Un policier surendetté dans Libération, de braves pizzaïolos dans Zadig, de joyeuses investisseuses dans le Point, des hélicoptères pour JFK dans le Monde, le fils de Salinger dans le Figaro un marabout et une ourse qui abusent dans la Dépêche, la fiche wikipedia de Trump, Slate, le mental des footballeuses, l’Equipe.

A Otsuchi, au japon, une cabine téléphonqiue pour parler aux défunts
A Otsuchi, au japon, une cabine téléphonqiue pour parler aux défunts © Maxppp / Kyodo

Une cabine téléphonique au Japon...

Qu'on appelle là-bas le téléphone du vent et où l'on se rend pour parler à nos morts, elle est posée me dit l'Obs dans un jardin paisible où ondoient les branches des cerisiers, au bord de cette mer qui en 2011, lors du tsunami, a englouti 20 000 habitants de la région du Tohoku. 

La cabine téléphonique n'est reliée à rien sinon à la douleur, Itaru Sasaki l'avait installée dans son jardin après la mort d'un cousin qu'il aimait, il y est retourné après le tsunami penser à son meilleur ami. Et deux fois endeuillé, Sasaki a ouvert sa porte aux autres survivants...

Ils viennent donc, décrochent le combiné et parlent aux esprits, ou bien écrivent quelques mots dans un cahier, « Aujourd'hui, je t'appelle de la "cabine du vent". "Maman, est-ce que tu prends soin de toi ?". Chaque cahier rempli, Sasaki le remplace... Et un jour forcément un journaliste est venu et puis d'autres qui ont filmé et enregistré, « Papa nous allons bien, ne t’inquiètes pas pour nous. Pourquoi es-tu mort? »,  « Papa, je suis tellement désolée d'avoir dit que tu sentais mauvais, la dernière fois que nous sommes allées au bain public. Tu te rappelles, tu m'avais promis de m'acheter un violon »

Et une journaliste est venu aussi de France, qui s'appelle Doan Bui, grande reportrice de l'Obs qui est de culture asiatique et qui entremêle dans son texte les fantômes du Japon et son enfance parsemée d'offrandes aux morts, et forcément, elle est entrée à son tour dans la cabine téléphonique mais ne sachant quoi dire, elle s'est souvenu de ces mots de Patrick Modiano qu'elle a recopié, sur un cahier au Japon :

J'ai décroché le combiné. J'ai composé un numéro machinalement. Le vieux numéro de la maison, quand j'étais enfant, venu du plus loin de ma mémoire. J'ai fermé les yeux. Et je les ai entendus : mes absents.

Et ayant avec  l'Obs pensé aux absents, vous ne comprendrez pas pourquoi, chez nous, on profane les cimetières, l'épidémie est telle que Midi Libre supplie à sa une, "laissez nos morts en paix"...  La voix du Nord me dit qu'on vient d'enterrer plus d'un siècle après, des soldats britanniques et canadien de la Grande guerre identifiés par leur ADN. Vous lirez dans le Figaro un fils parlant de son père, Matt est l'enfant de Jerome David Salinger, auteur de l'attrape-coeur, Salinger mort en 2010 il avait publié sa dernière nouvelle en 1965 mais n'avait jamais cessé d'écrire et Matt promet bientôt des trésors, aux lecteurs que son père aimait dans leur liberté. "Il jamais accepté aucune adaptation de ses livres. Si un acteur joue un personnage, vous aurez pour toujours son image dans la tête. Vous ne serez plus jamais libre de l'imaginer."  

Lisant la voix du Nord, encore j'imagine un peu la vie d'un homme dont je vois le portrait, il s'appelait Salah, mort à 90 ans ce printemps, il tenait un café qu'il refusait de vendre et bloquait la rénovation d'un quartier ouvrier, son visage dessiné au pochoir bleu surveille la zone de l'union, entre Roubaix et Tourcoing, sur des murs de parpaing. 

On se dispute autour de Donald Trump...

Ce qui en soi n'est pas une nouveauté, mais le champ de bataille est curieux et logique, c'est autour de la fiche Wikipedia du président américain que l'on se déchire, me dit Slate, wikipedia est cette encyclopédie en ligne que les internautes eux-mêmes, construisent et amendent dans un consensus et des règles admises, que la fiche de Trump par ce qu'elle déclenche, 156 millions de vues, bouscule... En ferait-on autant pour notre Edouard Philippe, qui fait les unes, vous en avez parlé.

Et nous voilà donc dans nos jungles loin des nostalgies. A New York me dit le Monde, Uber va proposer, pour 200 dollars un service d'hélicoptères pour aller de Manhattan à l'aéroport JF Kennedy et le 11 septembre n'a pas mis fin à cette habitude de voler au dessus de New York... Dans le Point deux femmes exultent de petits millions, Anne-Sophie d’Andlau  et Catherine Berjal,sont propriétaires d'un fond activiste, traduction, elles rachètent des petits morceaux d'entreprises pour ensuite, en s'agitant, faire pression pour faire monter l' action. Elles ont ainsi mené la vie dure à un pape du capitalisme français, Denis Kessler, patron de Scor, entreprise qui assure les assureurs,  et qui auraient dû selon elle se faire racheter par un mutualiste... Elles ont l'air de bien s'amuser, nos deux héroïnes, qui versent quand même 10 % de leurs chiffre d'affaire aa des oeuvres de charité... 

Etrange monde quand où en même temps dans Libération, on me parle d'un brigadier de police qui supplie une juge de le laisser contracter un dernier micro-crédit pour faire réparer sa voiture, il habite à 25 kilomètres de son commissariat... C'est un reportage sur le surendettement qui n'est souvent que le fruit d'une malchance. Sur les routes de l'Oise, David et Patrizia s'inquiètent car il manque douze euros dans la caisse et aussi, ce soir, il n'ont vendu que neuf pizzas, ce sont les aventures de deux entrepreneurs qui ont investi dans un camion pizza et c'est des reportages en France de Zadig, ce trimestriel qui ne parle que de notre pays  où l'on rencontre un soir, dans un village un restaurateur de vitraux, un passionné qui disserte du verre du XVIe siècle en attendant sa tartiflette qui va refroidir...

Nous sommes un terre de poésie. Un homme, je le lis dans la Dépêche, s'étant fait larguer par sa dulcinée, est allé voir Monsieur Alex, dit Maitre Diakité, grand voyant médium qui lui a soutiré 96200 euros pour retrouver l'hymen, l'escroc est en fuite... J’apprends dans l'Est républlicain qu’une très sérieuse étude en généalogie a réclamé 145.000 euros à un sexagénaire pour l'assister dans une affaire d’héritage, la justice a revu à la baisse les prétentions de ces profiteurs, qui ne sont pas eux des marabouts

Et une frayeur pour finir...

Celle d'un randonneur chargé par une ourse dans les Pyrénées  me dit la Dépêche, il s'en est sorti en sprintant et en faisant du bruit et ces charges se répètent et la nature requinquée n'est pas le paradis des hommes... Elle nous émeut pourtant la nature d 'un miracle oublié. On a vu dans la charente me dit Sud Ouest deux saumons sauvages de l'Atlantique remonter le courant  au point de comptage  de la passe de Crouin, à Cognac.  Cela n'arrivait plus.

Les saumons remontent le courant, comme nos footballeuses match après match avancent vers cette coupe du monde qui nous visite ce matin; elles ont  vaincu la Norvège « au mental » dit l'Equipe, elles gagnent en souffrant, est-il plus beau destin. 

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