... Mais le coeur y est-il encore ?... Fatiguée par une campagne dure, blessée par ses ennuis familiaux, écrit Thierry de Cabarrus, elle abandonne ses oripeaux de candidate battue pour redevenir une femme ordinaire... Ordinaire ?... Pas tant que ça"... Et l'éditorialiste de L'Union estime que "Ségolène ressemble à Lady Di, jusque dans sa façon d'utiliser les médias pour exprimer tristesses et colères"... Thierry de Cabarrus fait le parallèle entre l'interview de l'autre soir sur TF1 et Diana qui réglait ses comptes avec le prince Charles à la BBC... "L'oeil brillant, dit-il, Ségolène Royal s'est adressée aux Françaises pour leur parler de la trahison de François... Comme Lady Di, elle a officiellement tiré les conséquences de cette situation, affirmant qu'elle avait repris en main son destin... un destin personnel et politique, bien sûr... Car, dit Thierry de Cabarrus, elle n'a pas jeté l'éponge... Elle doit apprécier, en connaisseuse, le travail de sape de Nicolas Sarkozy... A ce train, le champ sera bientôt libre pour une éventuelle candidature à la Présidentielle en 2012... Ce sera alors, dit le journaliste, la revanche de Lady Ségolène"... Retour à Sarko... et au 14 Juillet qui se prépare... "Un 14 Juillet qui fait sa révolution", nous disent La Croix, qui voit un "changement de style à l'Elysée"... et Le Figaro, où Bruno Jeudy est carrément soufflé... "Se taire pour mieux faire parler de soi !... Décidément, dit-il, Nicolas Sarkozy ne veut rien faire comme ses prédécesseurs... Lui, le roi de la communication, a renoncé à la prise de parole obligée de la traditionnelle interview télévisée, inaugurée par François Mitterrand et poursuivie par Jacques Chirac... Pour le nouveau Président de la République, la fête nationale est sacrée... tellement qu'il a décidé d'en faire un jour de silence médiatique... Qu'on se rassure, poursuit Bruno Jeudy : il lui reste 364 jours pour communiquer... A défaut du son, poursuit le journaliste du Figaro, on ne sera pas privé de l'image du chef de l'Etat... Il s'est concocté un programme qui va lui permettre de passer à la télévision toute la journée... En matinée, les téléspectateurs pourront le voir passer en revue les troupes à bord de son command-car... On le verra aussi installé sur la tribune de la Place de la Concorde, au milieu des principaux dirigeants européens... A la mi-journée, les télévisions devraient faire une place de choix aux invités de la garden-party... Enfin, en soirée, les chaînes retransmettront le Concert de la Fraternité, organisé au Champ de Mars... Nicolas Sarkozy et sa famille ont prévu d'assister à cette fête populaire... Coût de l'opération : 3 millions d'euros", conclut Bruno Jeudy... C'est vrai, dit François Ernenwein dans La Croix, "pour ce 14 Juillet, le Président de la République a devant lui une avenue dégagée"... L'éditorialiste veut parler de l'effacement de l'opposition, minée par ses querelles internes... "Mais attention, prévient-il : les Présidents de la République ont toujours innové... Ils ont porté ensuite la nostalgie du 14 Juillet An I de leur accession à l'Elysée... Il est vrai que c'est ensuite que tout s'est compliqué"... Eh oui... L'Humanité dénonce déjà "la tentation du césarisme", après le discours du Président à Epinal... "Nicolas Sarkozy, dit le quotidien communiste, veut renforcer une hyper-Présidence à peine tempérée d'un soupçon de proportionnelle... Le pouvoir personnel plutôt que le renouvellement de la démocratie"... Et Jean-Paul Piérot enfonce le clou dans son éditorial... "La rupture que préconise Nicolas Sarkozy, c'est la Vème République en pire, un pouvoir personnel à l'américaine"... l'éditorialiste de L'Huma qui fustige au passage "l'immodestie du nouvel hôte de l'Elysée, qui veut se glisser dans l'uniforme, bien trop grand pour lui, du général de Gaulle"... Ce n'est pas l'avis des autres éditorialistes... "Ni Robespierre, ni Bonaparte, dit Pascal Barrand dans Le Journal de la Haute-Marne, mais seulement le dirigeant responsable d'une République irréprochable et d'une démocratie apaisée"... Patrick Fluckiger, dans L'Alsace, estime que "Nicolas Sarkozy s'est placé dans la perspective d'un renforcement des institutions, et non de leur bouleversement... Pour lui, comme pour le général de Gaulle, c'est le Président qui doit être la clé de voûte du pouvoir"... Patrick Fluckiger parle de "sargaullisme"... Effectivement, reprend Marc Chevanche dans Nice Matin, "s'il y a un mot qui ne s'applique pas aux intentions de réformes institutionnelles, c'est bien celui de 'rupture'... C'était le grand absent du discours d'Epinal"... Marc Chevanche voit plutôt "un toilettage de la Vème", mais il craint au bout du compte que la montagne n'accouche que d'une souris... Et justement, dans La Montagne, Daniel Ruiz se souvient de ce que l'on disait des Vosges... Il dit "qu'à Epinal, Nicolas Sarkozy a tracé la ligne bleue de la réforme des institutions"... Pierre Taribo est sceptique dans L'Est Républicain... "Vraies réformes ou échaffaudage de propositions à usage de la galerie ?... Trop tôt pour le dire"... La réponse vient peut-être de Jean-Yves Boulic, dans Ouest-France... "Les institutions valent ce que valent les hommes et les femmes qui les font vivre"... Bizarrement, c'est Libération qui fait dans le fait-divers... Fait-divers politico-médiatique avec l'affaire Clearstream... Libé publie "les notes que Villepin voulait détruire"... les documents que l'ancien Premier ministre avait demandé au général Rondot d'effacer de son ordinateur... Mais les juges ont exhumé le disque dur... "A chaque nouvel épisode, remarque Fabrice Rousselot, on s'enfonce encore un peu plus dans le mauvais polar... On peut parier que l'intrigue un peu poussive va continuer à se dévoiler par bribes, et que c'est seulement tout à la fin, peut-être, que seront révélés les noms des coupables"... Franchement, le supplément de Libé est plus intéressant... "20 ans de faits-divers", à travers les meilleurs articles du quotidien... et aussi les nouvelles envoyées par les lecteurs... "Le Muguet noir"... "Apocalypse pour Ginette"... "La Vendetta des Cafards"... La réalité et le roman ne sont jamais loin... Après le sang, et avant le soleil, pourquoi pas un peu de sexe ?... Alors là, les magazines féminins s'en donnent à coeur joie... Cosmopolitan publie un supplément "spécial sexe", avec un cri : "Vive le plaisir !"... Esprit Femme vous explique "comment mieux faire l'amour"... Et Jasmin, pour les plus jeunes, vous révèle "30 trucs pour le rendre fou... et nous aussi"... Mais ça, ça sera après les bals du 14 Juillet... les 10.000 bals prévus ce soir et demain dans toute la France...

Denis ASTAGNEAU

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