(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : la démocratie du tapis rouge

(Bruno Duvic) Il y a un démineur artificier roumain, une ancienne danseuse orientale, un enfant soldat tamoul, un syndicaliste abimé, un diplômé de menuiserie et une femme de ménage algérienne. Et le temps d'un flash, le temps d'un film, ils seront vedettes et acteurs.

Sur lemonde.fr , Jacques Mandelbaum propose sept portraits d’acteurs que l’on verra cette année à Cannes. Sept portraits pour décrire le cinéma comme un laboratoire de la démocratie. Bien sûr, sur le tapis rouge défileront des starlettes, des fils et filles de, des vedettes nées une cuillère en argent dans la bouche. Mais il y a aussi des profils inattendus qui relèvent d'autre chose que de la paillette. Ils avaient leur vie, pas facile, faites de guerres, de ruptures, d'exils et de fins de mois dans le rouge. Un rouge différent de celui du tapis. Et ils ont croisé un réalisateur ou une directrice de casting. Ils l'avaient plus ou moins cherché.

Corneliu Cozmei, par exemple, que l'on verra dans la sélection « Un certain regard » dans le film "Le Trésor". Voilà un homme qui a servi 30 ans dans l'armée roumaine comme démineur artificier. Sa spécialité, c'était les munitions enfouies de la seconde guerre mondiale. Il a aussi servi en Angola. Le réalisateur Cornelius Porumbiu l'a rencontré en préparant un documentaire. Il cherchait un personnage supposé courir après un magot, il avait le profil.

Jacques Audiard, lui, est allé chercher un ancien enfant tigre, combattant tamoul réfugié à Paris, devenu un peu romancier, un peu boulots en tous genres.

Quant à Emmanuelle Bercot, que l'on entendra à votre micro dans un instant, Patrick, voulait un petit teigneux, un ressort ambulant pour l’adolescent de son film « La tête haute ». C'était Rod Paradot, que l'équipe de casting est allée chercher dans un lycée. 19 ans, Stains, maman à la mairie, papa plombier et un CAP de fabrication en menuiserie. Et maintenant : le tapis rouge de Cannes. « Ca vous ferait quoi, cette drôle d’histoire ? » demande Jacques Mandelbaum.

A la Une de Positif , une autre question : « Des festivals pourquoi faire ?». He bien, ils servent à cela : découvrir de nouveaux visages, de nouveaux films, de nouveaux auteurs. Si Michel Ciment n'ignore pas, dans Positif , l'aspect commercial de ces grands rendez-vous, il loue leur rôle « irremplaçable pour faire connaitre des cinématographies autres que les films hollywoodiens ou nationaux. Sans eux, ce serait le triomphe du marketing et de la publicité. » Des festivals à un moment où un film, ça se voit bien souvent sur petit écran, télévision, ordinateur et lecteur DVD. Les festivals comme « nostalgie du grand écran et d'un émoi collectif. »

Business aussi. « Cannes, c'est party ! » titre Libération ce matin. Party avec un Y comme dans le film de Blake Edwards. Mais ce ‘’Y’’ est là pour dire qu'à Cannes, toutes sélections confondues, il y a de plus en plus de films en langue anglaise avec casting hollywoodien. « Cannes comme fête d'un cinéma globalisé ».

Avec une très grosse pointe d'accent français tout de même, comme le relève, entre autres Le Parisien-Aujourd’hui en France . Le maitre de cérémonie Lambert Wilson, la juré Sophie Marceau et les cinq films en compétition pour la palme d'or. Cinq sur dix-neuf, avec cela s'il n'y a pas une petite récompense dans 10 jours pour les films français, c'est à désespérer. Slate.fr a calculé les chances qu'un de ces films aient au moins un des prix : 93%.

Il faut dire que Cannes pèse très lourd dans l'économie du cinéma français. Enquête, dans Les Inrockuptibles . « Je connais peu de décisionnaires qui ne se posent pas la question de Cannes au moment du tournage », dit le réalisateur Benoit Jacquot. Tout le monde a envie d'en être. A l'approche du festival, les studios de post-production sont pleins comme le métro à 18 heures. Plus une cabine de mixage disponible. Il faut boucler avant le festival.

Cannes, plus féminin, aussi, pour La Croix , les réalisatrices sont présentes en nombre. Cannes peut-être plus foutraque que d'autres années avec les frères Coen Ethan et Joel à la tête du jury. « Nous allons donner des ordres contradictoires aux jurés, disent-ils dans Le Figaro . Comme sur le tournage de nos films : l'ordre surgit toujours du chaos. »

Alors que festival s'ouvre, un homme dénonce la politique culturel de la gauche

Homme de gauche, figure du milieu médiatique et culturel. Jérôme Clément, l'ancien patron d'Arte. Interview au Point . « Il ne suffit pas de répéter qu'on aime la culture, dit Jérôme Clément. Encore faut-il en apporter les preuves. (…) On demande à de grands établissements culturels de changer, on réduit leurs subventions, sans réfléchir à quoi ressemblera le nouveau modèle. (…) Soit on finance une création de qualité ouverte au plus grand nombre et par définition ce n'est pas rentable. Soit on estime que les collectivités publiques n'en ont plus les moyens, ce qui peut se concevoir, même si je pense que c'est une erreur. C'est un choix politique mais il faut le dire (…) Ce que l'on constate aujourd'hui, c'est que la priorité est à l’économie et la sécurité. Le reste semble secondaire, or la culture est une réponse à la crise.»

Au carrefour de la politique et du cinéma. Julie Gayet, désormais plus connue comme first girlfriend que comme actrice, est à la Une de L'Express : « La mystérieuse Julie Gayet ». Elle aurait demandé de faire changer le titre du film dans lequel elle joue avec Vincent Elbaz. Il s'appelait ‘’Merci pour votre collaboration’’. Ce sera désormais "Je compte sur vous"... Le ‘‘merci pour…’’ faisait un peu trop penser à autre chose.

Autre chose, c'est à dire « Merci pour ce moment », le récit de Valérie Trierweiler, qui sort en édition de poche. A cette occasion, première interview à la presse française depuis la sortie de son livre. C’est dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. « Je ne regrette rien », pas même la phrase sur les sans dents parce que « c'est la vérité ».

Et ce passage de l'interview consacré à Ségolène Royal et François Hollande. « Ils sont indissociables, cela dépasse leurs enfants, le pouvoir est leur raison de vivre, leur obsession commune (…), les médias et le pouvoir dont ils raffolent l'un comme l'autre (…) Lorsqu'en 2005, leur rivalité a pris le pas sur leur complicité, j'ai servi d'instrument pour la conquête du pouvoir. J'ai cru à cet amour mais il n'y avait pas de place pour une autre femme dans cette histoire. »

Il y en a qui n'aurait jamais dû mettre les pieds dans la chambre du président. Et pourtant... lepoint.fr révèle un accroc à la protection du de François Hollande pendant son voyage à Cuba. Un homme, manifestement déséquilibré est parvenu à entrer dans sa chambre à l'hôtel où il résidait. Le président n'y était pas. Mais l'intrus est parvenu à la vigilance de la sécurité cubaine et du Groupe de sécurité de la présidence de la République. Du jamais vu. Et ce n’est pas le premier loupé des services de sécurité présidentielle.

A demain !

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