Nice, Macron, Trump

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Nice, bien sûr, où nous sommes donc ce matin, Nice qui fait la Une de la presse

« Nice, la douleur et la vie », titre la Croix, qui donne la parole à des niçois qui ont vécu l’attentat du 14 juillet dernier, dans leur chair ou dans leur âme. Paroles mêlées de souffrance toujours aussi à vif, « comme tout niçois, je ne peux plus passer sur la promenade sans y penser, ad vitam » dit l’un d’eux, « même si à l’extérieur, je suis le même bonhomme, raconte un autre, quelque chose me ronge à l’intérieur » . Alors, Vivre ensemble, oui bien sûr, Nice réapprend à vivre malgré tout et vous en parlez Marc avec vos invités, mais d’autres paroles n’occultent pas la difficulté de « ce vivre ensemble » : un chanoine raconte avoir été marqué aussi bien « par la solidarité qui s’est exprimée » ce soir-là et les jours qui ont suivi, que par « la libération de la parole xénophobe » à laquelle il a assisté. Des musulmans disent comprendre la colère qui s’est exprimée, « ils la partagent », mais certains disent aussi combien ils ont été stigmatisés, culpabilisés, « alors que le camion ne nous a pas épargnés plus que les autres » dit un imam. Depuis l’attentat, nous nous sentons privés de notre droit de souffrance »

« Nice panse toujours ses plaies » raconte le Figaro, « Nice veut enterrer ses démons » dit aussi Sud-ouest…Mais un an après, toutes les blessures et toutes les polémiques sont, on l’a vu, loin d’être refermées. Libération s’insurge ce matin contre le « Mépris d’état, infligé aux victimes », notamment à cause de la disparition du secrétariat d’état aux victimes du gouvernement Macron…Pour Françoise Rudestski, présidente historique de SOS attentat, « c’est le combat de sa vie, qui en un instant a été rayé d’un trait de plume » raconte Libération, quand elle a appris que le secrétariat général de l’aide aux victimes créé par françois hollande en février dernier, ne serait pas pérennisé par edouard Philippe. Il était directement rattaché à Matignon, guichet unique pour les associations qui savaient à qui s’adresser, il avait fait la preuve de son efficacité. Mépris d’état en cette veille de jour anniversaire…

Quand d’autres offenses sont faites. Parmi elles sans doute vous en avez parlé, ces photos publiées par Paris Match sous le titre « soudain, le camion kamikaze », avec minute par minute, les clichés insupportables de la terrible course, des badauds écrasés, du terroriste enfin, abattu dans son camion. L’hebdo parle de photos issues des caméras de video surveillance de la ville. Des photos normalement sous scellées, qui apparaissent certainement au pire moment pour ceux qui essaient de se reconstruire. Les associations de victimes appellent au boycott de Paris Match raconte Nice-Matin, l’une d’elles a demandé au parquet de Paris "de faire cesser ce trouble manifestement illicite » en demandant la saisie des exemplaires. Ce matin, Paris match est dans les kiosques à Nice, comme ailleurs.

Pas d’interview du 14 juillet pour Emmanuel Macron, mais aujourd’hui 13 juillet, le président s’exprime

« Macron et les media, je t’aime moi non » titre L’opinion, et bien ce matin, c’est plutôt « je t’aime ». Entretien exclusif accordé à Ouest France et à des journaux allemands à l’occasion du 19ème conseil des ministres franco allemand, « MAcron fixe le cap » titre Ouest France

Interview tous azimuts, sans annonce particulière mais dans laquelle le président explique que « l’Allemagne doit bouger pour corriger les dysfocntionnements de la zone euro, Berlin doit accompagner dit il, une relance de l’investissement public et privé en Europe ». Question sur les migrants, le président comme son premier ministre hier fait la distinction entre les réfugiés, envers qui la « France doit être à la hauteur » dit il et les migrants économiques. « il y a aujourd’hui sur les rives de la méditerranée un état failli, la libye. Nous allons prendre dans quelques semaines une série d’initiatives diplomatiques concrètes pour essayer de reconstruire la stabilité libyenne » promet-il. Enfin, le président corrobore toutes les récentes annonces de son premier ministre, c’est heureux, sur les allègements fiscaux de l’année à venir, mais rien de particulier sur la bronca soulevée par les économies réclamées à la Défense, il promet juste de vouloir « maintenir un budget ambitieux » poru la défense, promet aussi des annonces imminentes en matière d’économies budgétaires pour baisser la dépense publique de plus de 3 points de Pib durant le quinquennat dit il. Et puis explication de texte sur la Taxe sur les transactions financières, votée par l’ancienne majorité au parlement et immédiatement retoquée par la nouvelle : « la taxe française avait été votée de façon démagogique dit ce matin Emmanuel Macron, en sachant que c’était infaisable, si vous le faites seul, il n’y a plus une transaction chez nous, mais au niveau européen, j’irai jusqu’au bout » s’engage t il.

On termine en bref Hélène

Avec d’abord une histoire de homard versus burger. Donald Trump arrive à paris ce soir vous le savez, invité par Emmanuel Macron, l’Humanité dénonce « les mauvaises fréquentations » du président français qui banalise ainsi la « délinquance climatique » dont Trump s’est rendu coupable en rejetant l’accord de Paris, quand libération s’amuse de voir la presse américaine se gausser surtout du diner de ce soir entre les couples présidentiels au restaurant jules Vernes de la tour eiffel : Il se trouve que le locataire de la maison blanche ne goûte guère le homard cru. « mais comme il n’avait pas voulu se soumettre au serrage de main de trump, le président français ne cèdera pas au régime de steak et de fast food de Trump » relève un journaliste américain. A quoi tiennent les bras de fer diplomatiques, je vous le demande…

« Le sénat se rebiffe » : le Figaro raconte en détail la soirée baroque vécue dans la nuit de mardi à mercredi par les sénateurs qui ont rejeté en bloc l’interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires dans le cadre de la moralisation de la vie publique. Grand désordre parlementaire et manque de cohérence intellectuelle relève Paule Gonzalès dans son article. Les sénateurs ont voté « pour eux-mêmes, en leur nom propre » comme ils disent, sans suivre les consignes de leur groupe, ps, radicaux, lr. Fiers de défendre la séparation des pouvoirs et les collectivités territoriales, loin de ces députés aimantés comme la limaille de fer autour de Macron à l’assemblée nationale disent ils ». Bon, depuis, le sénat est rentré dans le rang, nouveau vote la nuit dernière, et un niet acquis aux emplois familiaux. Le sénat se rebiffe mais…pas longtemps finalement

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