(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : la double peine

(Bruno Duvic) "On était en train de suivre les informations à la télé et sur Internet quand la porte a été défoncée. Trois individus armés de bâtons et de couteaux ont fait irruption dans notre appartement. Ils nous ont menacés, bousculés, avant de repartir avec deux ordinateurs portables, ma caméra et mon smartphone"

L'homme qui raconte cette agression s'appelle Mahmoud. Il est syrien. Il a fui Homs, où il militait contre le régime de Bachar el Assad et il s'est installé en Turquie avec trois copains.

Après avoir échappé aux foudres du dictateur syrien, le voilà donc victime du ressentiment des Turcs. "A Reyhnali, les gens maudissent les Syriens", c'est le titre de ce reportage d'Hala Kodmani dans Libération .

Reyhnali, c'est la ville entre Turquie et Syrie où deux attentats ont fait 40 morts samedi. Le régime de Bachar el Assad est soupçonné. Jusque là, la coexistence était bonne dans cette ville de 60.000 habitants où 25.000 réfugiés sont arrivés depuis un an. Depuis samedi, c'est l'horreur. Passages à tabac, courses poursuites en voitures.

Les nationalistes turcs attisent le feu. Ils redoutent que « la merde syrienne ne déborde chez eux ».

Dans le domaine de la santé, double peine pour les antibiotiques

Les bactéries sont de plus en plus résistantes, et il y a de moins en moins de nouveaux médicaments. Selon Les Echos , qui consacre une page au sujet ce matin, les scientifiques redoutent un retour à une époque qui ressemblerait à celle où les antibiotiques n'existaient pas.

Car les grands labos ne travaillent quasiment plus à la recherche de nouveaux produits. Ca coute cher, c'est compliqué et ça ne rapporte plus, trois fois moins que les anticancéreux, sept fois moins que les médicaments pour le système nerveux central.

Et pourtant, la molécule découverte par Sir Alexander Flemming en 1928 est toujours aussi indispensable. Les maladies infectieuses sont la deuxième cause de mortalité dans le monde. Et il n'y a pas de médecine moderne, pas de chimiothérapie, pas de traitement qui affaiblit le système immunitaire sans délivrance d'antibiotiques.

Double peine pour le français ?

Marginalisé par l'anglais dans les colloques et les aéroports. Et peut être mal défendu dans l'endroit même où il devrait l'emporter : l'Université.

La Croix s'intéresse ce matin à la réforme de l'enseignement supérieur présentée à partir de demain à l'assemblée nationale : la ministre Geneviève Fioraso veut faciliter les cursus entièrement en anglais dans les facs et les grandes écoles françaises. Il ne s'agit pas d'ouvrir trop grand les vannes : la langue de l'enseignement resterait le français, mais les exceptions pourraient être plus nombreuses.

Argument pour :

  • pour attirer les meilleurs étudiants et professeurs, il faut enseigner en anglais

  • c'est la langue qui maximise les possibilités d'échange, langue de travail dans les colloques scientifiques

  • et en plus, rien n'empêche d'apprendre le français aux étudiants venus apprendre en anglais. Les jeunes que l'on cherche à attirer par ce biais viendraient de Chine ou d'Inde.

Arguments contre :

  • qui enseigne en Anglais ? Les Français, les professeurs comme les autres ont certes un « delicious french accent » mais pas forcément une maitrise parfaite de la langue de Shakespeare et Beckham. Les cours risquent d'être donnés dans un anglais d'aéroport

  • et puis quel symbole ! « Très mauvais signal à tous ceux qui luttent dans le monde pour faire vivre notre langue », peste Bernard Pivot dans les colonnes de La Croix . Et l'homme de « Bouillon de culture » ajoute : « Ce projet de loi est lourd d'orages et de défaites ! »

L'avantage avec l'Angleterre, c'est les fortes personnalités qu'elle offre en portrait aux journalistes…

L'une des photos du jour, notamment sur les sites d'information, c'est celle de Richard Branson, le PDG de Virgin, en traversti. A la suite d'un pari perdu il a joué les hôtesses de l'air sur un vol Air Asia. Mascara, rouge à lèvres et barbichette.

Et puis, après 23 ans passés dans « le théâtre des rêves », un Britannique a fait ses adieux hier au stade d'Old Trafford :

Alex Ferguson, éternel entraineur de Manchester United, a dirigé son 723ème et dernier match hier à domicile. L'Equipe raconte les 70.000 personnes chantant à pleins poumons dans ce stade plus rouge que jamais. L'Ecossais malcommode a même écrasé une petite larme, à en croire le Tabloid The Sun qui, sur son site Internet, propose un titre intraduisible, jeu de mots entre cette larme et sa réputation d'être le plus efficace des sèche cheveux.

D'où vient cette réputation ? Sir Alex piquait des colères monumentales dans les vestiaires. Il se mettait nez à nez avec le joueur objet de son courroux et lui hurlait dessus. A la fin, a raconté l'une de ses victimes Mark Hugues, vous aviez les cheveux en arrière.

Il y a plus de ferveur pour saluer le départ de sir Alex dans la presse anglaise que pour fêter le titre de champion du PSG dans la presse française. C'est tout de même la Une du Parisien et de L'Equipe : « Paris enfin capitale » écrit le quotidien sportif et en page intérieure : « Le sacre du nouveau riche. »

Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?

Les mots doux de Brigitte Ayrault pour son mari. Pour le Premier anniversaire de l'entrée de Jean-Marc Ayrault à Matignon, son épouse depuis 42 ans accorde une interview à Presse Océan . « Il est courageux, il fait le travail il est loyal. Je le crois indispensable à François Hollande » dit la première dame de Matignon qui n'envisage pas de faire ses cartons.

Dans Presse Océan , on apprend encore que madame Ayrault a imposé le graff à l'hôtel Matignon. Elle n'a pas taggé les murs avec une bombe de peinture mais refait la déco avec quelques toiles de street art.

Y-aura-t-il des alliances entre FN et UMP aux municipales ? La ligne de l'UMP c'est non mais déjà apparaissent des tiraillements sur le terrain. Sur son site Internet Le Courrier Picard cite l'exemple de Gamaches, village de la Somme où le représentant local de l'UMP dit avoir conclu un accord avec son homologue du Front National.

Enfin, selon les critères Séguéla, il a réussi sa vie : le colonel Kadhafi avait non pas une mais au moins deux Rolex. Sur le cadran de l'une d'entre elles il avait apposé sa signature, ce qui fait exploser sa valeur. Histoire racontée ce matin par Atlantico .

La Rolex Kadhafi après tout pourquoi pas. Il y a bien eu le vin estampillé Omar Bongo. Le dictateur gabonais qui n'est plus de ce monde possédait des vignes où l'on produisait soi disant « un grand cru équatorial ».

Cette anecdote et beaucoup d'autres, on les trouve dans un dossier de La revue du vin de France consacré à l'Afrique du Vin. Il n'y a plus seulement l'Afrique du Sud ou le Maghreb. L'Ethiopie, la Tanzanie, le Kenya, l'Egypte se mettent ou se remettent à cultiver le vignoble. C'est un signe de plus du développement de l'Afrique car cette production répond à la demande d'une classe moyenne de plus en plus riche.

Benoist Simmat raconte notamment l'exploit réalisé par la Rift Valley Winery au Kenya : vinifier à 2.000 mètres d'altitude, pile au niveau de l'équateur. On demande quand même à goûter…

A demain !

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