Qu'il soit devant un miroir ou qu'il se mette en scène, quand un photographe réalise un autoportrait, c'est toujours un exercice de style... "Comme un devant-derrière", explique le magazine De l'Air. L'autoportrait est vieux comme la peinture, et jeune comme la photo... Il ne répond à aucune règle, sinon celle de la sincérité. Ces autoportraits s'étalent ainsi au fil des pages... Certains sont connus, comme ceux de Willy Ronis, pour qui chaque autoportrait représente une étape de la vie... On le voit adolescent... dans son appartement parisien à l'âge de 41 ans... ou sauter en parachute à l'âge de 85. Une couronne sur la tête et un maquillage exubérant... Julianne Rose y voit un aspect très exhibitionniste, mais qui exprime aussi l'humilité de ne rien cacher, de tout dire et d'accepter jugements, critiques ou encouragements d'un public pas forcément intime. Depuis quelques jours, les salariés de Fabris à Châtellerault ont eux aussi décidé de se mettre à nu... montrer qui ils sont. Pas "d'auto"... juste des portraits de "salariés devenus réalistes", écrit Chantal Didier dans L'Est Républicain. Ils menacent de faire sauter leur usine s'ils n'obtiennent pas une prime de 30.000 € pour tous les futurs licenciés. Comme leur direction n'a pas les moyens de payer, c'est à leurs clients qu'ils s'adressent maintenant. "Cela s'appelle 'négocier', poursuit l'éditorialiste. Et cela témoigne d'une financiarisation des relations sociales. Ce qui pourrait se résumer par 'prenons l'argent et tirons-nous'. Et l'exemple vient d'en haut. A force de voir des patrons partir avec des golden parachutes, ceux d'en bas se disent 'pourquoi pas nous ?'... même si les licenciements en or restent modestes au regard des sommes versées aux dirigeants... une ambition modeste dans un monde incertain". "Bienvenue en terre brûlée", conclut L'Huma, page 8. Autoportrait d'un monde en crise, qui, à la veille du 14 Juillet, souffre d'un manque d'égalité. Pourtant, "l'aspiration à l'équité revient en force", poursuit L'Huma. "La crise a donné un nouvel élan aux valeurs de justice sociale. 220 ans après la prise la Bastille, les nouvelles Bastille sont un défi à la raison : la faim dans le monde, l'accès à l'eau, aux soins, à l'éducation, etc. Mais l'égalité n'est pas l'uniformité, nuance Maurice Ulrich... C'est au contraire la possibilité pour chacun d'être lui-même". Et c'est ce que Barack Obama est venu dire ce week-end aux Africains. "Lui, l'Africain au sang mêlé, a été reçu comme un véritable messie", écrit Dominique Garraud dans La Charente Libre. "Il incarne l'espoir d'une Afrique qui pourrait un jour sortir de l'ornière des potentats, de la corruption et de la misère". "L'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'économie zimbabwéenne, ni des guerres, ni des enfants-soldats". "Imagine-t-on un chef d'Etat européen tenir de tels propos à la tribune d'un Parlement africain ? Non", répond Guillaume Goubert dans La Croix... "Ce sont bien sûr ses origines africaines qui ont permis à Obama de tenir ce discours sans complaisance". "Jamais la France ne pourra adopter sa franchise, ajoute Mathieu Verrier dans La Voix du Nord, sans être suspectée de vouloir échapper à ses responsabilités". "Mais il ne faut pas s'y fier", reprend Dominique Garraud, de La Charente Libre. "Obama est un grand pragmatique. L'Afrique est richissime en ressources pétrolières et minières. Et face à un activisme chinois de tous les instants, les Etats-Unis se devaient de frapper fort". Dans la presse ce matin : les étranges Pyrénées du Tour de France... On parlait à l'instant des Etats-Unis qui devaient frapper fort en Afrique... On imaginait aussi que, dans le Tour de France, l'Américain Armstrong frapperait fort pour les premières étapes de montagne... Eh bien non... "C'est un Français qui a donné du relief aux Pyrénées", titre L'Indépendant à sa Une. "Cocorico !", écrit Bruno Théveny dans Le Journal de la Haute-Marne. "A défaut d'être passionné par le déroulement de la course, on se contentera de ces brillants faits d'arme". "Il faut être honnête, explique Le Parisien-Aujourd'hui en France dans ses pages Sports : les Pyrénées n'ont pas été le théâtre de la moindre bagarre entre favoris". "Vu de France, la montagne a accouché d'un sourire", s'amuse L'Equipe. "Avec un final, hier, tout droit sorti des hautes plaines. On a même failli finir au sprint. Il fallait l'inventer". "Non, décidément, écrit Jean-Louis Le Touzet dans Libération, pas une ligne ne sera inscrite sur le testament des Pyrénées cette année. Et d'ailleurs, le classement général pourrait bien être gravé au burin jusqu'à la fin de la semaine, jusqu'au début des Alpes. Tout est étrange dans ce Tour de France. Même Armstrong, qui est devenu un moulin à paroles. Il virevolte dans le peloton, tapote dans le dos ses anciens ennemis... Le manège dure depuis huit jours. Armstrong est en train d'acheter sa part de paradis. Au fond, Astana ressemble à un dogue à l'oeil sanglant. Deux os dans la gueule : Contador et Armstrong. Et que trouve-t-on sous la patte puissante du gros chien ? Nocentini, l'Italien maillot jaune, humide de bave, qui remercie les Astana de lui avoir offert la grâce d'un jour supplémentaire en jaune. En s'envolant vers Limoges hier soir, Armstrong a dit qu'il ne s'interdisait pas de revenir l'an prochain. A ces mots, le suiveur a hurlé à la lune comme un chien fou". Ils ont longtemps été des chiens fous. Mais ils avouent que les temps ont changé... Triste sort, décrit dans Marianne? que celui de ces paparazzi happés par la crise en même temps que la presse people. "Il fut un temps, raconte l'un d'entre eux, où le cliché pouvait se vendre jusqu'à 700.000 francs. Aujourd'hui, les planques s'écoulent à 15.000 € maxi". "La faute à l'érosion des ventes dans la presse people, écrit Gaël Le Bellego. Mais aussi, paraît-il, aux people, qui ne sont plus de vrais people, et aux agences, qui bradent leurs prix sur Internet". Ils ont le blues, les paparazzi du journaliste de Marianne. Ils regrettent le temps d'avant, où le mot "déontologie" régnait. "Romy Schneider buvait pas mal à la fin de sa vie. Mais quand elle nous faisait comprendre qu'il fallait la laisser tranquille, on respectait. Aujourd'hui, les paparazzi sont sans morale. Ils se vautrent dans le sensationnel glauque et le constat d'adultère". Tout change, ma bonne dame... Autoportrait d'une société qui évolue... Illustration page 9 du Figaro... Avant, quand on fêtait son Bac, on passait un coup de fil aux copains. Maintenant, on lance un appel sur Facebook. Le problème, c'est que les jeunes qui utilisent les réseaux sociaux sont parfois confrontés à des casseurs. Cela s'appelle "l'opération Pélican", explique Cécilia Gabizon. "Le soir venu, les faux amis de Facebook débarquent, et n'hésitent pas à saccager votre maison. Avec, pour certains, des rôles bien étudiés : l'un s'attaque au parquet, l'autre aux lustres ou encore aux vitres". Louis-Marie raconte son réveillon, avec ses 20 invités qui deviennent 50. Les voisins qui portent plainte pour tapage, l'argent qui disparaît, les chaises cassées, les murs et les sols qui collent, et les cendres sur le parquet. "Je ne contrôlais plus rien, dit-il". On imagine... Et il faut savoir que, bien souvent, ces "opérations Pélican" se retrouvent ensuite sur Internet. Car ce qui compte, c'est le trafic que génère une vidéo. Internet a de beaux jours devant lui. Même si, d'après La Tribune ce matin, les sites enregistrent une baisse de leur activité publicitaire pour la première fois depuis 2001. Et que, pour palier à cela, certains envisagent par exemple de faire payer un abonnement à YouTube. Autoportrait d'une société qui se cherche... Et on pourrait reprendre la réflexion de la photographe Julianne Rose dans le magazine De l'Air : "Un autoportrait est très exhibitionniste. Il exprime aussi l'humilité de ne rien cacher, d'accepter les critiques ou les encouragements d'un public pas forcément intime". A méditer... Bonne journée...

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