Dans la presse ce matin : les barbares

C'est une traque mondiale qui est lancée pour retrouver et libérer les 276 lycéennes enlevées par les islamistes de Boko Haram. En quelques jours, raconte Thomas Hofnung dans Libération , plusieurs dizaines d'agents de renseignements ont débarqué au Nigeria. Des américains, des britanniques, des français. Des satellites espions pourraient être positionnés dans le ciel du Nord. On évoque encore le recours à des drones, pour l'instant stationnés au Niger.

Une traque mondiale aujourd'hui et pourtant, pendant des années, personne n'a vraiment bougé alors que Boko Haram multipliait les massacres quasiment chaque semaine. Comment expliquer que cette secte ait acquis une telle puissance qu'elle puisse enlever sans réelle difficulté plusieurs dizaines de jeunes filles ?

Ce que l'on découvre, ou redécouvre ce matin à la lecture de Libération , c'est un pays coupé en deux. Le Nigeria, première puissance économique d'Afrique. Un Sud prospère et moderne. Mais au Nord du pays, obscurantisme et abandon.

Depuis un an, l'état d'urgence est déclaré dans cette région, sans changement réel.

Première raison de l'échec, selon Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste de Nigeria : la corruption. Les sommes consacrées à la lutte contre le terrorisme atteignent des chiffres délirants : 23% du budget de l'Etat. Et pourtant, les soldats sont mal équipés, isolés, parfois ils n'ont même pas un véhicule pour se déplacer. Dans la capitale, Abuja, en revanche, on croise des généraux qui se goinfrent. Et les armes que possède Boko Haram viennent souvent de l'armée régulière elle même. Armes volées ou parfois revendues par les militaires.

Et puis Boko Haram possède une base sociale, des fidèles écœurés par l'attitude des soldats ces dernières années - répression aveugle, arrestations arbitraires, viols, massacres.

L'armée tue de plus en plus, les islamistes aussi. Les déchainements de violence ont marqué l'histoire récente du Nigeria. 4.000 morts en 1980 dans la répression d'un autre mouvement islamiste, 1.000 morts dans des émeutes religieuses en 2001, 800 après l'élection de l'actuel président Goodluck Jonathan en 2011.

Le 14 avril, l'armée avait été prévenue par des civils de l'enlèvement imminent des jeunes filles. Mais lorsque les islamistes sont entrés dans la ville de Chibok, il n'y avait que 17 militaires, rapidement dépassés.

En France, 60 millions de sélectionneurs à l'échauffement

Si vous n'aimez pas le foot, il vous reste quelques heures pour profiter d'une vie sereine. Ce soir dans le journal de 20 heures, Didier Deschamps annonce la liste des joueurs retenus pour la coupe du monde. Ils seront sans doute 30, au final il n'en restera que 23. Petite matelas de sécurité en cas de blessure ou de coup de pompe d'un des appelés. Les footeux débattront des heures pour savoir s'il faut choisir Stéphane Ruffier ou Mickaël Landreau comme 3ème gardien. Plus grand public, Samir Nasri doit-il en être ? Sur lequipe.fr , près d'un million d'internautes ont établi leur liste. Nasri n'y est pas, ce sera sans doute le choix du sélectionneur également.

Quoi qu'il en soit, quatre ans après la coupe du monde en Afrique du Sud, les bleus restent impopulaires. Sondage dans France Football : avez-vous une bonne ou une mauvaise image de l'équipe de France ? Mauvaise à 63%, répondent les personnes interrogées. Les amateurs de foot sont un peu plus cléments : mauvaise image mais à 54%. Le coach s'en sort mieux. Didier Deschamps est l'homme de la situation pour 52% des personnes interrogées, et pour 76% des amateurs de ballon. Joueur préféré des deux catégories : le gardien de but et capitaine, Ugo Lloris.

Ces bleus là chanteront-ils la Marseillaise juste avant les matches ? Platini, lui, ne la chantait pas. « Je trouvais que c'était un hymne de guerre alors que moi j'allais seulement jouer au football ». L'éternelle star du foot tricolore est il un mauvais français ? Est-ce que la Marseillaise c'est sacré ? Question à la Une du Parisien alors qu'une nouvelle controverse à ce sujet concerne Christiane Taubira.

Elle n'a pas chanté la Marseillaise samedi lors de la cérémonie célébrant l'abolition de l'esclavage ! La belle affaire, elle n'était pas la seule. Elle s'est justifiée avec une phrase à la Taubira : « Certaines circonstances appellent davantage au recueillement qu'au karaoké d'estrade.» La polémique avait été lancée par le front national, elle est reprise par l'UMP.

Une page dans Le Figaro ce matin et l'analyse de Guillaume Tabard : « Assimiler le chant de l'hymne national à un divertissement de samedi soir, l'expression de Christiane Taubira peut être prise pour de l'insouciance ou de l'arrogance. La femme de gauche s'est une fois de plus montrée gauche. »

Y-a-t-il vraiment de quoi s'émouvoir ? Pour le sociologue Michel Wievorka, dans Le Parisien , on est là dans le degré zéro de la politique. « Que l'on en soit réduit à critiquer une ministre pour ce genre de choses, ce la veut dire que l'on n'est pas capable de débattre de son action politique au sens large. »

Les hommes et femmes politiques doivent-ils à tout prix chanter la marseillaise ? Rue89 exhume une archive de 1978. A Verdun-sur-le-Doubs, Valéry Giscard d'Estaing entonne l'hymne national. http://rue89.nouvelobs.com/zapnet/2014/05/12/giscard-78-pourquoi-les-politiques-doivent-chanter-marseillaise-252090 Que préférez vous : le silence ou cela ?

Quoi d'autre dans la presse ?

Seulement 58% des français comptent partir en vacances cet été. L'étude publiée chaque année par Europe assistance. Le chiffre est au plus bas. L'année dernière c'était 62%. C’est à lire dans Le Parisien-Aujourd’hui en France .

Après avoir acheté SFR, Patrick Drahi avance ses pions dans la presse. L'homme qui a avancé 4 millions d'Euros pour combler la trésorerie du journal Libération est bien le patron de Numéricâble. Et il discute avec le principal actionnaire de Libé à propos d'un investissement supplémentaire de 14 millions. Information de Mediapart .

C'est l'image du jour. Une naissance compliquée aux Etats Unis. Des jumelles dites « mono-mono ». Elles partageaient à la fois le même placenta et la même poche amniotique dans le ventre de leur maman. Et les deux petites filles sont nées en se tenant la main. L’image est à voir sur le HuffingtonPost .

Et puis le Lauréat du jour, il s'appelle Philippe Pujol, il travaille au quotidien La Marseillaise et il vient de recevoir le prix Albert Londres pour une série de reportage sur les quartiers Nord de Marseille, « Quartiers shit », publiés à l'été 2013. En cherchant un peu sur le site du journal, on retrouve ses reportages, comme celui-ci, qui date du 29 juillet sur le plafond de verre qui empêche les jeunes de ces quartiers de trouver un job, même chez Mac Do, de sortir de la petite économie de la drogue. Parole d’un des habitants interrogés : « On dit qu’on ne peut pas rentrer dans nos quartiers, moi je dis qu’on ne peut pas en sortir »

A demain !

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