La Provence interpelle Marseille et dit Engin, victime innocente d'une fusillade. Au Panama, on tue des footballeurs, car ils viennent des quartiers oubliés et les gangs les rattrapent, dit So foot. Dunlop Amiens a survécu, dans le Courrier Picard. "La France était absente d'elle-même", écrit Sud-Ouest sur l'Aquarius.

Un deuil à la Une de la Provence

De deux sœurs, Oya et Demet, qui ont cette densité que l'on attribue aux femmes éplorées dans l'éternel méditerranéen, mais Oya et Demet sont notre temps et c'est sur l'écran de leur téléphone portable qu'elles montrent le visage d'un jeune homme qui était leur frère e avait 29 ans, il s'appelait Engin et il est mort le 25 mai, dans une fusillade qui ne le concernait pas dans les quartiers populaires de Marseille... Il s'appelait Engin Gunes mais sa famille le surnommait Uber, dit la Provence, parce qu'il trimballait les siens en voiture, il venait de trouver un emploi stable, il n'était pas flambeur, il s'habillait en H et M, pas en Dolce et Gabanna, il allait chercher son petit neveu quand il trainait dans la rue, parce qu'il savait, Engin, "que le danger peut surgir à tout moment" dans les quartiers Nord.

Il sortait peu mais il est sorti ce soir du 25 mai partager le repas du Ramadan avec ses amis, puis jouer aux cartes et boire du thé dans le bar de l'un d'eux à l'Estaque. Et quand un tueur est arrivé pour régler son compte à un trentenaire nerveux, Engin était dans la trajectoire et sa soeur a tellement hurlé ce soir-là qu'elle restée aphone deux jours...

"Les dealers ne se tuent pas qu'entre eux" titre la Provence qui insiste et interpelle sa ville, "les beaux quartiers, les citoyens honnêtes, qui se croient à l'abri", dit l'éditorialiste Romain Capdepon. son texte s'appelle "balles perdues" et commence ainsi: "Allez dites la vérité, combien de fois avez vous murmuré, et bien écoute, ça en fait un de moins, combien de fois un ami a lancé au milieu d'un dîner, ça va hein, ils se tuent entre eux"... et bien les balles perdues "emportent de bonnes âmes"... Il y aura une marche blanche dimanche en souvenir d'Engin...

Le football s'installe dans les journaux...

Et aussi à la Une de la Provence, puisque hier soir Zidane a marqué dans le match des vétérans... Chacun à sa place se prépare à la Coupe du monde, Télérama réfléchit au patriotisme et accompagne cette d'équipe belge qui se célèbre en français ou en flamant mais également en anglais, « Belgium Belgium »... Mondialisation. Mais le football nous ramène à Marseille, quand le Parisien aujourd'hui en France, fait l'autopsie  des mafias qui gangrenaient l'OM... 

Et le football nous ramène à la violence des quartiers populaires. 

Dans So foot, numéro foisonnant, ce reportage sur le Panama, qui va disputer le mondial, mais dont le football est entaché de sang, car on tue les footballeurs là-bas, cela étonne en Amérique latine où le joueur est un roi... Mais les footballeurs panaméens, viennent de quartiers oubliés de la belle Panama City, San Miguel, Urundu ou Tocumen, ils sont de ces quartiers et des gangs qui  les rattrapent... L'horreur frôle la drôlerie parfois, quand un joueur appelle son entraineur : "Je suis pris dans une embuscade mais ne vous inquiétez pas, c'est cool, je serai lundi à l'entrainement." C'est drôle parce que c'est si loin le Panama, aussi loin que l'Estaque à Marseille où est mort Engin Gunes.  

On parle d'une usine de pneus dans le Courrier picard...

L'usine Dunlop d'Amiens qui doit passer aux 5X8, un mode d'organisation qui permettra de faire tourner l'usine 365 jours par an pour produire 600000 pneus supplémentaires, et cette organisation, dit le Courrier Picard, permettra aux ouvriers de prendre 4 jours de repos d'affilée... Il est temps parce qu'ils ont souffert ces dernières années. Et il faut faire un effort de mémoire ou aller dans la mémoire des journaux pour comprendre, les liens sont en ligne ici ou .

Car Dunlop Amiens, c'était l'usine-soeur de Goodyear, fermée désormais...  Dunlop et Goodyear avaient vu leurs destin diverger en 2008, sur l'organisation du travail, quand les syndicats de Dunlop avaient accepté de passer aux 4X8, organisation épuisante, alors que ceux de Goodyear refusaient... Les rétifs de Goodyear ont disparu, ceux de Dunlop sont encore là et le Courrier picard nous dit qu'ils vont mieux... 

Cette histoire pourrait être une parabole sur les vertus de l'acceptation? 

Emmanuel Macron va prononcer son discours social ce matin devant le congrès de la Mutualité française. « Docteur Macron vient rassurer », titre Midi libre... Emmanuel Macron pour qui les aides sociales, c’est « beaucoup de pognon » qui ne fait pas reculer, il l'a dit devant ses collaborateurs à l'Elysée et sa responsable de communication  l'a twitté, il est plus d'un media et plus d'un discours. 

Le Canard enchainé justement réaffirme que le pouvoir veut couper 7 milliards dans les aides sociales... Et pour faire bon poids, le journal dénonce le cout de la nouvelle vaisselle de l'Elysée, de 500.000 euros estime le Canard.

Ce sont des piques parmi d'autres, dans une journée où le président se démultiplie qui après Montpellier sera en Vendée sur la tombe de Clemenceau qu'il admire et avec Philippe de Villiers qu'il estime, le Figaro nous le raconte bien... 

Mais l'estime et l'histoire ont du mal à dissiper le malaise, puisque  l'affaire de l'Aquarius mobilise la presse. Et ce navire de migrants refusé par l'Italie et que la France n'a pas accueilli est reproché au pouvoir. Libération parle de cynisme, et Sud-Ouest d'un « bateau de la honte », dans son éditorial signé Bruno Dive : « La France n’était plus là, comme absente d’elle-même. » 

A la une de l'Opinion, ce dessin: Macron devant les réfugiés de l'Aquarius en gilets de sauvetage, qui demande, "y en a-t-il parmi vous qui savent grimper un immeuble à main nues".  Et le rire s'empare du président. Est-ce simplement un moment? 

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