ITV de Lula à Libération pour continuer à défendre les travailleurs. Et Macron quoi de neuf? bof...et au fait, à quoi servent les vacances?

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On comme par un homme à la Une ce matin, un homme dont on ne se demande pas s’il est de droite ou de gauche !

Lula Inacio Ferreira da Silva, dit Lula ou encore le Calamar…L’ex président du Brésil accorde à Libération un entretien exclusif ce matin. « celui qui fit sortir 35 millions de brésiliens de la misère apporte un peu d’air frais dans la mondialisation » s’exclame Laurent JOffrin. On y découvre que l’ex syndicaliste métallo, devenu le premier président brésilien à n’être issu d’aucune élite n’a rien perdu de sa pugnacité, ni de ses convictions. Pugnacité pour dénoncer le « Golpe », le putsch, l’arnaque en brésilien dont est victime selon lui Dilma Roussef, poussée à la destitution. Lula reconnait que sa protégée a fait des erreurs, sur le plan économique notamment, mais il veut croire à son retour. « Pour que le Brésil retrouve sa crédibilité dans le monde, il faut rétablir le mandat de celle qui a été élue démocratiquement ». Mais c’est quand il défend sa propre politique, qu’il fait montre de tout son charisme. « Le Brésil doit comprendre explique t il, que les pauvres sont la solution à nos problèmes économiques. Si vous donnez 100 dollars à un pauvre, il ne va pas investir dans des bons du Trésor, mais courir au supermarché pour acheter de quoi manger. Un peu d’argent dans les mains du plus grand nombre relance le commerce, qui relance l’industrie, qui relance le développement. Pas besoin d’être économiste pour savoir ces choses là, d’ailleurs c’est ce que les économistes savent le moins tâcle t il. Lula, qui n’exclut pas de se représenter en 2018 s’il y avait un risque de remise en cause de ces politiques sociales prévient il. Lula infatigable défenseur des travailleurs…et qui s’amuse encore de la façon dont il a été reçu par les Grands de ce monde. Seul ouvrier arrivé à la tête d’un grand pays, il est aussi le seul à ne pas se lever quand Georges Bush entre dans la salle du G8 à evian en 2003 se souvient il. Ils ne se sont pas levés pour moi explique t il. il viendra bien me saluer. Ce que Bush ne manqua pas de faire.

Chez nous, Emmanuel Macron, dont on se demande un petit peu plus s’il est de droite ou de gauche il faut bien l’avouer, fait encore ce matin les délices des éditorialistes. On va passer vite, car en réalité on a assez peu avancé au meeting de la Mutualité. Feu d’artifice ou feu follet se demandait hier Bruno Dive dans Sud Ouest. Les deux mon capitaine ! quand le Figaro insiste sur le « bravade de Macron », les Echos soulignent l’agacement persistant voire croissant de Valls à l’égard de son ministre mais aussi l’effacement de françois Hollande, et l’Humanité dénonce un « médiocre spectacle de tout ce que la communication politique peut faire de pire, summum de novlangue libérale. Emmanuel Macron, c'est un peu Bernard Tapie, en moins vulgaire. Quoique » dit Maud Vergnol. Fermez le ban..

Hommes et femmes également à la Une de la presse ce matin, un coiffeur, un animateur et des femmes en lutte…

C’est le Canard enchainé qui vend la mèche : en arrivant à l’Elysée, François Hollande s’est adjoint les services d’un coiffeur attitré. Un coiffeur-coloriste qui a signé un CDD de 5 ans, pour un très confortable salaire mensuel de 9895 euros. Mais pour ce prix là, il lui est demandé une disponibilité totale, il accompagne le chef de l’Etat dans tous ses déplacements dès qu’il passe au moins une nuit à l’extérieur. « Mon client a dû brader son salon se désole son avocate, « il a raté la naissance de ses enfants, leurs bras cassés et leurs opérations » « veiller sur la chevelure présidentielle, ce rare trésor conclut le Canard, n’est pas une sinécure »

C’est un magnifique portrait de Rihanna, pop star ultime qui s’affiche en couverture des Inrokkuptibles..mais on retiendra surtout les révélations exclusives du magazine sur les pratiques de travail de Jean-Marc Morandini, animateur et producteur de radio et de télé. L’hebdo a recueilli les témoignages d’aspirants comédiens, contactés par la boite de production de Morandini en vue d’une web série. De jeunes hommes qui racontent des castings où on leur demande des scènes de nus, de masturbation, voire une demande plus explicitement sexuelle encore de la part du producteur. Sans compter, des cachets promis et non touchés. Tout cela est assez crapoteux, il faut bien l’avouer. Jean Marc Morandini a refusé de répondre aux Inrrock. Il a fait savoir qu’il comptait déposer une plainte en diffamation

Et puis enfin, la riposte..Aujourd’hui en France/le Parisien consacre son dossier à ces quartiers où les femmes n’osent plus entrer dans un café ou s’habiller librement par peur des remarques désobligeantes. Une habitante de Pantin témoigne, « j’adore les jolis vêtements mais je me suis calmée sur mon look, jean-tee-shirt de rigueur, sinon raconte t elle, on me regarde comme un steak vivant ». Le Parisien raconte des initiatives prises par des femmes pour reconquérir l’espace, leur territoire devenu mâle. 12 femmes par exemple qui à Villiers le Bel dans le Val d’oise ont décidé de s’inviter dans un café. Incroyable interdit bravé que d’aller demander une menthe à l’eau et s’asseoir à côté des hommes.Et bon accueil finalement de ceux ci. Ylmaz un client reconnait qu’il y a un problème, on n’a pas évolué souffle t il. Quand Mohammed 50 ans les encourage à recommencer « c’est dans leur tête dit il tout ça, je suis musulman, ce phénomène est traditionnel, pas religieux ». A Pantin, un responsable d’association musulmane se dit lui-même débordé, cette confiscation de fait du territoire aux femmes n’a rien à voir avec une islamisation du quartier, défend il…mais il met cela sur le compte des nouveaux arrivants, ceux qui ne s’intègrent pas dit il…et qui venus de leur petits villages vivent un choc de civilisation quand ils arrivent ici ».Dossier sur ces « murs invisibles » donc érigés à l’intérieur même de nos villes, comme l’explique Stéphane Albouy, à lire dans Le parisien

On finit par les vacances Hélène ?

Oui ! parce que j’aurais pu aussi vous parler des « enfants dépakine, ces enfants dont les mamans ont pris un traitement contre l’épilepsie pendant leurs grossesses et qui en subissent aujourd’hui les terribles effets secondaires, beau reportage dans Libération sur le combat de ces parents pour faire reconnaitre ce scandale sanitaire, j’aurais pu vous parler de l’édito d’Eric Dussart dans la Voix du nord qui s’émeut du petit moment de honte à la cour européenne, quand la France hier y est condamnée 4 fois pour avoir enfermé des mineurs en centre de rétention, sans que personne, les autorités je veux dire, ne fasse de commentaire, j’aurais pu me lâcher enfin et vous régaler du numéro de Charlie Hebdo, très anti foot cette semaine, et très drôle

Mais c’est vrai que j’avais surtout envie de vous signaler le hors-série du magazine le Un, « A quoi servent les vacances » ? Une, magnifique, avec la reproduction d’un tableau de Dali intitulé le Calme blanc et datant de 1936…et entretien passionnant du sociologue Jean Viard, qui nous raconte ce qui s’est joué en 36 justement avec les congés payés. Ce moment où l’art de vivre de l’aristocratie, passé à la classe rentière au 19ème siècle, se diffuse dans le peuple au XXème. Il faut concevoir Versailles comme le premier club Med s’amuse Viard! Se développe donc à partir de 36, un imaginaire où les vacances sont le lieu de la liberté, de l’amour, du corps heureux, de la nature. Mais même pour nos vacances, nous restons tous prisonniers explique t il de notre héritage familial et social. Avec des spécificités géographiques étonnantes. les hommes politiques de droite vont sur le bassin d’Arcachon et la Côte d’azur, parce qu’ils ont souvent grandi dans des familles qui partaient en vacances avant 36, quand les hommes politiques de gauche se retrouvent plutôt à l’ile de Ré et dans le Lubéron, ils sont souvent issus d’une élite scolaire post 45 dit le sociologue. Bon, ce serait facile d’ironiser sur « dis moi où Emmanuel Macron part en vacances, je te dirai enfin s’il est de droite ou de gauche…. », Mais ce serait occulter peut être l’esssentiel de ce que dit Viard. En 2016 il reste 30 à 40% de gens exclus des vacances, ce sont souvent ceux qui sont exclus du travail bien sûr, mais aussi des liens affectifs ou sexuels. Il faut faire de la généralisation du départ en vacances une grande cause nationale s’exclame le sociologue qui regrette qu’un gouvernement de gauche fasse si peu en la matière…

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